Les Vestiges Gallo-Romains des Mazières à Gourdon-Murat, randonnée archéologique sur le plateau de Millevaches
Gourdon-Murat - Corrèze
À Gourdon-Murat, les Vestiges Gallo-Romains des Mazières mêlent promenade champêtre et archéologie. Une courte boucle conduit aux traces d’une villa antique, d’un monument funéraire, d’un ancien étang et d’un domaine agricole installé sur le plateau de Millevaches.
Les Mazières, un domaine gallo-romain sur le plateau de Millevaches
À Gourdon-Murat, le site des Mazières révèle les traces d’un vaste domaine rural occupé durant l’Antiquité. Installé vers 700 mètres d’altitude, au-dessus de zones humides, il prend place dans un paysage en alvéole caractéristique du plateau de Millevaches. Le nom « Mazières » dériverait de maceria, un terme évoquant les ruines d’édifices détruits : un toponyme particulièrement adapté à ce lieu où les murs antiques affleurent encore dans les prés.
La découverte se fait au fil d’une boucle pédestre de 3 kilomètres, inscrite au Plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée. Le parcours relie les ruines d’un moulin, la villa, un monument funéraire et la digue d’un ancien étang. Il faut prévoir environ une heure, avec 83 mètres de dénivelé positif. L’itinéraire est classé très facile, mais emprunte des chemins naturels et traverse des prairies.
Une villa antique révélatrice d’un riche domaine agricole
La villa occupait l’extrémité d’un plateau bordé par deux vallons. Son implantation n’était pas due au hasard : le terrain plat facilitait la construction, l’exposition apportait un bon ensoleillement, le relief protégeait des vents froids et les sources voisines assuraient l’approvisionnement en eau. Cette organisation correspond à celle de plusieurs domaines gallo-romains identifiés en Haute et Moyenne Corrèze.
Les recherches permettent de restituer un bâtiment presque carré d’environ 65 mètres sur 60, probablement organisé autour d’une cour. Les fouilles ont reconnu plusieurs phases d’occupation et de transformation : une première installation dans les années 30 à 50 de notre ère, un réaménagement à la fin du Ier siècle, puis une dernière phase à la fin du IIe ou au IIIe siècle. L’occupation antique paraît s’être prolongée jusqu’à la fin du IIIe siècle, avant une réutilisation plus ponctuelle au Moyen Âge.
Chauffage, eau courante et décors peints
Les éléments découverts dessinent le cadre de vie d’un propriétaire aisé. Une salle était chauffée par hypocauste, système faisant circuler l’air chaud sous le sol soutenu par de petites piles de briques. D’autres pièces possédaient des enduits peints en rose, blanc et gris. Des fragments de colonnes, de chapiteaux, de marbre et de verre à vitre témoignent également d’une architecture soignée.
Des tuyaux en plomb indiquent que la demeure bénéficiait d’une distribution d’eau. Le mobilier comprenait aussi une clé, une houe, une épingle en bronze, une perle, des récipients en verre et de nombreuses céramiques sigillées. Certaines provenaient d’ateliers proches de Millau, signe que ce domaine isolé restait connecté aux circuits commerciaux de la Gaule romaine.
La Vénus des Mazières, découverte emblématique
Parmi les objets les plus remarquables figure une petite statuette en terre blanche représentant Vénus sortant du bain. Cette Vénus anadyomène fut la première figurine de ce type signalée en Corrèze. Plusieurs objets provenant des Mazières, dont cette statuette, ont rejoint les collections liées à Marius Vazeilles conservées à Meymac.
Cette découverte aide à imaginer la dimension domestique et culturelle du domaine. Les vestiges visibles aujourd’hui restent modestes et demandent un effort d’interprétation : il ne faut pas attendre des murs monumentaux, mais les fondations d’un habitat dont le plan, le mobilier et les techniques racontent une résidence particulièrement confortable pour son époque.
Un rare monument funéraire circulaire
À environ 370 mètres de la villa, en vue directe de celle-ci, se trouve l’élément le plus spectaculaire du circuit : un monument funéraire circulaire construit avec de grands blocs soigneusement taillés. Son diamètre extérieur atteint 8,40 mètres. Les trous encore visibles sur certaines pierres renseignent sur leur manutention : les bâtisseurs employaient à la fois des griffes et un dispositif de levage appelé « louve » pour déplacer des blocs dont certains dépassaient deux tonnes.
La sépulture centrale avait été détruite avant les fouilles, mais les archéologues ont retrouvé des esquilles d’os, du charbon et les restes fondus de plusieurs récipients en verre. Il s’agissait d’une tombe à incinération, probablement aménagée sous la forme d’un tumulus entouré d’un muret de pierre.
Des grains de céréales et des dattes carbonisées avaient été déposés comme offrandes alimentaires. La présence de ce fruit importé, sans doute coûteux sur le plateau de Millevaches, constitue un indice supplémentaire du rang social du propriétaire. La céramique situe la construction du tombeau dans le dernier quart du Ier siècle, au moment où la villa connaissait une période de prospérité.
Le four de tuilier et la digue de l’ancien étang
Un four destiné à fabriquer des tuiles se trouvait à quelque 300 mètres à l’est de la demeure. Découvert lorsque le propriétaire voulut récupérer des briques, il fut étudié en 1965 alors que la végétation et les intempéries l’avaient déjà fortement dégradé. Les tuiles plates et courbes mal cuites retrouvées à proximité suggèrent une activité vers la fin du IIe siècle. Ses vestiges sont aujourd’hui presque entièrement effacés du paysage.
Plus lisible, l’ancienne chaussée d’étang se situe en amont de la villa. Cette levée de terre mesure environ 65 mètres de long et 4,5 mètres de haut dans son état actuel. Elle retenait autrefois un plan d’eau d’environ 2,5 hectares. Pour le domaine, cet étang représentait une réserve permanente utile aux besoins domestiques, agricoles et probablement à l’élevage d’animaux aquatiques.
Des fouilles successives pour comprendre le site
La villa fut partiellement explorée par son propriétaire au milieu des années 1930. De nouvelles recherches menées dans les années 1960 ont permis de nettoyer les anciennes tranchées, de suivre un mur extérieur sur 43 mètres et de mieux cerner l’emprise du bâtiment. Les campagnes de 2003 et 2004 se sont notamment intéressées au monument funéraire et à l’organisation générale du domaine.
Le site reste cependant partiellement fouillé. Cette connaissance incomplète fait aussi son intérêt : les Mazières ne présentent pas une restitution figée, mais les indices successifs d’un domaine encore entouré de questions archéologiques.
Itinéraire de la promenade archéologique
Le départ se situe près de la croix de fer entre Murat et le Bourg. Le chemin franchit d’abord un ruisseau sur un pont de pierre, passe devant les ruines d’un moulin puis remonte vers la villa. Il contourne ensuite les fondations avant d’entrer dans des prairies où le tombeau circulaire apparaît sur la gauche.
Une piste conduit enfin à l’ancienne digue. Il est possible d’en suivre une partie jusqu’à la brèche empruntée par le ruisseau, avant de revenir au carrefour. La boucle traverse ensuite les hameaux du Bec et du Bourg pour retrouver le point de départ.
Conseils pour visiter les vestiges gallo-romains
- Prévoir de bonnes chaussures : même si la boucle est facile, le terrain naturel peut être humide ou boueux.
- Télécharger le tracé : l’office de tourisme fournit un fichier GPX et une fiche détaillée utiles pour repérer les différentes étapes.
- Observer plutôt que chercher des élévations : talus, blocs, fondations et reliefs du terrain permettent de comprendre l’organisation du domaine.
- Respecter les prairies : rester sur le sentier, ne pas déplacer les pierres et refermer soigneusement les barrières en présence de bétail.
- Être autonome : emporter eau, encas et protection contre la pluie ou le soleil, le parcours étant isolé et dépourvu de services touristiques immédiats.
- Avec un chien : vérifier les consignes affichées au départ et tenir compte des troupeaux susceptibles d’occuper les parcelles traversées.
Une étape culturelle à intégrer dans un séjour corrézien
Les Mazières offrent une visite particulièrement intéressante aux amateurs d’archéologie, mais aussi aux familles qui souhaitent associer patrimoine et courte randonnée. Pour élargir l’escapade vers les musées, les spectacles, les cascades et les loisirs du territoire, le guide consacré aux activités et idées de sorties autour de Tulle permet de composer un programme corrézien plus complet.
Enfants & famille
- Convient aux ados 13-17 ans

Animaux
- Oui
Infos pratiques
Voir sur la carteOù se trouve Les Vestiges Gallo-Romains des Mazières ?
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Fiche créée le 19/07/2026, dernière mise à jour le 19/07/2026.






