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Verdelais, parcourir un village de pèlerinage entre basilique, Toulouse-Lautrec, calvaire et panoramas viticoles

Verdelais

En bref

  • Verdelais s’est développé autour d’un grand sanctuaire marial dont l’histoire religieuse structure encore tout le village.
  • La basilique conserve une ancienne statue polychrome de Notre-Dame, un retable du XVIIe siècle, vitraux, reliques et nombreux ex-voto.
  • Henri de Toulouse-Lautrec repose dans le cimetière du village aux côtés de sa mère.
  • Quatorze chapelles jalonnent le chemin de croix jusqu’au calvaire du mont Cussol et à ses vastes panoramas sur le Sud-Gironde.
  • La légende du Pas de la Mule raconte la redécouverte miraculeuse d’une statue de la Vierge sous une pierre marquée par le sabot d’une mule.
  • Les Pistes de Robin proposent une boucle ludique d’environ 2 kilomètres pour découvrir les secrets du village en famille.

Verdelais, village de pèlerinage au cœur du Sud-Gironde

Entre coteaux viticoles et vallée de la Garonne, Verdelais est un petit bourg de caractère dont l’identité s’est construite autour de l’un des grands sanctuaires mariaux de Nouvelle-Aquitaine. Son ensemble architectural forme un parcours particulièrement cohérent : les allées ombragées conduisent à la basilique Notre-Dame, puis au cimetière où repose Henri de Toulouse-Lautrec et au chemin de croix qui gravit le mont Cussol jusqu’au calvaire et à son panorama.

La découverte ne s’adresse pas seulement aux pèlerins. Elle intéressera aussi les amateurs d’architecture religieuse, d’histoire locale, de paysages viticoles et de promenades. Le centre ancien est un site inscrit et conserve l’atmosphère paisible d’un village longtemps organisé pour recevoir des foules de fidèles.

Neuf siècles d’histoire entre foi, destructions et renaissances

L’histoire traditionnelle du sanctuaire commence avec Géraud de Graves, chevalier originaire de Saint-Macaire parti pour la première croisade. Il aurait promis d’élever une chapelle à la Vierge s’il revenait vivant de Terre sainte. De retour au pays, il se serait retiré dans la vallée boisée du Luc, où il aurait bâti une chapelle et placé une statue de Marie.

Des moines grandmontains s’installent sur place au XIIe siècle et structurent le premier établissement religieux. Les guerres et les incendies endommagent ensuite le sanctuaire à plusieurs reprises. Les Célestins, arrivés au XVIIe siècle, reconstruisent et agrandissent l’ensemble dans un esprit baroque. Au XIXe siècle, les Pères maristes et le cardinal Donnet lancent une nouvelle campagne de travaux : bas-côtés, clocher, chemin de croix et calvaire donnent alors au site l’essentiel de son visage actuel. L’église reçoit le titre de basilique mineure en 1924.

Le pèlerinage a même transformé la géographie administrative locale : le nom de Verdelais, attaché au sanctuaire, a progressivement supplanté celui d’Aubiac pour désigner la commune.

La basilique Notre-Dame et ses trésors

La basilique associe des murs hérités du Moyen Âge à des transformations des XVIIe et XIXe siècles. Sa façade monumentale et son clocher dominent le parvis. Au sommet, une statue dorée de la Vierge, haute de 3,75 mètres, veille sur le village.

À l’intérieur, il faut prendre le temps d’observer :

  • la statue de Notre-Dame de Verdelais, en bois de châtaignier polychrome, datée de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle ;
  • le retable de 1666, rythmé par six colonnes de marbre rouge et des chapiteaux dorés ;
  • les vitraux racontant les grands épisodes du pèlerinage ;
  • les nombreux ex-voto, plaques, cœurs et maquettes de bateaux laissés en remerciement par les fidèles ;
  • le reliquaire de sainte Exupérance et les différents autels latéraux.

La basilique reste un lieu de culte actif. Elle peut se découvrir individuellement toute l’année, en dehors des offices et cérémonies qu’il convient de respecter. Une visite guidée doit être organisée à l’avance auprès du sanctuaire.

Les Allées et l’ancien couvent des Célestins

Devant la basilique, Les Allées constituent le cœur du village. Cette vaste promenade plantée de deux doubles rangées de tilleuls permettait autrefois de rassembler des centaines de pèlerins. Hôtels, auberges et boutiques bordaient alors l’esplanade. Aujourd’hui, elle offre une entrée en matière agréable et permet de comprendre immédiatement comment le bourg s’est organisé autour de l’accueil des visiteurs.

À côté de l’église, l’ancien couvent des Célestins s’articule autour de deux cloîtres. Le plus ancien conserve des galeries superposées en anse de panier. Les bâtiments accueillent désormais notamment le presbytère, la mairie, l’école et le musée d’Art sacré.

Le musée d’Art sacré, mémoire des pèlerinages

Créé en 1990 dans une aile de l’ancien couvent, le musée rassemble des objets provenant en grande partie de la basilique et des dons accumulés au fil des siècles. Ses collections comprennent de l’orfèvrerie religieuse, des chasubles, des statues en bois, des manteaux de la Vierge, des ex-voto peints ou marins et des maquettes de navires.

La visite permet de mieux saisir la dimension humaine du pèlerinage : chaque objet raconte une prière, une épreuve traversée ou une gratitude. Le musée se visite toute l’année uniquement sur rendez-vous et fonctionne avec une participation libre. Il faut donc prendre contact en amont plutôt que compter sur une ouverture spontanée.

De Toulouse-Lautrec au calvaire du mont Cussol

Depuis le centre, un large escalier mène au cimetière. Henri de Toulouse-Lautrec y repose auprès de sa mère. Le peintre est mort en 1901 au château de Malromé, situé dans la commune voisine de Saint-André-du-Bois, où il avait régulièrement séjourné.

Le parcours se prolonge par le chemin de croix. Un premier calvaire de quatre chapelles avait été établi à la fin du XVIIe siècle. L’ensemble monumental actuel a été aménagé au XIXe siècle : quatorze chapelles jalonnent la montée et abritent des hauts-reliefs en grès céramique. Au sommet se dressent trois grandes croix métalliques, substituées aux croix de bois endommagées par les orages.

La montée présente un double intérêt, religieux et paysager. Depuis les hauteurs, le regard porte sur le Sud-Gironde, le Sauternais, la vallée de la Garonne et plusieurs domaines viticoles célèbres. Par temps particulièrement clair, le panorama du secteur du moulin peut même laisser apparaître les Pyrénées. Des chaussures offrant une bonne adhérence sont préférables pour cette partie en coteau.

Le moulin de Cussol et la légende du Pas de la Mule

Sur les hauteurs, le moulin à vent de Cussol rappelle les nombreux moulins autrefois installés sur les crêtes. Sauvé de la ruine par une association locale, il a retrouvé son appareillage de meunerie. Le site constitue également l’un des meilleurs points de vue de la commune.

À l’écart du centre se trouve le Pas de la Mule, associé à la légende la plus célèbre de Verdelais. Selon la tradition, la statue de la Vierge aurait été dissimulée sous terre après le pillage de la chapelle. Vers 1390, la mule d’Isabelle de Foix se serait immobilisée dans les bois et aurait marqué une pierre de son fer. En faisant soulever cette pierre, la comtesse aurait retrouvé la statue intacte, avant de faire rebâtir la chapelle. Fontaine et sculptures commémorent encore ce récit, qu’il faut aborder comme une tradition religieuse ayant profondément nourri l’identité locale.

Balades à pied et découverte en famille

Plusieurs itinéraires permettent d’élargir la visite. Le parcours familial des Pistes de Robin propose une boucle facile de 2 kilomètres, annoncée pour environ une heure, afin de découvrir les secrets du bourg. Pour les marcheurs, la Boucle du Calvaire développe 9,3 kilomètres, avec une durée indicative de 2 h 40 et une difficulté moyenne. Elle relie patrimoine, vignobles et points de vue.

Verdelais constitue aussi une étape pertinente dans une escapade culturelle consacrée aux villages et vignobles de Gironde. À proximité, une journée peut se prolonger avec la cité médiévale, les monuments souterrains et les domaines présentés dans notre guide des visites et activités à Saint-Émilion.

Conseils pratiques pour organiser la visite

  • Commencez par Les Allées, puis découvrez la basilique avant de monter vers le cimetière, le chemin de croix et le calvaire : cet ordre rend l’histoire du lieu plus lisible.
  • Le bourg, les allées et les parcours extérieurs se découvrent librement, mais les cérémonies religieuses peuvent modifier ponctuellement les conditions de visite de la basilique.
  • Réservez impérativement si vous souhaitez entrer au musée d’Art sacré ou bénéficier d’une visite guidée.
  • Un parking est signalé dans le village et un stationnement pour autocars est prévu. Une aire de pique-nique, un café-bar et des possibilités de restauration sont également recensés.
  • Prévoyez de l’eau et des chaussures adaptées si vous poursuivez jusqu’au mont Cussol ou choisissez la boucle de randonnée.
  • Les informations officielles ne permettent pas de garantir un parcours intégralement accessible en fauteuil roulant, notamment pour la montée en coteau. Il est prudent de vérifier les conditions d’accès propres à chaque monument avant le déplacement.

Pour profiter pleinement de Verdelais, mieux vaut prévoir au minimum une demi-journée : le village révèle son intérêt dans l’enchaînement des lieux, depuis le parvis et les cloîtres jusqu’aux chapelles du calvaire et aux panoramas du mont Cussol.

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Fiche créée le 16/10/2025, dernière mise à jour le 16/10/2025.