L'Île aux Oiseaux à La Teste-de-Buch, le cœur sauvage du Bassin
La Teste-de-Buch - Gironde
Au centre du bassin d’Arcachon, l’Île aux Oiseaux change de visage au rythme des marées. Une excursion en bateau révèle ses célèbres cabanes tchanquées, ses prés salés et les nombreux oiseaux qui fréquentent ce refuge naturel.
L’Île aux Oiseaux, le cœur sauvage du bassin d’Arcachon
Posée au centre du bassin d’Arcachon et rattachée à La Teste-de-Buch, l’Île aux Oiseaux est un territoire mouvant, à mi-chemin entre la terre et la mer. Les marées transforment constamment sa silhouette : l’eau recouvre les vasières, se retire entre les parcs ostréicoles et révèle un réseau d’esteys, ces petits chenaux qui structurent le paysage.
Cette île presque plate, dont le point culminant ne dépasse pas 5,74 mètres, est devenue l’un des grands emblèmes naturels du Bassin. Elle associe prés salés, vasières, herbiers marins, quelques secteurs boisés et cabanes isolées. Sa surface apparente augmente considérablement à marée basse, jusqu’à former un vaste ensemble d’environ 1 700 hectares.
Observer l’île en bateau sans y débarquer
Pour le public, la meilleure manière de découvrir le site consiste à le contourner en bateau. L’accès à l’intérieur est interdit sans autorisation afin de protéger les milieux naturels et d’éviter les situations dangereuses liées aux marées et aux sols sablo-vaseux. Il ne faut donc pas envisager l’Île aux Oiseaux comme une destination de randonnée libre ou une plage où accoster.
Des excursions commentées partent de plusieurs jetées du bassin d’Arcachon. Le grand tour proposé par l’un des principaux opérateurs dure environ deux heures et coûte à partir d’une vingtaine d’euros. Une formule familiale plus courte est également proposée autour d’une quinzaine d’euros. Les tarifs, ports d’embarquement et départs varient selon la date, la marée et l’opérateur ; la réservation en ligne ou auprès d’un office de tourisme est conseillée.
Selon le circuit, la navigation permet d’observer :
- les cabanes tchanquées et les autres quartiers de cabanes ;
- les parcs à huîtres découverts à marée basse ;
- le chenal de Mapouchet et les vasières fréquentées par les oiseaux ;
- les villages ostréicoles de la presqu’île du Cap Ferret ;
- la dune du Pilat et le front de mer arcachonnais depuis le Bassin.
Les jumelles sont utiles, particulièrement en dehors de la pleine saison touristique. Une sortie à marée haute donne une image très maritime des cabanes, tandis que la basse mer dévoile les vasières, les esteys et la géométrie des concessions ostréicoles.
Les cabanes tchanquées, sentinelles sur pilotis
Les deux silhouettes aux volets rouges et blancs sont indissociables de l’image du bassin d’Arcachon. Le mot gascon tchanquas signifie « échasses » : les cabanes sont en effet élevées sur des pilotis afin de résister au retour de la mer.
Une première cabane fut autorisée en 1883 pour Martin Pivert, ostréiculteur qui souhaitait surveiller ses parcs et disposer d’un abri. Ses piliers en bois, fragilisés par les organismes marins et les tempêtes, finirent par céder en 1943. Les deux cabanes actuelles remontent au milieu du XXe siècle. La cabane nº53 fut édifiée par Hubert Longau avec l’aide de ses fils et de ses contremaîtres ; la vie y était alors rustique, sans eau potable ni électricité, avec récupération de l’eau de pluie et éclairage au gaz.
La cabane nº53 a été reconstruite presque à l’identique en 2007-2008. Sa voisine, la cabane nº3, a été entièrement refaite en 2024 afin de préserver durablement ce patrimoine. On ne doit ni monter sur les cabanes ni s’y amarrer. Leur ouverture intérieure reste exceptionnelle et encadrée : une excursion ordinaire permet de les admirer depuis l’eau, mais pas de les visiter.
L’île compte au total 53 cabanes, réparties notamment entre les quartiers du Port de l’Île, d’Afrique, de l’Îlot, du Truc Vert et de Saous. Beaucoup furent d’abord des installations professionnelles liées à la pêche et à l’ostréiculture avant de devenir des cabanes de chasse ou de loisirs.
Un refuge majeur pour les oiseaux du Bassin
Les vasières et les prés salés constituent un immense garde-manger pour les oiseaux nicheurs, migrateurs, hivernants et sédentaires. Les sources touristiques locales évoquent jusqu’à 250 espèces observables au fil de l’année à l’échelle du site. La commune recense plus d’une soixantaine d’espèces accueillies régulièrement.
La gorgebleue à miroir, qui vient y nicher, est considérée comme une espèce emblématique de l’île. En hiver, les observateurs peuvent rechercher la bernache cravant, le bécasseau variable, le courlis cendré et différents goélands. Le secteur joue un rôle important pour les bernaches : un comptage récent a encore montré qu’une grande partie des oiseaux présents sur le Bassin se concentrait autour de l’île.
La richesse animale ne se limite pas aux oiseaux. Mollusques et petits organismes vivant dans les sédiments nourrissent poissons et limicoles. Bars, soles, anguilles, sardines et dorades royales utilisent ces milieux comme zones d’alimentation ou de croissance. L’Œdipode des salines, un criquet lié aux prés salés, sert quant à lui d’indicateur de leur bon état écologique. Des études acoustiques ont également identifié douze espèces de chauves-souris, parmi lesquelles les pipistrelles commune et de Kuhl.
Prés salés, statices rares et herbiers de zostères
Deux paysages naturels dominent les parties basses : la slikke, vasière recouverte à chaque marée, et le schorre, pré salé submergé surtout lors des pleines mers de fort coefficient. La végétation y est halophile, c’est-à-dire adaptée au sel. Deux plantes rares y sont notamment signalées : le Statice de Dodart et le Statice à feuilles de lychnis.
Autour de l’île se développent des herbiers de Zostère marine et de Zostère naine. Ces prairies sous-marines servent de refuge, de zone d’alimentation et de lieu de reproduction à de nombreuses espèces. Elles contribuent aussi à la qualité de l’eau et au stockage du carbone. L’île joue un rôle particulier dans leur préservation : des graines y sont collectées dans le cadre d’opérations scientifiques destinées à restaurer les herbiers dégradés du Bassin.
Du pacage à l’ostréiculture : l’histoire d’un territoire insulaire
L’Île aux Oiseaux serait issue d’un ancien banc de sable progressivement détaché de la rive sud du Bassin. Sa séparation avec les dunes boisées d’Arcachon serait devenue définitive au XVIIe siècle. Elle servit ensuite de lieu de pacage, de pêche et de chasse aux habitants des paroisses riveraines. Une violente tempête décima les troupeaux en 1882 et mit fin à l’élevage sur l’île.
Intégrée au domaine public en 1827, elle accueillit ses premières activités ostréicoles entre 1849 et 1857. Les cabanes permettaient alors aux professionnels de rester près de leurs concessions lors des grandes marées. Au XXe siècle, la motorisation des pinasses facilita les allers-retours quotidiens et réduisit cette fonction d’abri professionnel.
L’île associe aujourd’hui deux statuts fonciers : un domaine public maritime d’environ 218 hectares attribué au Conservatoire du littoral et une partie privée centrale de 44 hectares. La Ville de La Teste-de-Buch assure la gestion du domaine protégé avec l’intervention d’un garde du littoral. Le site bénéficie de plusieurs reconnaissances environnementales, notamment son classement, son inscription en ZNIEFF de type I et son intégration au réseau Natura 2000.
Règles essentielles pour préserver l’Île aux Oiseaux
La beauté du site dépend du respect de contraintes strictes. La partie nord, qui abrite notamment une réserve naturelle de palourdes, est interdite à la navigation, à l’ancrage, à l’échouage, au piétinement et à la pêche à pied. Sur l’île, la cueillette, le feu, les barbecues, le camping et le bivouac sont interdits. Aucun déchet ne doit être abandonné et les oiseaux ne doivent pas être approchés au point de modifier leur comportement.
Une navigation personnelle en kayak, voilier ou bateau électrique exige une bonne connaissance des marées, des chenaux et des zones réglementées. Pour une première découverte, une sortie encadrée ou une navette commentée est plus sûre et fournit les clés nécessaires pour comprendre le paysage sans perturber la faune.
Accessibilité et préparation de l’excursion
L’île elle-même n’offre pas de cheminement public aménagé. En revanche, certains bateaux d’excursion peuvent accueillir une personne en fauteuil roulant depuis plusieurs jetées, notamment à Arcachon, au Cap Ferret, au Canon ou à Andernos. L’embarquement peut devenir délicat à marée basse et il est fortement déconseillé depuis certaines jetées. Il faut prendre contact avec l’opérateur environ 72 heures à l’avance afin de vérifier la faisabilité selon le bateau, le port et la marée.
Prévoyez une protection contre le soleil et le vent, des vêtements adaptés aux embruns et des jumelles. Même par beau temps, la température ressentie sur l’eau peut être plus fraîche qu’à terre. Pour compléter cette découverte maritime, la page consacrée aux activités, plages et sorties à Arcachon permet de composer une journée associant promenade en bateau, panoramas, vélo et loisirs nautiques autour du Bassin.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 4-6 ans
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans

Où se trouve L'Ile aux Oiseaux ?
Autres activités à proximité(5)

Guide de poche intelligent
L'appli gratuite qui trouve les meilleures idées de sorties
Fiche créée le 17/05/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.






