Parc aux Angéliques à Bordeaux, promenade verte entre Garonne, biodiversité et mémoire portuaire

En bref
- Le parc forme une coulée verte d’environ 3,5 kilomètres entre le pont Saint-Jean et le pont Jacques Chaban-Delmas.
- Plus de 70 000 végétaux composent une mosaïque de prairies, arbres et berges sauvages favorable à la biodiversité urbaine.
- L’angélique des estuaires, plante rare et protégée liée aux estuaires atlantiques, a donné son nom au parc.
- Une voie pavée et des rails conservés dans le secteur de Brazza rappellent le passé portuaire et industriel de la rive droite.
- Les prairies du quai de Queyries offrent de larges vues sur la Garonne, la place des Quinconces et les façades du Port de la Lune.
- La séquence du quai Deschamps se distingue par une longue pergola couverte de glycine entre plantations et pelouses.
Une grande promenade naturelle sur la rive droite de Bordeaux
Le Parc aux Angéliques déroule une coulée verte le long de la Garonne, entre le pont Saint-Jean et le pont Jacques Chaban-Delmas. Cette promenade arborée d’environ 3,5 kilomètres offre un contrepoint paisible aux quais minéraux de la rive gauche : on y vient marcher, courir, pédaler, jouer sur les pelouses ou pique-niquer face aux façades blondes du centre historique.
Le parc est accessible en permanence et gratuitement. Sa forme linéaire permet aussi bien une courte pause sur le quai de Queyries qu’une balade prolongée au bord du fleuve. Pour replacer cette échappée naturelle dans un séjour plus complet, la sélection d’activités, de visites et de sorties à Bordeaux rassemble patrimoine, jardins, quais de Garonne, art immersif et culture du vin.
Des friches portuaires transformées en corridor écologique
Avant de devenir un parc, cette partie de la Bastide a connu plusieurs vies. Les vignobles de Queyries ont précédé les activités militaires et industrielles : Halle aux farines au XIXe siècle, caserne Niel puis Grands Moulins ont marqué le paysage de la rive droite. Le parc a été aménagé sur d’anciens terrains du port autonome afin de rendre les berges aux promeneurs et à la végétation.
Le dessin paysager conserve la mémoire de ce passé. Les plantations suivent les lignes de l’ancien parcellaire industriel et une voie pavée accompagnée de rails a été préservée sur la séquence de Brazza. Le projet, conçu notamment sous la direction du paysagiste Michel Desvigne, forme une charpente végétale appelée à accompagner la transformation urbaine du quartier.
Les secteurs de Queyries et Deschamps sont achevés, tandis que l’aménagement de la séquence Brazza doit se poursuivre progressivement. Le parc est donc à la fois un espace de promenade déjà bien installé et un projet paysager qui continue d’évoluer.
L’angélique des estuaires, emblème végétal du parc
Le nom du lieu rend hommage à l’angélique des estuaires, une grande plante à fleurs blanches inféodée aux estuaires de la façade atlantique française. Le botaniste britannique James Lloyd l’a identifiée au XIXe siècle. Devenue rare et menacée, cette espèce protégée trouve sur les berges vaseuses de la Garonne un habitat soumis au rythme des marées.
On peut l’observer près du fleuve, mais sans quitter les cheminements ni pénétrer dans la végétation rivulaire. Une zone tampon de plusieurs mètres sépare certains espaces récréatifs des berges sauvages afin de limiter le piétinement et de protéger la flore et la faune. Des panneaux pédagogiques jalonnent également la promenade et présentent la biodiversité liée au cours d’eau.
Une mosaïque de prairies, d’arbres et de berges sauvages
Plus de 70 000 végétaux composent le parc selon l’office de tourisme. Les plantations privilégient des essences adaptées au territoire, notamment frênes, érables, merisiers et charmes. Elles alternent avec de vastes prairies rustiques ou fleuries, des pelouses accessibles au public et la ripisylve qui borde la Garonne.
Cette diversité de strates végétales crée plusieurs habitats pour les oiseaux, les insectes et la petite faune urbaine. La gestion différenciée laisse certaines zones évoluer plus librement, adapte la fauche aux cycles naturels et limite les interventions. Le site bénéficie du label EcoJardin, qui reconnaît notamment la prise en compte de la biodiversité et une gestion économe de l’eau.
Le parc participe aussi à la prévention du risque d’inondation. Les surfaces rendues à la végétation facilitent l’infiltration et peuvent stocker temporairement une partie des eaux. Des techniques de phytoremédiation sont par ailleurs expérimentées dans certains secteurs hérités du passé industriel.
Trois ambiances paysagères au fil de la Garonne
Les prairies du quai de Queyries
La partie la plus connue s’étend devant le Jardin botanique et le long du quai de Queyries. De grandes pelouses bordées d’arbres offrent des espaces ombragés pour lire, se reposer ou partager un pique-nique. La vue s’ouvre largement sur la Garonne, la place des Quinconces et les façades du Port de la Lune.
La mémoire industrielle du quai de Brazza
Plus au nord, la promenade conserve une allée pavée et des rails rappelant les activités portuaires et industrielles. Une piste cyclable plane accompagne cet axe et permet de relier les différents tronçons du parc. Cette séquence reste concernée par le développement progressif du grand projet paysager.
La pergola du quai Deschamps
Au sud du pont de pierre, le quai Deschamps présente une ambiance différente. Une longue pergola couverte de glycine accompagne l’alternance de plantations denses et de pelouses. La promenade se poursuit vers le pont Saint-Jean, dans une partie généralement plus éloignée de l’animation centrale.
Promenade, course, vélo et pique-nique
Le Parc aux Angéliques se prête à des usages simples et libres : promenade familiale, jogging au bord du fleuve, pause sur l’herbe ou trajet à vélo. L’absence de clôture et l’ouverture permanente permettent de rejoindre la promenade à différents endroits. Les cyclistes doivent néanmoins adapter leur allure aux secteurs partagés et laisser la priorité aux piétons lorsque la fréquentation augmente.
La fiche technique municipale de la séquence Queyries indique qu’elle ne possède ni aire de jeux aménagée ni point d’eau. Les familles disposent en revanche de grandes pelouses pour les jeux libres. Pour une sortie prolongée, mieux vaut emporter sa gourde et tout le nécessaire de pique-nique, puis repartir avec ses déchets.
- Pour observer la flore : privilégier une marche lente près des berges sans franchir les dispositifs de protection.
- Pour profiter de la vue : la fin de journée offre une belle lumière sur les façades de la rive gauche.
- Par temps chaud : rechercher les prairies arborées du quai de Queyries et prévoir de l’eau.
- Après de fortes pluies : prévoir des chaussures adaptées, certaines surfaces naturelles pouvant rester humides.
- Avec des enfants : rester vigilant à proximité immédiate de la Garonne, dont les berges ne constituent pas une zone de baignade.
Un parcours ponctué de mémoire et de patrimoine
La promenade ne se limite pas à la nature. Près du Jardin botanique, un buste de Toussaint Louverture, figure de l’indépendance d’Haïti et de la lutte contre l’esclavage, rappelle les liens de Bordeaux avec l’histoire de la traite atlantique. Une plaque rend également hommage au poète bordelais Jean de La Ville de Mirmont, mort en 1914 à l’âge de 28 ans.
Le paysage offre en permanence un dialogue entre les arbres de la rive droite et la ville de pierre située de l’autre côté du fleuve. Les ponts, les anciens bâtiments industriels et les installations portuaires ajoutent une dimension urbaine à cette balade consacrée à la biodiversité.
Accès et idées pour prolonger la sortie
Le tram A permet d’approcher la partie centrale du parc depuis l’arrêt Stalingrad. On peut ensuite rejoindre les quais à pied ou poursuivre vers le Jardin botanique. Les accès piétons et cyclables des ponts de pierre et Jacques Chaban-Delmas facilitent la création d’une boucle reliant les deux rives.
Pour varier les découvertes à proximité, il est possible de consulter la fiche de D’ n S à Bordeaux. Les familles attirées par les sciences et les expériences immersives peuvent aussi compléter la promenade avec Mondes disparus.
Le principal intérêt du Parc aux Angéliques réside finalement dans cette alliance entre nature spontanée, conception paysagère et mémoire industrielle. C’est un espace vivant plutôt qu’un jardin ornemental figé : chaque saison modifie les prairies, les feuillages et la perception des berges de la Garonne.
Infos pratiques

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Fiche créée le 19/07/2026, dernière mise à jour le 19/07/2026.

