Réservoirs de Piraillan à Lège-Cap-Ferret, une balade sauvage entre eau et pinède
Lège-Cap-Ferret - Gironde
À Lège-Cap-Ferret, les Réservoirs de Piraillan offrent une balade paisible entre eaux saumâtres, pinède, dunes boisées et héronnière. Deux sentiers permettent d’observer oiseaux, plantes et traces de l’ancienne pisciculture dans un paysage reconquis par la nature.
Les Réservoirs de Piraillan, une parenthèse sauvage au cœur de la presqu’île
Entre le Bassin d’Arcachon et l’océan Atlantique, les Réservoirs de Piraillan forment un espace naturel protégé où l’eau, la pinède et les anciennes dunes composent un paysage très différent des plages et villages ostréicoles voisins. Le site s’étend sur environ 39 hectares, dont 6 hectares de plans d’eau entourant quatre petits îlots boisés.
Propriété du Conservatoire du littoral et géré par la commune de Lège-Cap-Ferret, le lieu est ouvert à la promenade libre. C’est l’un des sites les plus intéressants de la presqu’île pour observer la faune, découvrir différents milieux naturels et comprendre comment un paysage autrefois profondément façonné par l’homme a progressivement retrouvé un fonctionnement beaucoup plus sauvage.
Des réservoirs créés pour la pisciculture au XIXe siècle
Le paysage actuel n’est pas entièrement naturel. À l’origine se trouvait une dépression reliée au Bassin d’Arcachon, localement appelée une escourre. Dans le dernier quart du XIXe siècle, la famille Lesca transforme progressivement cet espace. Frédéric Lesca acquiert les terrains en 1876 et des bassins sont aménagés pour l’élevage de poissons.
La forêt était elle aussi exploitée. Les pins fournissaient du bois et de la résine grâce au gemmage, pratique traditionnelle consistant à inciser les troncs pour récolter la résine. Certains vieux pins conservent encore aujourd’hui les cicatrices caractéristiques de cette activité, véritables traces visibles de l’histoire économique du site.
Le lieu est classé dès 1943. Malgré cette protection, un camping y est installé au début des années 1960. Après son acquisition par l’État dans les années 1970, le site est finalement débarrassé de ses installations de camping en 1995 puis réhabilité. Le Conservatoire du littoral en devient propriétaire en 1996, ouvrant une nouvelle période consacrée à la restauration écologique et à l’accueil du public.
Une spectaculaire reconquête par la nature
La disparition progressive des aménagements humains a permis à la végétation et à la faune de recoloniser les lieux. Aujourd’hui, les Réservoirs de Piraillan alternent eaux saumâtres, bordures de prés salés, dune boisée, sous-bois, clairières et pinède. Cette mosaïque de milieux explique une grande partie de leur richesse écologique.
La commune recense jusqu’à environ 350 espèces végétales sur l’ensemble du site. On y rencontre notamment des plantes caractéristiques des prés salés, de la dune fixée et de la pinède, parmi lesquelles l’armoise maritime, l’ail cilié, différentes silènes, la ciste à feuilles de sauge ou encore la bugrane épineuse.
Certains arbres sont eux-mêmes remarquables : la partie basse conserve de très vieux pins maritimes, tandis que des chênes, trembles, fougères, bruyères et mousses donnent aux sous-bois des ambiances très différentes selon la saison.
Une centaine d’espèces d’oiseaux selon les saisons
Les oiseaux constituent l’une des grandes richesses des Réservoirs de Piraillan. Selon la période de l’année, une centaine d’espèces peuvent fréquenter le site. Les quatre îlots au milieu des bassins offrent des espaces tranquilles où les oiseaux peuvent notamment se reproduire à l’écart des visiteurs.
La héronnière est particulièrement remarquable. Hérons cendrés et aigrettes garzettes utilisent les îlots, tandis que les grands cormorans viennent régulièrement pêcher dans les bassins. On peut également observer des canards sauvages et, selon les saisons, d’autres espèces liées aux zones humides ou aux milieux forestiers.
Les vieux arbres creux constituent un autre habitat précieux. Pics, sittelles torchepots, mésanges, huppes fasciées et chouettes profitent des nombreuses cavités disponibles pour s’abriter ou nicher.
Pourquoi trouve-t-on autant de poissons dans les bassins ?
Les anciens réservoirs piscicoles restent reliés au Bassin d’Arcachon par un système hydraulique. La garde du littoral manœuvre régulièrement l’écluse afin de faire entrer et sortir l’eau : les réservoirs peuvent ainsi, selon l’expression locale, « boire » et « déboire ».
Avec l’eau arrivent différentes espèces aquatiques. Bars, mulets, carrelets, dorades et crevettes font notamment partie des animaux recensés dans les réservoirs. Cette abondance de nourriture explique la présence régulière d’oiseaux piscivores comme les hérons, aigrettes ou cormorans.
Chevreuils, blaireaux et autres habitants des sous-bois
La vie sauvage ne se limite pas aux oiseaux. Les zones boisées accueillent plusieurs mammifères, parmi lesquels chevreuils, blaireaux, martres, renards et belettes. Des espèces beaucoup plus discrètes vivent également dans la végétation dense, notamment différentes musaraignes.
Il est possible d’apercevoir un chevreuil traversant une zone ouverte ou sortant d’un îlot, mais une visite réussie repose davantage sur l’observation patiente que sur la recherche systématique des animaux. Rester discret et prendre le temps de regarder les lisières, l’eau et la cime des arbres augmente considérablement les chances de repérer de l’activité.
Deux sentiers balisés pour découvrir les Réservoirs de Piraillan
Deux parcours d’interprétation permettent de visiter facilement le site sans quitter les chemins aménagés. Ils sont tous deux considérés comme faciles et peuvent être parcourus indépendamment.
Le Chemin des Mousses : la balade la plus complète
Le Chemin des Mousses est le circuit principal. Long d’environ 2,1 km, il demande autour de 40 minutes de marche et se suit grâce à un balisage vert. Il permet d’explorer plus largement les bois et les abords des réservoirs, avec plusieurs changements d’ambiance entre pinède, clairières et zones humides.
Des bancs associés aux quatre saisons invitent à s’arrêter pour observer le paysage. Le parcours prend tout son intérêt lorsqu’on accepte justement de ralentir : le calme permet d’entendre les oiseaux et de repérer plus facilement les mouvements dans les arbres ou autour de l’eau.
Point de vue, image d’un monde : un circuit court et historique
Le second itinéraire, « Point de vue, image d’un monde », est beaucoup plus court : environ 600 mètres pour une dizaine de minutes, avec un balisage bleu. Il est particulièrement intéressant pour comprendre l’évolution du paysage.
Des installations inspirées des anciennes chambres photographiques et plusieurs bornes d’interprétation racontent l’exploitation piscicole et forestière du XIXe siècle puis la sauvegarde et la renaturation du site. Ce parcours est donc une bonne option lorsque l’on dispose de peu de temps ou pour une première découverte avec des enfants.
Un parcours d’interprétation intégré dans le paysage
L’aménagement réalisé pour accueillir les visiteurs a volontairement été conçu de manière discrète. Depuis 2008, panneaux sérigraphiés, bornes en bois et lave émaillée, bancs et dispositifs inspirés de chambres photographiques permettent de mieux comprendre le site sans transformer la promenade en exposition classique.
Le relief offre également plusieurs ouvertures intéressantes. Depuis la partie haute de la dune boisée, les trouées entre les pins permettent d’apercevoir le Bassin d’Arcachon et l’Île aux Oiseaux. Le contraste entre forêt, bassins et grands horizons constitue l’un des charmes particuliers de cette balade.
Visites guidées pour aller plus loin
Le site se visite librement toute l’année et l’accès à la promenade est gratuit. En saison, l’Office de tourisme propose également des visites guidées naturalistes d’environ deux heures, organisées en petits groupes.
Ces sorties permettent de mieux comprendre le fonctionnement hydraulique des réservoirs, l’histoire de la pisciculture, le gemmage des pins et la richesse de la faune et de la flore. La visite guidée est particulièrement intéressante pour repérer des détails qu’un promeneur non spécialiste pourrait facilement manquer. Son tarif reste modéré, autour de 4,50 € par adulte et 3 € pour les enfants de 5 à 12 ans, avec réservation et billetterie auprès de l’Office de tourisme.
Conseils pour observer les animaux
Des jumelles sont particulièrement utiles autour des plans d’eau et de la héronnière. Les oiseaux se découvrent mieux à distance, sans chercher à rejoindre les îlots, qui constituent précisément des zones de tranquillité essentielles à leur reproduction.
Les espèces visibles changent avec les saisons. Le printemps est animé par la reproduction de nombreux oiseaux, tandis que l’hiver peut notamment offrir de belles observations de grands cormorans autour des réservoirs. La végétation transforme elle aussi complètement l’ambiance du site au fil de l’année.
Pour profiter pleinement de la promenade, mieux vaut avancer calmement, éviter les conversations trop bruyantes et régulièrement s’arrêter quelques minutes. Dans ce type de milieu, beaucoup d’animaux sont repérés d’abord par un bruit, un chant ou un mouvement avant d’être réellement observés.
Un espace protégé avec quelques règles simples
La richesse du site repose en grande partie sur la tranquillité des milieux. Il est donc demandé de respecter strictement la réglementation : la chasse et la pêche sont interdites, tout comme la cueillette des fleurs ou des fruits, les feux, le bivouac et le camping. Les véhicules motorisés ne sont pas autorisés à l’intérieur du site.
Les chiens sont admis uniquement tenus en laisse. Cette précaution est particulièrement importante à proximité des secteurs de reproduction des oiseaux et des zones fréquentées par les mammifères sauvages.
Comment organiser sa visite ?
L’entrée principale se trouve le long de la route départementale traversant la presqu’île. Un parking est aménagé près de la barrière d’entrée ; un autre accès piéton existe également. Une fois le portail franchi, les différents parcours sont indiqués par leur balisage.
Une visite rapide peut se limiter au circuit historique, tandis que le Chemin des Mousses convient mieux si l’objectif est de découvrir réellement les différents paysages. Pour les passionnés de nature, il est facile de rester plus longtemps que la durée théorique du parcours en multipliant les pauses d’observation.
Que faire ensuite sur la presqu’île ?
La visite s’intègre facilement dans une journée consacrée aux paysages naturels de Lège-Cap-Ferret. Pour passer ensuite du calme des réservoirs à l’Atlantique, la plage océane de l’Horizon au Cap Ferret offre un tout autre décor, avec une grande plage ouverte sur les vagues et accessible notamment par le célèbre petit train.
Pour retrouver ensuite l’identité ostréicole du Bassin, une halte chez Boulan au Cap Ferret permet de découvrir une cabane de dégustation réputée face à la conche du Mimbeau et à la Dune du Pilat.
Si le séjour se poursuit sur l’autre rive du Bassin, la sélection que faire à Arcachon : activités, plages et sorties rassemble également des idées de balades, loisirs nautiques, panoramas et découvertes à combiner avec cette escapade nature.
Pourquoi visiter les Réservoirs de Piraillan ?
Les Réservoirs de Piraillan ne sont ni un parc aménagé classique ni un simple étang de promenade. Leur intérêt vient précisément de la rencontre entre histoire humaine et reconquête naturelle. Les bassins rappellent la pisciculture du XIXe siècle, les vieux pins portent les traces du gemmage et l’ancien camping a presque entièrement disparu sous la végétation.
À quelques kilomètres seulement des plages très fréquentées du Cap Ferret, on découvre ainsi un paysage calme où une héronnière, des centaines d’espèces végétales, des mammifères forestiers et toute une faune aquatique cohabitent sur quelques dizaines d’hectares. C’est une balade accessible, gratuite et particulièrement riche pour qui prend le temps d’observer.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 4-6 ans
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans

Animaux
- En laisse
Où se trouve Réservoirs de Piraillan ?
Autres activités à proximité(5)

Guide de poche intelligent
L'appli gratuite qui trouve les meilleures idées de sorties
Fiche créée le 25/02/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.






