Cathédrale Saint Jean Baptiste de Bazas, portails gothiques et mémoire des pèlerins

En bref
- La façade conserve trois remarquables portails gothiques du XIIIe siècle consacrés au Jugement dernier, à la Vierge et à saint Pierre.
- François Ier et Éléonore d’Autriche se marièrent dans la cathédrale en 1530.
- La cathédrale est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
- Le grand orgue compte 26 jeux et 1 796 tuyaux, réunis dans un buffet vert particulièrement visible sous la rose occidentale.
- Une tradition raconte qu’une femme de Bazas aurait rapporté de Palestine une relique du sang de saint Jean-Baptiste.
- Le Jardin du Chapitre permet d’observer vestiges archéologiques, ancienne tour épiscopale, architecture gothique et panorama vers la vallée de la Beuve.
Un joyau gothique au cœur de Bazas
Dominant la grande place à arcades, la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Bazas constitue le monument emblématique de l’ancienne cité épiscopale. Ses dimensions, sa façade sculptée et sa haute nef témoignent de l’importance religieuse prise par Bazas au Moyen Âge, notamment sur la voie de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
Classé parmi les Monuments historiques dès 1840, l’édifice est également inscrit depuis 1998 au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France ». Il demeure aujourd’hui un lieu de culte : la visite demande donc de respecter le silence et les éventuelles célébrations.
Des premiers sanctuaires à la construction médiévale
Le site rassemble la communauté chrétienne locale depuis au moins le Ve siècle. Une église, peut-être précédée d’un sanctuaire dès le IVe siècle, fut construite vers 1070. L’édifice actuel prit forme à partir des années 1230, sous l’impulsion de l’évêque Arnaud II de Pins, puis son chantier se poursuivit jusqu’à la fin du XVe siècle.
Cette longue évolution explique la coexistence de plusieurs campagnes architecturales. Des vestiges romans subsistent notamment à la base du clocher, tandis que les chapelles du chevet et les piliers du sanctuaire remontent au début du XIVe siècle. Deux arcs-boutants furent ajoutés vers 1530 afin de consolider la structure.
Bazas fut le siège d’un vaste diocèse qui s’étendait notamment vers Langon, La Réole et Casteljaloux. La Révolution mit fin à cette fonction épiscopale, mais l’église a conservé son appellation traditionnelle de cathédrale.
Une histoire entre fastes, destructions et reconstructions
En 1530, l’édifice accueillit le mariage de François Ier et d’Éléonore d’Autriche, sœur de Charles Quint. Quelques décennies plus tard, les guerres de Religion frappèrent durement le monument. Il fut en grande partie dévasté par les troupes huguenotes en 1577 et 1578, même si ses remarquables portails médiévaux survécurent aux destructions.
Une importante reconstruction fut menée entre 1590 et 1635. Les bas-côtés furent notamment achevés à la fin du XVIe siècle. Une plaque placée au-dessus du maître-autel rappelle le rôle de l’évêque Arnaud de Pontac dans cette renaissance. Après la destruction d’une partie supérieure de la façade par la foudre, une nouvelle restauration intervint en 1745. Le bâtiment subit encore des dégradations pendant la Révolution avant de faire l’objet de plusieurs campagnes de sauvegarde.
Trois portails sculptés à observer en détail
La façade occidentale conserve trois portails gothiques du XIIIe siècle, considérés comme l’un des ensembles majeurs de la statuaire médiévale en Gironde. Prenez le temps d’en examiner les tympans, les voussures et les personnages :
- le portail central illustre le Jugement dernier ainsi que plusieurs épisodes de la vie de saint Jean-Baptiste ;
- le portail méridional est consacré à la Vierge Marie et conserve les traces d’un calendrier zodiacal ainsi qu’un rare arbre de Jessé ;
- le portail septentrional développe un programme sculpté autour de saint Pierre.
Plus haut, la rose bordée d’un décor en spirale éclaire la nef. Le couronnement d’inspiration néoclassique, ajouté au XVIIIe siècle, contraste avec les sculptures gothiques situées en contrebas.
Que voir à l’intérieur de l’ancienne cathédrale ?
L’intérieur frappe par la perspective de sa nef longue et étroite, dépourvue de transept fortement développé. Son élévation sobre guide naturellement le regard vers le chœur et les chapelles du chevet. Près de l’entrée, les bénitiers offrent un jeu de reflet original avec les voûtes.
Le grand orgue constitue un autre point fort. L’instrument, initialement réalisé par le facteur Georges Wenner, a été entièrement restauré en 1982 et 1983 par Robert Chauvin. Il compte 26 jeux et 1 796 tuyaux, dont 561 provenant de l’instrument de Wenner. Son buffet vert, inspiré du XVIIe siècle et encadré de deux grandes tourelles latérales, compose avec la rose un ensemble particulièrement photogénique.
La légende du sang de saint Jean-Baptiste
La tradition locale raconte qu’une femme originaire de Bazas aurait assisté à la décollation de saint Jean-Baptiste en Palestine avant de rapporter dans sa ville une relique de son sang. Les pèlerins empruntant la voie de Vézelay seraient venus la vénérer dans la cathédrale. Cette légende permet de comprendre la place particulière occupée par le saint patron dans l’identité bazadaise.
Son souvenir se prolonge dans les célébrations de la Saint-Jean. Une ancienne coutume voulait que les maîtres bouchers offrent un taureau à l’évêque, puis aux jurats de la ville. La tradition est aujourd’hui évoquée lors des festivités organisées autour du 23 juin sur la place, avec notamment le feu de la Saint-Jean.
Le Jardin du Chapitre et la place à arcades
La découverte se poursuit dans le Jardin du Chapitre, aménagé le long du bas-côté sud. Les fouilles y ont révélé des traces d’occupation allant du premier âge du Fer au XVe siècle. On peut également y observer les vestiges d’une tour de l’ancien palais épiscopal et profiter d’une vue intéressante sur la structure gothique, les remparts méridionaux et la vallée de la Beuve.
Devant la façade, la grande place complète le décor monumental. Elle est bordée de maisons à couverts, dont plusieurs remontent aux XVIe et XVIIe siècles, ainsi que d’anciens hôtels particuliers. Ce cadre permet de prendre du recul pour apprécier les proportions de l’édifice et constitue un bon point de départ pour parcourir le centre historique de Bazas.
Conseils pour préparer la visite
Les horaires détaillés de visite libre ne sont pas publiés de manière suffisamment précise pour l’ensemble de l’année. Il est donc prudent de les vérifier avant le déplacement, en particulier les jours de cérémonie religieuse ou lors de travaux. Des visites commentées et des ouvertures patrimoniales sont ponctuellement proposées ; certaines nécessitent une réservation selon l’événement.
Prévoyez du temps pour examiner les portails avant d’entrer, puis contournez le bâtiment afin de rejoindre le Jardin du Chapitre. Une lumière rasante met particulièrement bien en valeur le relief des sculptures, tandis qu’un passage par l’intérieur permet d’apprécier la hauteur de la nef et le buffet coloré de l’orgue.
Prolonger la découverte du patrimoine régional
Après Bazas, une escapade consacrée aux activités, à la nature et au patrimoine de Marmande permet de poursuivre le séjour entre Garonne, jardins, vignobles, loisirs familiaux et produits du terroir.
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Fiche créée le 18/05/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.

