Église Saint-Barthélémy à Cahors, sur les traces du pape Jean XXII
Cahors - Lot
Dans la ville haute de Cahors, découvrez une église gothique étroitement liée au pape Jean XXII. Clocher de brique, architecture inachevée et peintures médiévales racontent un patrimoine discret et fascinant.
Une église médiévale discrète au sommet du vieux Cahors
Dans le quartier historique des Soubirous, l’église Saint-Barthélémy se révèle progressivement entre les anciennes rues de la ville haute et la falaise qui domine la boucle du Lot. Sa silhouette relativement sobre contraste avec son imposant clocher-porche gothique, élevé en grande partie en brique et percé de trois niveaux de baies en arc brisé. L’édifice mérite autant l’attention pour son architecture que pour le lien exceptionnel qui l’unit au pape Jean XXII.
Saint-Barthélémy se trouvait sur l’axe principal de la ville médiévale, près de la route qui permettait de quitter Cahors par le nord. Elle appartient aujourd’hui à un ensemble patrimonial particulièrement évocateur, voisin de la tour Jean XXII et des anciens palais fortifiés des Soubirous. Classée monument historique depuis 1933, elle constitue une étape intéressante pour comprendre un secteur moins fréquenté que la cathédrale ou le pont Valentré.
De Saint-Étienne des Soubirous à l’église de Jean XXII
À l’origine, le sanctuaire portait le nom de Saint-Étienne des Soubirous, expression issue de « superioribus » et renvoyant aux quartiers hauts de Cahors. Il pourrait appartenir aux établissements religieux mentionnés dès le VIIe siècle dans le testament de saint Didier. Un pan de mur du XIIe siècle représente le vestige le plus ancien encore conservé.
L’histoire du monument change d’échelle au XIVe siècle. Jacques Duèze, né à Cahors et baptisé dans cette paroisse, devient pape sous le nom de Jean XXII. Alors que l’ancienne église est en mauvais état, il donne l’impulsion à une reconstruction ambitieuse à partir des années 1320. Plusieurs membres de la famille Duèze fondent ensuite des chapelles ou chapellenies dans le nouvel édifice.
Le chantier n’est toutefois jamais complètement achevé. Le chœur prévu au nord ne voit pas le jour et certaines voûtes pourraient seulement dater de la première moitié du XVe siècle. Cette histoire interrompue explique plusieurs particularités visibles dans le bâtiment, notamment son mur de fermeture au nord et les différences entre certains supports. En 1644, l’église est rattachée au grand séminaire établi à proximité.
Une architecture gothique méridionale adaptée au terrain
L’église adopte une disposition nord-sud inhabituelle pour un sanctuaire chrétien. Ce choix répond aux contraintes d’un site resserré entre la falaise et les anciennes fortifications. La reconstruction a ainsi privilégié l’espace disponible plutôt que l’orientation traditionnelle vers l’est.
L’édifice offre plusieurs traits caractéristiques du gothique méridional :
- une large nef unique couverte de voûtes sur croisées d’ogives ;
- des chapelles aménagées entre les puissants contreforts ;
- l’absence d’arcs-boutants extérieurs ;
- un clocher quadrangulaire dominant le porche ;
- une construction principalement en pierre de taille, tandis que la tour-clocher fait largement appel à la brique.
Sous le porche, le visiteur attentif peut repérer un enfeu funéraire orné d’un gable et de pinacles, ainsi qu’un portail à plusieurs voussures surmonté d’arcatures trilobées aveugles. À l’intérieur, les clefs de voûte, chapiteaux et culots sculptés déclinent feuillages, visages, animaux et motifs héraldiques. L’une des clefs porte notamment l’Agneau mystique.
Peintures médiévales, chapelles et mobilier remarquable
L’intérêt de Saint-Barthélémy ne se limite pas à son enveloppe architecturale. Une chapelle conserve des peintures monumentales médiévales redécouvertes lors de restaurations au XXe siècle. Leur programme comprend notamment le Jugement dernier, le Couronnement de la Vierge, un Calvaire et le Dit des trois morts et des trois vifs, thème moral très répandu à la fin du Moyen Âge.
Le mobilier permet ensuite de suivre plusieurs siècles d’art religieux. On y trouve une série de tableaux allant du XVIIe au XIXe siècle, des retables, des reliquaires et plusieurs sculptures. La chaire à prêcher en bois sculpté, commandée en 1663 au maître menuisier cadurcien Bertrand Rouzières, compte parmi les pièces les plus signalées. Un rare escalier de bois montant vers la tour s’enroule autour d’un pilier central selon une structure qui repose sur son propre assemblage.
Les détails les plus intéressants gagnent à être observés avec un guide : enfeus peints, armoiries devenues difficiles à lire, différences de traitement entre les campagnes de voûtement et traces du projet architectural resté inachevé composent une véritable lecture de l’histoire du bâtiment.
Comment découvrir l’intérieur de Saint-Barthélémy
La visite libre porte actuellement sur l’extérieur du monument. L’intérieur se découvre uniquement dans le cadre d’une visite guidée consacrée au quartier des Soubirous. Il est donc prudent de consulter le programme actualisé des visites patrimoniales de Cahors avant de se déplacer spécialement pour entrer dans l’église. Les conditions proposées par l’office de tourisme peuvent dépendre du calendrier des visites.
Même sans accès intérieur, l’arrêt reste pertinent : prenez le temps de contourner l’édifice, d’observer le contraste entre le calcaire et la brique, puis de replacer le clocher dans le paysage de la ville haute. La proximité de la tour Jean XXII aide à comprendre les liens entre la paroisse médiévale et la famille Duèze.
Accès et conseils pour une promenade dans les Soubirous
L’église se situe à courte distance du boulevard Gambetta. L’arrêt de car liO « Cahors – De Gaulle » se trouve à environ 140 mètres, tandis que la gare ferroviaire de Cahors est distante d’environ 800 mètres. Les rues anciennes et le relief de la ville haute invitent à prévoir des chaussures confortables.
Pour enrichir la promenade, il est intéressant d’arriver par les ruelles médiévales, de repérer les vestiges des fortifications et de poursuivre autour de la tour Jean XXII. La page Que faire à Cahors entre patrimoine, panoramas et loisirs permet de replacer cette étape dans une découverte plus large de la cité, du pont médiéval aux paysages du Lot.
La lumière extérieure met particulièrement bien en valeur les volumes du clocher et les contreforts. Une paire de jumelles compactes peut être utile pour distinguer les baies hautes et certains détails architecturaux. Comme il s’agit toujours d’un édifice religieux, une tenue et une attitude discrètes restent de mise lors des visites organisées ou des célébrations.
Prolonger la découverte autour de Cahors
Après cette immersion dans l’histoire urbaine, les visiteurs souhaitant changer de rythme peuvent découvrir Entr'ânes. Pour poursuivre sur le thème de l’architecture défensive médiévale dans les environs, le château fort de Roussillon à Saint-Pierre-Lafeuille forme un complément cohérent à la découverte des palais et fortifications du vieux Cahors.
Enfants & famille
- Convient aux ados 13-17 ans

Où se trouve Église Saint-Barthélémy ?
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Fiche créée le 24/03/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.






