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Château Le Grand Verdus à Sadirac, découvrir une gentilhommière Renaissance entre vins audacieux, terroirs et nature

Château Le Grand Verdus

En bref

  • Le domaine s’organise autour d’une gentilhommière fortifiée construite en 1579, dont les façades et toitures sont protégées au titre des monuments historiques.
  • La famille Le Grix de la Salle développe la propriété depuis le XIXe siècle et y produit directement ses vins depuis 1973.
  • Environ cinquante parcelles identifiables mêlent calcaires, argiles et graves roulées, créant une véritable mosaïque de terroirs.
  • Aux cépages bordelais classiques s’ajoutent des choix plus inattendus comme la Syrah et le Chenin, ainsi que des élevages en amphores.
  • Les dégustations permettent de comparer plusieurs expressions du Sémillon, des rouges bordelais ou encore l’influence de la barrique et de l’amphore.
  • Deux parcours balisés traversent vignes, forêt, collines et étangs avec une lecture pédagogique de la biodiversité et de l’agroforesterie.

Château Le Grand Verdus, une escapade viticole entre patrimoine et nature

Sur les hauteurs vallonnées de Sadirac, au cœur de l’Entre-deux-Mers, le Château Le Grand Verdus réunit trois expériences en une : la découverte d’une gentilhommière Renaissance protégée, l’immersion dans un domaine familial et la dégustation de vins bordelais aux profils volontairement variés. La visite ne se limite donc pas à quelques verres commentés : elle permet de relier l’architecture, les terroirs, les cépages et les choix de vinification.

Le paysage fait pleinement partie de l’intérêt du lieu. Vignes, collines, bois et étangs entourent la propriété, située à une vingtaine de kilomètres à l’est de Bordeaux. Cette implantation permet de comprendre pourquoi l’Entre-deux-Mers ne forme pas un terroir uniforme, mais une succession de sols, d’expositions et de microclimats.

Une gentilhommière fortifiée construite en 1579

L’actuel château est édifié en 1579 sur l’emplacement d’une ancienne place forte. Son architecture mêle encore l’héritage défensif et le goût de la Renaissance : murs formant remparts autour de la cour, petites tours rondes, échauguettes, fenêtres à meneaux et entrée monumentale ornée de frontons. Les pots d’Anduze, orangers et citronniers installés dans la cour adoucissent aujourd’hui ce décor autrefois guerrier.

Les façades et les toitures sont inscrites au titre des Monuments historiques depuis 1978. Cette qualité architecturale, associée à la mise en valeur du paysage viticole, a également valu au domaine un Best Of Wine Tourism d’or dans la catégorie Architecture et paysages.

Un autre lien avec le patrimoine bordelais apparaît au XIXe siècle. En 1846, la propriété est acquise par Pierre Alphonse Deschamps, fils de Claude Deschamps, l’ingénieur et architecte auquel Bordeaux et Libourne doivent leurs ponts de pierre. Son mariage avec Clotilde Le Grix de la Salle inscrit progressivement le domaine dans l’histoire de cette famille, encore présente aujourd’hui.

De la propriété d’agrément au château viticole

La vocation viticole actuelle se structure après la Seconde Guerre mondiale avec Philippe Le Grix de la Salle, premier vigneron de la famille. Après plusieurs décennies passées au sein de la coopérative de Créon, il commence à vinifier directement à la propriété en 1973. Le Grand Verdus devient alors un château viticole à part entière, avec sa propre bouteille et son étiquette.

Cette modernisation passe notamment par l’installation précoce de cuves inox en Gironde, sous l’influence d’Émile Peynaud, figure majeure de l’œnologie bordelaise. Deux ans plus tard, Antoine Le Grix de la Salle rejoint son père après une expérience en Californie chez Robert Mondavi — où, anecdote familiale singulière, il aurait aussi été son professeur de tennis.

Thomas puis Édouard Le Grix de la Salle rejoignent à leur tour la propriété. Leur travail associe l’héritage bordelais à des pratiques contemporaines : agriculture biologique, agroforesterie, plantation de haies et d’arbres, maintien de la biodiversité et recherche de nouvelles expressions du vin.

Une mosaïque de terroirs et des cuvées inattendues

Le vignoble se compose d’environ cinquante parcelles identifiables, réparties entre sols calcaires, argiles et graves roulées. Pendant la visite, cette diversité aide à comprendre le rôle de l’altitude, de l’exposition, du sol et de l’élevage dans le profil final d’une cuvée.

Aux cépages bordelais classiques — Merlot, Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon, Sauvignon blanc et Sémillon — s’ajoutent des choix moins attendus dans la région, comme la Syrah ou le Chenin. Les vins peuvent être élevés en cuves inox ou béton, en barriques, en amphores et selon d’autres méthodes explorées par le domaine. Cette liberté explique la coexistence de cuvées classiques et de vins plus atypiques.

Le Sémillon occupe une place particulièrement pédagogique. Une formule spécialisée montre ses différents visages : assemblage avec une majorité de Sauvignon blanc, vinification en monocépage, élevage sous bois ou macération. Côté rouge, la comparaison porte notamment sur les assemblages, les monocépages et l’influence de la barrique ou de l’amphore.

Quelle visite-dégustation choisir ?

Plusieurs niveaux de découverte permettent d’adapter l’expérience à sa curiosité et au temps disponible :

  • La formule Découverte dure environ une heure et comprend trois vins — rosé, blanc et rouge — après une présentation de la propriété, de sa biodiversité et de ses méthodes de production. Son prix est d’environ 10 € par adulte.
  • Les parcours Côté Blanc et Côté Rouge durent environ une heure et demie et proposent chacun quatre vins. Ils approfondissent soit les expressions du Sémillon, soit les cépages et élevages des rouges. Compter environ 15 € par adulte.
  • La dégustation à l’aveugle fait travailler l’odorat, le goût et la mémoire à travers quatre vins, sans imposer un discours technique intimidant. Elle dure approximativement une heure et demie et coûte autour de 18 €.
  • L’initiation complète associe la visite du château Renaissance, du chai historique, du cuvier contemporain et du chai à barriques à la dégustation de six vins. En environ une heure trois quarts, elle permet de comparer les grandes familles de cuvées et de saisir concrètement l’effet du terroir et de l’élevage. Son tarif avoisine 20 €.

Les groupes peuvent demander une dégustation privée, une visite personnalisée ou une privatisation. Certaines expériences spéciales associent aussi le domaine à la gastronomie ou à une balade privée sur la Garonne.

Prolonger la découverte dans les vignes

Pendant la belle saison, deux parcours nature balisés traversent vignes, forêt, collines et abords des étangs. Le circuit « Petites jambes » demande environ 20 à 30 minutes ; le parcours « Grandes jambes » environ 45 minutes à une heure. Des panneaux présentent la faune, la flore et le projet d’agroforesterie lancé sur la propriété. Ces itinéraires ont reçu un Trophée de l’Œnotourisme pour leur travail de valorisation et de pédagogie environnementales.

Les familles peuvent emprunter un sac à dos d’exploration contenant notamment jumelles, boîte à insectes, matériel de dessin, petit jeu et accessoires sensoriels. Le parcours coûte environ 5 € par adulte et est annoncé comme inclus avec une visite ou une dégustation.

Il est également possible de commander un panier pique-nique composé de produits locaux, accompagné de vin du domaine, puis de déjeuner dans le parc. Cette option, proposée pendant la période favorable aux repas en extérieur, coûte autour de 25 € par adulte, accueille jusqu’à dix adultes et doit être commandée au moins 48 heures à l’avance. Les intolérances alimentaires doivent être signalées lors de la réservation.

La guinguette estivale prolonge ponctuellement l’atmosphère champêtre avec les vins et bières du domaine, des assiettes de charcuterie ou de fromages, du houmous, de la tapenade et des tapas préparés à partir de produits locaux.

Conseils pour préparer sa venue

La réservation est indispensable pour les visites. Il est préférable de choisir sa formule en ligne avant le déplacement et de vérifier directement les disponibilités, en particulier pour un groupe, un pique-nique ou une expérience sur mesure. La dégustation peut être réglée sur place ; cartes bancaires, chèques et espèces sont acceptés. Une boutique permet aussi d’acheter les vins de la propriété ou d’offrir une visite.

Le domaine dispose d’un parking gratuit et le wifi est signalé sur place. Les animaux sont annoncés comme acceptés. L’établissement est également indiqué comme accessible aux utilisateurs de fauteuil roulant, mais cette information restant générale et le circuit comprenant un bâtiment historique ainsi que des espaces naturels, il est prudent de préciser ses besoins au moment de réserver afin de connaître les parties effectivement accessibles.

En transports en commun, les lignes de bus 470 et 474 desservent le secteur. Les cyclistes peuvent rejoindre le domaine depuis le centre de Bordeaux en environ une heure et quart, notamment en s’appuyant sur l’itinéraire de la piste Roger-Lapébie avant de poursuivre vers Sadirac. Pour compléter cette parenthèse rurale par des musées, des jardins, des expériences immersives ou une balade urbaine à vélo, le guide consacré à ce qu’il est possible de faire à Talence offre une suite logique du côté de la métropole bordelaise.

Enfin, une dégustation réussie gagne à rester mesurée : prévoir un conducteur qui ne boit pas, utiliser les transports ou recracher les vins permet de profiter pleinement des explications et du paysage. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé ; les boissons alcoolisées sont à consommer avec modération.

Infos pratiques

Adresse : Grand Verdus, 33670 Sadirac
Téléphone : +33 5 56 30 50 90

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Fiche créée le 22/05/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.