Basilique Notre-Dame de Verdelais, neuf siècles de pèlerinages, d’art et de légendes

En bref
- L’histoire du sanctuaire s’étend sur neuf siècles et reste étroitement liée aux pèlerinages marials.
- Une Vierge à l’Enfant en bois polychrome des XIIIe-XIVe siècles constitue le cœur historique de la dévotion.
- Le chœur baroque et les vitraux racontant l’histoire du sanctuaire témoignent des transformations successives de l’édifice.
- Une importante collection d’ex-voto mêle peintures populaires, plaques, cœurs et témoignages liés notamment au monde marin.
- Une tradition raconte qu’un bœuf aurait permis de retrouver en 1605 la statue de la Vierge cachée dans le tronc d’un arbre.
- Le clocher est surmonté d’une statue dorée de Marie haute de 3,75 mètres.
Découvrir la basilique Notre-Dame de Verdelais
Au cœur du village, la basilique Notre-Dame de Verdelais est à la fois un monument historique, un sanctuaire marial et un lieu de pèlerinage vivant. Son histoire, commencée au Moyen Âge, se lit dans un ensemble où se rencontrent architecture baroque, transformations du XIXe siècle, vitraux narratifs et témoignages de dévotion populaire.
La visite intéresse autant les amateurs de patrimoine que les voyageurs en quête de calme. Elle permet d’observer un chœur baroque, une ancienne statue de la Vierge, de nombreux ex-voto et plusieurs œuvres liées aux grandes étapes du sanctuaire. Le lieu reste consacré au culte : une attitude discrète est donc attendue pendant les offices et les temps de prière.
Neuf siècles d’histoire et de pèlerinages
La tradition fait remonter la naissance du sanctuaire à Géraud de Graves, chevalier de Saint-Macaire parti pour la première croisade. Ayant fait le vœu d’élever une chapelle en l’honneur de la Vierge s’il revenait vivant, il se serait retiré en 1112 dans la vallée boisée du Luc, où il mena une vie d’ermite. Des moines grandmontains s’installèrent ensuite sur place à partir de 1160.
Le sanctuaire connut destructions, reconstructions et changements de communautés religieuses. Au XVIIe siècle, les Célestins agrandirent l’église et transformèrent notamment le chœur et le transept, contribuant à son caractère baroque. Au XVIIIe siècle, Verdelais était devenu l’un des grands sanctuaires marials de Guyenne, fréquenté par des milliers de pèlerins.
Au XIXe siècle, le cardinal Donnet et les Pères maristes engagèrent une importante campagne de travaux : restauration de la nef, création des bas-côtés, pose de vitraux retraçant l’histoire locale, construction du clocher et aménagement du chemin de croix. Le rayonnement du pèlerinage conduisit le pape Pie XI à élever l’église au rang de basilique mineure en 1924.
Les œuvres à observer pendant la visite
La Vierge en bois polychrome
Au centre de la dévotion se trouve une Vierge à l’Enfant en bois de châtaignier polychrome, datée de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle. Jésus, tourné vers sa mère, tient un oiseau entre ses mains. La statue porte un manteau dont les couleurs changent au rythme des fêtes liturgiques. Les couronnes d’or de la Vierge et de l’Enfant furent offertes par le pape Pie IX ; leur couronnement solennel, le 2 juillet 1856, rassembla selon le sanctuaire 30 000 pèlerins.
Le chœur, les vitraux et les ex-voto
Le chœur baroque a pris son aspect actuel au XVIIe siècle. Dans les nefs, les vitraux racontent plusieurs épisodes fondateurs et complètent une étonnante collection d’ex-voto : peintures populaires, plaques de marbre, cœurs, objets et témoignages marins. Ils rappellent les prières, guérisons espérées, dangers évités et remerciements déposés ici depuis plusieurs siècles.
La façade conserve un grand vitrail consacré au couronnement de la Vierge, offert par Napoléon III. À l’extérieur, le regard est attiré par le clocher et sa statue dorée de Marie, œuvre du sculpteur Duchaîne datant de 1875. Haute de 3,75 mètres, elle a reçu en 2004 un nouveau revêtement composé de 2 500 feuilles d’or. À l’intérieur se trouve également le reliquaire de sainte Exupérantia, dont les reliques furent rapportées de Rome au XIXe siècle.
Les légendes de Notre-Dame de Verdelais
L’histoire locale mêle documents, traditions pieuses et récits merveilleux. Pendant les guerres de Religion, vers 1558, la chapelle aurait été pillée et incendiée tandis que la statue serait demeurée intacte. Cachée dans le tronc d’un arbre, elle aurait été retrouvée en 1605 grâce à un bœuf qui venait chaque soir s’agenouiller et mugir au même endroit.
Une autre tradition raconte que la statue échappa encore à la destruction pendant la Révolution. Ces récits ont nourri la réputation de Notre-Dame de Verdelais, invoquée sous le vocable de « Consolatrice des affligés », et donnent tout leur sens aux ex-voto visibles dans la basilique.
Prolonger la découverte autour du sanctuaire
La basilique s’inscrit dans un ensemble patrimonial plus vaste. À proximité, le musée d’art sacré occupe une aile de l’ancien couvent des Célestins. Ses collections réunissent orfèvrerie religieuse, missels, chasubles, statues en bois, cœurs d’argent et ex-voto peints ou marins. Le musée se visite toute l’année sur rendez-vous, avec participation libre.
Le chemin pierreux du mont Cussol conduit à quatorze stations, à la chapelle du Saint-Sépulcre puis au calvaire dominant la vallée de la Garonne. Cet itinéraire monumental, développé au XIXe siècle, peut être parcouru librement ; une visite commentée doit être organisée à l’avance. Les personnes peu à l’aise sur un sol irrégulier doivent tenir compte du caractère montant et pierreux de ce parcours extérieur.
Une boucle pédestre balisée de 3,5 km, annoncée pour environ une heure par le sanctuaire, relie plusieurs lieux emblématiques : basilique, calvaire, moulin de Cussol, Pas de la Mule et cimetière où repose Henri de Toulouse-Lautrec. Le village conserve également la mémoire de François Mauriac et offre l’atmosphère vallonnée et verdoyante caractéristique de l’Entre-deux-Mers.
Pour poursuivre une escapade girondine entre patrimoine religieux, cité médiévale et vignobles, la page consacrée aux visites et activités à Saint-Émilion permet de préparer une autre étape culturelle dans la région.
Horaires, visite libre et célébrations
La basilique est annoncée ouverte tous les jours de 8 h à 19 h. La découverte individuelle est libre et ne nécessite pas de réservation. Pour obtenir une visite guidée de l’édifice, il faut en revanche prendre contact à l’avance avec le sanctuaire.
Le calendrier religieux comprend messes, chapelet, vêpres, adoration, confessions et chemin de croix. Ces célébrations peuvent modifier les conditions habituelles de découverte. Des horaires particuliers sont notamment publiés pour le 15 août et d’autres grandes fêtes : il est prudent de consulter les actualités du sanctuaire avant une venue à ces dates.
- Pour une visite patrimoniale calme : privilégier un moment situé en dehors des offices.
- Pour comprendre les décors : prendre le temps de suivre les vitraux et de lire les dates inscrites sur les ex-voto.
- Pour une sortie plus complète : prévoir des chaussures adaptées si la visite se prolonge vers le chemin de croix et le calvaire.
- Pour le musée ou une visite commentée : organiser impérativement le rendez-vous avant le déplacement.
À qui s’adresse cette visite culturelle ?
Notre-Dame de Verdelais convient aux passionnés d’histoire religieuse, d’art baroque et de patrimoine populaire, mais aussi aux randonneurs désireux d’associer monument et paysage. Les pèlerins y trouvent toujours un sanctuaire actif, tandis que les familles peuvent s’appuyer sur les vitraux, les légendes et les objets votifs pour rendre la découverte plus concrète. L’intérêt du lieu tient précisément à cette superposition : une architecture façonnée au fil des siècles, des traditions encore vivantes et un village profondément marqué par l’accueil des voyageurs.
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Fiche créée le 29/03/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.

