La Ferme de Cagnolle au Pays de Belvès, découvrir le maraîchage sur sol vivant

En bref
- La Ferme de Cagnolle est devenue une référence du maraîchage sur sol vivant après avoir restauré un terrain autrefois considéré comme très pauvre.
- En cinq ans, le taux de matière organique mesuré dans le sol est passé de 1,4 % à 8,8 %.
- La visite aborde potager biologique, verger conservatoire, agroforesterie, animaux, semences reproductibles et transformation des récoltes.
- La ferme fonctionne comme une agrorecyclerie en réutilisant notamment broyat, écorces, balayures de scierie ou poussière de charbon pour nourrir et protéger les sols.
- L’expérience de Cagnolle est également partagée à travers un documentaire, des vidéos et des formations destinées aux professionnels comme aux jardiniers amateurs.
Une ferme biologique pionnière au cœur du Périgord Noir
La Ferme de Cagnolle est à la fois une exploitation agricole, un terrain d’expérimentation et un lieu de transmission consacré au maraîchage sur sol vivant. Sur un coteau argilo-calcaire près de Belvès, fruits, légumes, semences paysannes et chanvre biologique sont cultivés en cherchant à préserver la fertilité naturelle, la biodiversité et les ressources en eau.
Cette étape intéressera particulièrement les jardiniers, les familles curieuses de comprendre l’origine des aliments, les porteurs de projets agricoles et tous ceux qui souhaitent découvrir une autre manière de produire. Il ne s’agit toutefois pas d’une attraction en accès libre permanent : la découverte touristique prend la forme d’une visite guidée organisée sur rendez-vous, en fonction du travail agricole.
D’une terre jugée pauvre à une ferme sur sol vivant
L’aventure commence en 2008, lorsque Benoît Le Baube s’installe à Cagnolle et entreprend de restaurer la ferme. Le sol, appauvri, est alors considéré par certains agronomes comme surtout adapté à la plantation de pins. L’exploitation choisit au contraire de placer la vie souterraine au centre de son modèle : limitation du travail mécanique, apports réguliers de matière organique, couverture des planches de culture et diversification des productions.
Le résultat est devenu emblématique. En cinq ans, le taux de matière organique mesuré est passé de 1,4 % à 8,8 %, tandis que la ferme a développé plus d’une cinquantaine de variétés de légumes biologiques. Son parcours est raconté dans le documentaire de 45 minutes Une ferme sur sol vivant, réalisé par le vidéaste périgourdin Romain Baudry après trois années de travail et diffusé à partir de 2021. Les expériences de Cagnolle sont également partagées au moyen de vidéos et de formations suivies par des professionnels comme par des amateurs.
Que découvre-t-on pendant une visite de la Ferme de Cagnolle ?
La visite guidée de référence dure environ une heure et demie. Son contenu peut évoluer avec la saison, les cultures et les travaux en cours, ce qui donne à chaque passage un caractère concret. Le parcours permet notamment d’aborder :
- le potager biologique et les principes du maraîchage sur sol vivant ;
- le verger conservatoire, l’agroforesterie et le rôle des arbres dans l’écosystème agricole ;
- les animaux présents sur l’exploitation ;
- la production de semences biologiques reproductibles, pensée pour conserver une autonomie variétale ;
- la transformation des récoltes en confitures, sirops, confits ou tisanes, selon les productions disponibles ;
- les solutions employées pour nourrir le sol, retenir l’eau et réduire les interventions mécaniques.
La ferme cultive également du chanvre destiné à des produits biologiques à base de CBD et de CBG. Cette activité complète aujourd’hui la production de semences, la transformation et la transmission des techniques agroécologiques.
L’agrorecyclerie, une idée forte de Cagnolle
L’un des aspects les plus originaux du lieu est son fonctionnement en agrorecyclerie. Le principe consiste à transformer des matières locales considérées comme des déchets en ressources pour les cultures. Broyat issu de déchets verts, balayures et écorces de scierie ou poussière de charbon provenant d’une activité locale peuvent ainsi contribuer à former un humus stable, protéger le sol et améliorer sa capacité à retenir l’humidité.
Sous le paillage, vers de terre, bactéries et champignons décomposent progressivement cette matière organique. Ils assurent une partie du travail habituellement réalisé par les machines et les intrants. Cette démarche rejoint la philosophie de la « non-action » agricole : intervenir avec mesure et accompagner les mécanismes naturels plutôt que bouleverser constamment le milieu.
Les parcelles associent aussi maraîchage, arbres fruitiers, haies, prairies et espaces plus sauvages. Cette mosaïque favorise les habitats pour la faune, protège le paysage rural et renforce la résilience de l’exploitation.
Semences, produits fermiers et transmission des savoir-faire
Cagnolle cherche à produire une large part de ses propres graines et privilégie les semences biologiques reproductibles. Contrairement aux hybrides qui ne conservent pas fidèlement leurs caractéristiques d’une génération à l’autre, elles peuvent être sélectionnées, récoltées puis ressemées. Cette démarche contribue à préserver des variétés adaptées au terroir et à limiter la dépendance envers les grands fournisseurs de semences.
La ferme propose une vente à la propriété, mais le choix dépend naturellement des récoltes et des fabrications disponibles. Il est prudent de vérifier avant le déplacement si l’objectif principal est un achat précis. Pour prolonger l’apprentissage, une formation présentielle de trois jours approfondit le maraîchage sur sol vivant ; elle s’adresse surtout aux agriculteurs et porteurs de projets. Une formation en ligne gratuite, accessible également aux jardiniers amateurs, aborde le fonctionnement des sols, l’eau, la matière organique, les itinéraires techniques de plusieurs fruits et légumes, l’organisation du travail et les données économiques.
Préparer sa découverte de cette ferme du Pays de Belvès
La prise de rendez-vous est indispensable pour une visite guidée. Au moment de réserver, il convient de demander les conditions d’accueil, le contenu proposé, le tarif éventuel et les disponibilités, car la priorité demeure le travail de l’exploitation. Les ateliers pédagogiques et visites de groupes sont eux aussi à organiser en amont.
- Prévoir des chaussures adaptées à des parcelles agricoles et une tenue tenant compte de la météo.
- Ne pas entrer seul dans les zones de culture : le parcours est commenté et certaines parcelles peuvent être occupées par les travaux ou les récoltes.
- Un parking est signalé sur place, y compris une possibilité d’accueil pour les autocars, sans confirmation d’un stationnement gratuit.
- La gare ferroviaire de Belvès constitue le point d’arrivée en train mentionné par l’offre touristique institutionnelle ; l’organisation du dernier trajet doit être anticipée.
- Les chiens sont admis lorsqu’ils restent tenus en laisse.
- Pour les achats effectués sur place, les espèces et les chèques sont les moyens de paiement confirmés.
Compléter la sortie dans le Périgord Noir
Après cette immersion agricole, une journée aux Eyzies et dans la vallée de la Vézère permet de poursuivre l’exploration entre grottes ornées, sites préhistoriques, châteaux-falaises et promenades au bord de l’eau. Pour retrouver l’atmosphère d’un village périgourdin d’autrefois, le Parc du Bournat forme un complément cohérent à cette découverte du patrimoine rural. Les familles peuvent enfin varier les plaisirs avec une sortie avec les canoës du Bournat, pour observer les paysages du Périgord depuis la rivière.
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Fiche créée le 19/05/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.

