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Musée Zadkine aux Arques, la sculpture au cœur de la Bouriane

Musée Zadkine

En bref

  • Le musée réunit grands bois, pierres, bronzes, terres cuites, lithographies et tapisseries de Zadkine.
  • Les arbres et paysages des Arques ont directement inspiré plusieurs œuvres majeures du sculpteur.
  • Cinq grandes sculptures prolongent la visite dans les rues et paysages du village.
  • L’église romane Saint-Laurent abrite un Christ et une Pietà polychrome taillés dans de grands ormes.
  • Expositions, visites, ateliers familiaux et stages artistiques font du musée un centre culturel vivant.

Un musée d’art moderne au cœur de la Bouriane

Dans le petit village des Arques, le musée Zadkine présente l’œuvre d’un des sculpteurs majeurs du XXe siècle au sein même du paysage qui l’a profondément inspiré. L’intérêt de la visite dépasse les salles du musée : grands bois, bronzes, sculptures religieuses et œuvres en plein air composent un véritable parcours entre art, architecture rurale et nature quercynoise.

Le musée rassemble des sculptures en taille directe, pierres, bois, bronzes, terres cuites, lithographies et tapisseries. Photographies et documents permettent également de replacer la création d’Ossip Zadkine dans sa vie personnelle et dans les grands courants artistiques de son époque. Une visite libre demande environ une heure, mais il est judicieux de prévoir davantage pour découvrir les œuvres installées dans le village et dans l’église.

Ossip Zadkine et son refuge des Arques

Né en 1890 dans l’actuelle Biélorussie, Ossip Zadkine arrive à Paris en 1909 et rejoint le milieu artistique de Montparnasse. Naturalisé français en 1921, il fréquente notamment Modigliani, Foujita, Paul Éluard et Jean Cocteau. Son parcours est également marqué par la Première Guerre mondiale : engagé comme brancardier, blessé aux poumons puis réformé, il vient se reposer dans le Tarn-et-Garonne, où il épouse la peintre Valentine Prax.

En 1934, le couple répond à une annonce et visite une propriété aux Arques. Zadkine est immédiatement séduit par le manoir, les fermes de pierre, les bois de pins et de châtaigniers et l’ampleur du ciel. Le lieu devient leur ancrage quercynois, partagé avec leur vie parisienne. Cette relation n’a rien d’anecdotique : les arbres, les reliefs et l’atmosphère de la Bouriane nourrissent directement certaines des œuvres les plus importantes du sculpteur.

Sa renommée devient internationale lorsqu’il reçoit le Grand Prix de sculpture de la Biennale de Venise en 1950. Trois ans plus tard, son célèbre monument La Ville détruite est inauguré à Rotterdam. Aux Arques, son héritage reste pourtant plus intime : on découvre un artiste au contact du bois, du paysage et de la spiritualité.

Des grands bois aux bronzes monumentaux

Le bois tient une place essentielle dans la création de Zadkine. L’artiste ne cherche pas à effacer complètement la matière d’origine : nervures, courbes et puissance du tronc participent à la forme finale. La salle consacrée aux grands bois permet d’observer cette relation physique entre l’arbre et la figure sculptée.

La collection réunit plusieurs œuvres emblématiques, parmi lesquelles Homo Sapiens, Daphné, Diane et Orphée. Elle permet de comparer les matériaux et les techniques : taille directe dans le bois ou la pierre, modelage préparatoire, fonte en bronze, gravure et travail textile. Les corps fragmentés, les volumes creusés et les références à la mythologie montrent comment Zadkine s’est nourri du cubisme tout en développant une écriture profondément personnelle.

Le musée, inauguré en 1988, est né d’un partenariat entre le Département du Lot, qui le gère, la Ville de Paris, dépositaire des œuvres, et le village des Arques, à l’origine du projet. Il a été conçu comme un centre de vie culturelle plutôt que comme un simple lieu commémoratif. Expositions temporaires, visites commentées, ateliers familiaux, stages artistiques, lectures et rencontres prolongent aujourd’hui cet esprit.

Valentine Prax, peintre à redécouvrir

La visite accorde aussi une place à Valentine Prax, artiste peintre née en 1897 et épouse de Zadkine. Longtemps restée dans l’ombre du sculpteur malgré une reconnaissance internationale, elle développe un univers poétique peuplé de personnages mythologiques, scènes rurales, artistes de cirque, nus, paysages marins et coquillages.

L’exposition temporaire L’envol de Valentine Prax, l’intimité d’une vie de peintre rassemble une trentaine d’œuvres issues du musée Zadkine de Paris et de collections privées. Huiles sur toile, œuvres peintes sous verre, estampes, gouaches, aquarelles, dessins et croquis sont accompagnés de photographies, archives et objets personnels. Cet ensemble éclaire à la fois son travail sur la couleur et l’équilibre des formes, sa vie de femme artiste et le dialogue créatif entretenu avec Zadkine.

Un parcours artistique dans le village

La découverte continue hors du bâtiment. Cinq grandes sculptures ponctuent Les Arques et replacent l’œuvre dans l’environnement auquel elle est liée. Cette promenade permet de voir comment les silhouettes de bronze dialoguent avec la pierre claire des maisons, les arbres et les perspectives de la Bouriane.

Face au musée, l’église romane Saint-Laurent abrite notamment un puissant Christ et une Pietà polychrome. Taillées dans de grands ormes, ces œuvres témoignent de la contribution de Zadkine au renouveau de l’art sacré. Leur présentation dans l’architecture religieuse renforce leur intensité, très différente de celle ressentie dans une salle d’exposition.

À proximité, l’ancienne église Saint-André conserve des peintures murales médiévales. La clé peut être demandée au musée lorsque les conditions de visite le permettent. Ce détour crée un contraste passionnant entre peinture ancienne, sculpture moderne et patrimoine rural.

Relier sculpture et nature

Le musée constitue également un point de départ pour explorer l’espace naturel sensible de la vallée de la Masse et le circuit du marais des Arques. La forêt locale aide à comprendre pourquoi Zadkine se sentait si proche des arbres et pourquoi il privilégiait les grands bois sculptés. Une sortie peut ainsi associer lecture des œuvres, reconnaissance des essences forestières et découverte des prairies humides.

Cette complémentarité rend la destination intéressante pour les familles et les groupes scolaires. Les propositions pédagogiques abordent les matériaux, la mythologie, la musique, l’exil, la figure de l’arbre et les rapports entre création artistique et environnement. Des visites-ateliers permettent ponctuellement aux enfants d’expérimenter peinture, pliage ou création plastique après avoir observé les collections.

Tarifs, réservation et conseils de visite

Le tarif plein de la visite libre est d’environ 3 €, avec un demi-tarif autour de 1,50 €. L’entrée est gratuite pour les moins de 26 ans, les demandeurs d’emploi, les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur, ainsi que plusieurs autres publics éligibles. Tous les visiteurs bénéficient par ailleurs de la gratuité le premier samedi du mois et pendant les Journées européennes du patrimoine.

La visite libre ne nécessite pas de réservation. Celle-ci devient obligatoire pour les groupes accompagnés et pour les animations dont le nombre de places est limité. Une librairie-boutique complète le parcours. Les règlements sur place peuvent être effectués par carte bancaire, chèque, Chèques-Vacances ou espèces.

Le musée connaît une ouverture saisonnière et ferme habituellement en hiver ainsi que chaque lundi pendant sa période d’activité. Il est conseillé de vérifier la programmation avant le déplacement, notamment pour profiter d’une visite commentée ou d’un atelier.

Accessibilité, animaux et stationnement

La présence de marches empêche l’accès aux personnes en fauteuil roulant. Une boucle magnétique est toutefois disponible à l’accueil pour les visiteurs malentendants. Les chiens guides sont admis, mais les autres animaux sont interdits dans les salles, y compris lorsqu’ils sont tenus en laisse.

Des toilettes et des stationnements gratuits sont disponibles dans le village. Le musée se trouve face à l’église, entre Catus et Cazals. La voiture est le moyen le plus pratique pour rejoindre Les Arques ; la gare de Gourdon se situe à environ 25 km.

Prolonger la sortie dans le Lot

Cette escapade artistique peut s’intégrer à un séjour plus large autour de Cahors, de son patrimoine médiéval, de ses vignobles et de la vallée du Lot. Pour changer d’époque tout en conservant le fil de la découverte scientifique et patrimoniale, la Plage aux Ptérosaures de Crayssac dévoile de véritables empreintes laissées par des animaux du Jurassique sur une ancienne vasière.

Infos pratiques

Adresse : Le Bourg, 46250 Les Arques
Téléphone : +33 5 82 11 04 66

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Fiche créée le 21/06/2025, dernière mise à jour le 21/07/2026.

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