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Musée d'Histoire de la Médecine à Hautefort, instruments étonnants dans un ancien Hôtel-Dieu

Musée d'Histoire de la Médecine

En bref

  • Le musée rassemble plus de 6 500 objets et instruments médicaux ou chirurgicaux dans six salles installées dans l’ancien Hôtel-Dieu.
  • L’Hôtel-Dieu adopte une rare croix grecque surmontée d’un dôme à lanterne, une disposition hospitalière présentée comme unique en Nouvelle-Aquitaine.
  • Un fac-similé du tour d’abandon rappelle les 1 947 enfants recueillis anonymement à Hautefort entre 1790 et 1847.
  • Le parcours réunit anciens cabinets dentaires, pots d’apothicaire, appareils de radiologie, matériel obstétrical et cires anatomiques.
  • Un poumon d’acier utilisé pendant les épidémies de poliomyélite figure parmi les pièces les plus impressionnantes du musée.
  • La chapelle centrale conserve une coupole culminant à 22 mètres et un mausolée en marbre classé Monument historique.

Un musée de la médecine dans un ancien Hôtel-Dieu

Le Musée d’Histoire de la Médecine de Hautefort réunit deux découvertes en une seule visite : un remarquable édifice hospitalier des XVIIe et XVIIIe siècles et une collection scientifique retraçant l’évolution des soins, de la pharmacie et des techniques médicales. Le parcours occupe six salles sur deux niveaux, auxquelles s’ajoute la chapelle placée au centre du monument.

Le fonds compte plus de 6 500 objets et instruments médicaux ou chirurgicaux, ainsi que plus de 2 000 ouvrages consacrés à la médecine. Cabinets dentaires, pots d’apothicaire, appareils de radiologie, matériel obstétrical, cires anatomiques et instruments parfois déroutants montrent de façon concrète la transformation des pratiques depuis l’époque moderne.

L’histoire singulière de l’Hôtel-Dieu de Hautefort

Le projet de l’Hôtel-Dieu remonte à 1669. Sa construction, engagée à partir de 1675 à l’initiative du marquis Jacques-François de Hautefort, s’acheva en 1725. Cette fondation s’inscrivait dans le contexte du « grand renfermement » voulu sous Louis XIV, lorsque les établissements hospitaliers étaient également chargés d’accueillir et d’encadrer les populations pauvres.

L’architecture constitue l’une des grandes curiosités du site. Le bâtiment adopte une croix grecque surmontée d’un dôme à lanterne, disposition hospitalière rare et présentée comme unique en Nouvelle-Aquitaine. Les trois salles destinées aux pensionnaires devaient recevoir chacune onze personnes : onze femmes, onze hommes et onze garçons. Ce total de 33 faisait symboliquement référence aux années de la vie du Christ.

Les premiers pensionnaires arrivèrent avant même l’achèvement complet du bâtiment. À partir de 1747, les Sœurs de la Charité de Nevers participèrent à son fonctionnement et restèrent à Hautefort jusqu’à la fin du XXe siècle. Pendant la Première Guerre mondiale, l’hospice fut transformé en hôpital militaire pour accueillir blessés et réfugiés.

Classé au titre des Monuments historiques en 1931, l’Hôtel-Dieu abrite le musée depuis 1994. Celui-ci fut créé par l’Association de Muséographie Médicale, présidée par le docteur L. C. Barnier, avant de devenir un musée communal. Le monument fait parallèlement l’objet d’un important programme de restauration.

De la salle des malades à la chapelle

Au rez-de-chaussée, la salle des Malades restitue l’atmosphère de l’ancien hospice et son organisation pour onze hommes. On y découvre notamment un fac-similé du tour d’abandon utilisé à Hautefort entre 1790 et 1847. Ce dispositif permettait de déposer anonymement un nourrisson avant de prévenir les religieuses en actionnant une cloche. Les archives recensent 1 947 enfants recueillis en un demi-siècle.

La salle du Verbe divin rassemble des vêtements sacerdotaux et un rare drap mortuaire brodé au fil d’argent. Des claustras rappellent que les pensionnaires alités pouvaient suivre les offices depuis les salles attenantes.

Au centre de la croix grecque, la chapelle conserve un sol en pisé et une coupole en bois culminant à 22 mètres. Sa peinture murale du XIXe siècle représente le couronnement de la Vierge. Dans le chœur, une rotonde à douze branches symbolise les apôtres, tandis que des « forces », outils autrefois employés pour tondre les moutons, reprennent les armoiries de la famille de Hautefort.

La chapelle abrite également un mausolée en marbre, lui-même classé Monument historique. Transféré du château à l’Hôtel-Dieu en 1891, il renferme la dépouille de la comtesse Sigismonde Laure Charlotte de Hautefort et le cœur de son époux, le baron Maxence de Damas.

Pharmacie, dentisterie et imagerie médicale

La salle Hippocrate

Cette salle explique le passage de l’apothicairerie à la pharmacie et les anciennes méthodes de fabrication des remèdes. Le visiteur apprend à reconnaître l’albarelle destinée aux onguents, la chevrette munie d’un bec verseur et les différents pots utilisés pour conserver les plantes.

Parmi les objets remarquables figurent un trébuchet de précision du XIXe siècle avec microscope incorporé, des mallettes d’électrothérapie, une collection de canards en porcelaine et du matériel de préparation des gélules et comprimés. La bibliothèque conserve des ouvrages rares, dont un codex médicamenteux de 1818 préfacé par Louis XVIII.

Les salles Platon et Aristote

Quatre cabinets dentaires retracent les progrès de la dentisterie entre 1910 et 1975, depuis l’arrivée de l’électricité jusqu’à l’emploi de la radiologie et du laser. Une reconstitution d’un atelier de prothésie dentaire du XIXe siècle complète cet ensemble.

La salle Aristote aborde la radiologie, la gynécologie, la néphrologie et la rééducation. Elle présente des tubes à rayons X, des appareils de radiographie anciens, un cabinet gynécologique des années 1950 et le Vidoson de Siemens, appareil d’échographie obstétricale mis au point dans les années 1960. Un écorché original du docteur Auzoux et une cire anatomique du XIXe siècle illustrent l’histoire de l’enseignement de l’anatomie.

La salle Galien

Le dernier espace scientifique évoque Louis Pasteur, la vaccination, la chirurgie, la cardiologie et la pneumologie. L’une de ses pièces les plus impressionnantes est un poumon d’acier employé pendant les épidémies de poliomyélite. Le parcours revient aussi sur la lutte pour l’hygiène hospitalière et les anciens traitements de la tuberculose.

Une visite culturelle accessible aux familles

La visite individuelle dure en moyenne environ 45 minutes, mais les passionnés d’histoire des sciences peuvent facilement y consacrer davantage de temps. Des supports de découverte sont proposés, ainsi que des ateliers, conférences, expositions temporaires, chasses au trésor et jeux immersifs au fil de la programmation. Les moins de 14 ans bénéficient de la gratuité, ce qui facilite une découverte en famille.

Le billet individuel coûte environ 8 €. Un tarif réduit d’environ 6 € est proposé notamment aux étudiants et aux visiteurs présentant leur billet du château de Hautefort. Réciproquement, le billet du musée permet d’obtenir une remise au château. La réservation n’est pas nécessaire pour une visite individuelle libre ; elle devient obligatoire pour les groupes scolaires et pour les visites guidées de groupes adultes.

Une petite boutique propose des cartes postales, gourdes, sacs, crayons et souvenirs liés au monument. On peut même y acheter un fragment de pisé présenté dans une pochette, clin d’œil au matériau du sol de la chapelle. Le musée dispose également d’un accès Wi-Fi, mais pas de vestiaire : sacs à dos, casques et parapluies doivent être laissés à l’accueil. Les photographies personnelles sont autorisées sans flash.

Accès et conseils pour préparer la découverte

Le musée ouvre principalement du printemps à l’automne et ferme une partie de l’hiver. La billetterie cesse de délivrer des entrées avant la fermeture du monument : mieux vaut ne pas arriver en toute fin de journée.

Hautefort est accessible depuis l’A89 par la sortie 17, puis par la D704. La ligne de bus régionale n° 9 relie Périgueux à Hautefort. Des possibilités de stationnement existent sur la place centrale et derrière la mairie ; ce second emplacement accepte également les camping-cars et se trouve à une courte marche du musée.

Une place PMR est réservée devant l’entrée. Le rez-de-chaussée, comprenant la salle des Malades, la salle du Verbe divin et la chapelle, est accessible aux personnes à mobilité réduite. Les quatre salles scientifiques étant situées à l’étage, la visite n’est toutefois pas entièrement accessible en fauteuil. L’accès adapté par la chapelle peut nécessiter de prévenir l’accueil.

Les animaux ne sont normalement pas admis dans les salles, à l’exception des chiens-guides et d’assistance. Une tolérance existe pour les petits animaux gardés pendant toute la visite dans un sac ou un panier de transport.

Hautefort se situe à environ 30 kilomètres de Montignac. Le musée peut ainsi compléter une escapade consacrée aux grands sites du Périgord Noir et aux suggestions de visites autour de Montignac-Lascaux, entre préhistoire et villages de caractère.

Infos pratiques

Adresse : Hôtel-Dieu de Hautefort, 24390 Hautefort
Téléphone : +33 6 31 35 71 28

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Fiche créée le 26/06/2025, dernière mise à jour le 21/07/2026.