Bourg, cité de caractère entre Dordogne, remparts et vignobles
Bourg - Gironde
À Bourg, ville haute, port et remparts composent une cité de caractère dominant la Dordogne. Ruelles pentues, lavoir, jardins, panoramas et patrimoine souterrain racontent deux millénaires d’histoire entre fleuve et vignoble.
Bourg, une cité de caractère suspendue au-dessus de la Dordogne
Accrochée à un promontoire calcaire, à une quarantaine de kilomètres au nord de Bordeaux, Bourg offre un remarquable dialogue entre patrimoine, fleuve et vignoble. La cité se découvre sur deux niveaux : la ville haute, protégée par ses anciens remparts, et la ville basse, développée autour du port. Escaliers, ruelles pentues et passages fortifiés relient ces deux visages.
Souvent appelée Bourg-sur-Gironde, la commune borde aujourd’hui la Dordogne, près de sa rencontre avec la Garonne. Cette apparente contradiction s’explique par l’allongement progressif du Bec d’Ambès sous l’effet des alluvions. Bourg, autrefois placée au voisinage immédiat de la confluence, s’est ainsi retrouvée en amont du point où commence officiellement l’estuaire.
Labellisée Petite Cité de Caractère, Bourg séduit moins par un monument isolé que par un ensemble cohérent de maisons anciennes, portes, quais, jardins et panoramas. Ses espaces extérieurs se parcourent librement et gratuitement.
Des origines gallo-romaines à la cité fortifiée
L’histoire locale plonge ses racines dans l’Antiquité. Au IVe siècle, le poète Ausone aurait possédé une villa sur les coteaux de Bourg, au lieu-dit Les Gogues. Paulin de Nole décrivit cette demeure comme une rivale des villas de Rome, témoignage de l’art de vivre qui se développait déjà sur les rives de la Dordogne.
Au Moyen Âge, la position de Bourg en fait un point stratégique pour surveiller la navigation et protéger Bordeaux. La cité, longtemps liée à la couronne anglaise, obtient le statut de commune en 1261. Port actif, place militaire et centre viticole, elle se fortifie derrière des murailles et des portes dont plusieurs vestiges structurent encore la promenade.
Au XVIe siècle, le duc d’Épernon renforce la citadelle, considérée comme l’un des verrous défensifs de Bordeaux. En septembre 1650, pendant la Fronde, Anne d’Autriche, Mazarin et le jeune Louis XIV séjournent à Bourg. Après la répression de la révolte, une partie des fortifications et de la citadelle est démantelée. Le château visible aujourd’hui est une chartreuse néoclassique reconstruite au XVIIIe siècle, entourée d’un jardin à la française.
Parcours conseillé entre ville haute et port
Une première découverte peut commencer autour de la halle et de l’ancien Hôtel de la Jurade. La halle actuelle, portée par quatorze colonnettes en fonte, date de 1867 et perpétue une tradition commerciale attestée dans ce quartier depuis le Moyen Âge. Elle accueille encore un marché régulier de producteurs et de commerçants locaux.
Rejoignez ensuite les jardins et la terrasse de la Citadelle. Le promontoire ouvre une vue étendue sur la Dordogne, l’île et le Bec d’Ambès, les coteaux viticoles et les toits de la ville basse. Les vestiges de remparts, la Porte de Blaye et les anciennes maisons des XVe et XVIe siècles rappellent le caractère défensif de la cité.
La descente vers le port constitue l’un des moments les plus pittoresques de la visite. Plusieurs itinéraires sont possibles :
- la Porte de la Mer, également appelée porte Batailleyre, passage médiéval inscrit au titre des monuments historiques ;
- l’Escalier du Roy, qui plonge entre les façades de pierre ;
- la rue de la Gouttinière et son arceau, autre liaison ancienne entre les deux niveaux.
En bas, les quais rappellent l’époque où gabares et bateaux de commerce transportaient vins et marchandises vers Bordeaux. Le port est resté très actif jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Pour approfondir ce lien avec le territoire, l’itinéraire à vélo entre le port de Bourg et la grotte de Pair-non-Pair emprunte le Canal des Deux Mers à vélo à travers les paysages viticoles du Bourgeais.
Le lavoir, la « chambre des députées » de Bourg
Au pied de la falaise se cache un élégant lavoir couvert construit en 1828 par l’architecte Robert, à proximité d’une source utilisée depuis une époque ancienne. Ses deux bassins avaient des fonctions distinctes : le plus grand servait au lavage et le second au rinçage du linge.
Le lieu a conservé une savoureuse anecdote. Les conversations des lavandières y étaient réputées si animées que les hommes le surnommèrent « la chambre des députées ». Cette étape pleine de fraîcheur permet de lire l’histoire quotidienne de Bourg, loin des seules batailles et visites royales.
Musée de la Citadelle, calèches et patrimoine souterrain
Le parc de la Citadelle abrite un musée de France consacré notamment aux voitures hippomobiles. La collection provient du travail d’Abel Rabotin, qui restaura dans sa propriété de Saint-Seurin-de-Bourg de nombreuses calèches, selles et pièces de harnachement. Après sa disparition, la commune acquit cet ensemble et fit édifier un musée évoquant l’architecture des anciennes écuries.
La visite guidée, d’une durée d’environ une heure et quart, dévoile aussi le souterrain cavalier du XVIe siècle, dernier grand vestige de la citadelle d’Épernon. Le parcours descend ensuite dans d’anciennes carrières de pierre réutilisées pendant la Seconde Guerre mondiale. Sept cuves monumentales en béton armé y furent construites pour stocker des hydrocarbures ; certaines atteignent environ 70 mètres de longueur. Leur volume et leur acoustique donnent à cet espace l’allure insolite d’une cathédrale industrielle.
Le musée fonctionne principalement pendant la saison touristique et les visites de groupes nécessitent une réservation. Le plein tarif individuel est d’environ 6 €, avec des réductions et des gratuités selon l’âge ou la situation. Des chaussures confortables sont recommandées, car la visite comprend des escaliers et une marche entre le musée et les cuves. L’accès du musée n’est que partiel pour les personnes à mobilité réduite.
Vignoble des Côtes de Bourg et légende de la Figue
Bourg est le berceau de l’appellation Côtes de Bourg. Les coteaux environnants, bien exposés au-dessus de l’estuaire, produisent principalement des vins rouges, auxquels s’ajoutent des blancs. Une halte à la Maison des Vins permet de mieux comprendre le terroir et de découvrir une sélection issue des propriétés voisines.
La spécialité sucrée locale est la Figue de Bourg, une confiserie mêlant pâte d’amandes, figue, crème, alcool de figue et chocolat. Sa légende renvoie au séjour de Louis XIV : trop petit pour atteindre un fruit dans un jardin, le jeune roi aurait été soulevé par un moine, geste alors considéré comme une atteinte à la majesté royale. Anne d’Autriche aurait gracié le religieux, et les habitants auraient planté des figuiers en souvenir de l’épisode.
Des visites guidées saisonnières associent le patrimoine de la ville haute et basse à une dégustation de cette gourmandise. Elles durent généralement autour d’une heure et demie et coûtent environ 5 € par adulte, avec gratuité annoncée pour les plus jeunes.
Balades, jeux de piste et Route de la Corniche
Pour les familles, un rallye pédestre gratuit propose dix énigmes réparties entre la halle, les portes anciennes et les jardins de la Citadelle. Un parcours Terra Aventura et un City Golf de dix trous permettent également d’aborder le patrimoine de manière ludique.
Au pied des remparts, le parc de l’Esconge forme une pause agréable autour d’un étang. Il dispose de tables de pique-nique et d’une aire de jeux, sous le panorama de la Citadelle. Une petite boucle relie le port, le parc et le lavoir, mais les escaliers et le relief rendent la visite complète plus exigeante avec une poussette ou un fauteuil roulant.
Bourg marque aussi l’une des entrées de la Route de la Corniche Fleurie. Sur une douzaine de kilomètres, cette route étroite longe l’estuaire entre falaises calcaires, maisons de capitaines, jardins exotiques, carrelets et anciennes habitations troglodytiques. Elle se prête à une progression lente, à pied, à vélo ou en voiture, en respectant les riverains et les portions resserrées.
Conseils pour organiser la visite
- Durée : prévoir au moins une demi-journée pour la ville haute, le port et le lavoir ; une journée entière permet d’ajouter le musée, le vignoble ou la Corniche.
- Équipement : choisir des chaussures confortables, car les pavés, pentes et escaliers font partie du charme du parcours.
- Meilleur point de départ : les secteurs du port ou du centre permettent de construire une boucle, à condition d’accepter un dénivelé entre les deux villes.
- Avec des enfants : alterner monuments, jeu de piste et pause au parc de l’Esconge.
- Par mauvais temps : vérifier les visites du musée ou compléter la journée par une séance au cinéma Villa Monciné.
Venir à Bourg depuis Bordeaux
En voiture, Bourg est accessible depuis l’agglomération bordelaise par l’A10 puis les routes du Cubzaguais. La gare ferroviaire la plus proche se trouve à Saint-André-de-Cubzac ; il faut ensuite prévoir une correspondance routière. Le Canal des Deux Mers à vélo offre une autre approche, particulièrement adaptée aux voyageurs itinérants.
Bourg constitue une excursion complémentaire à un séjour urbain : après les remparts, le port et le vignoble, la page consacrée aux activités, visites et idées de sorties à Bordeaux permet de retrouver les quais de Garonne, les jardins, le patrimoine monumental et les expériences culturelles de la métropole.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans
- Animations enfants

Parcours commenté entre ville haute, port, monuments et patrimoine souterrain, suivi d’une dégustation de la spécialité locale.
Du 29 juillet 2026 au 31 octobre 2026
Fête foraine organisée au port, avec animations, restauration, vide-greniers et feu d’artifice au cours de la manifestation.
Du 4 au 13 septembre 2026
Où se trouve Bourg ?
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Fiche créée le 16/10/2025, dernière mise à jour le 16/10/2025.






