Les Vivres de l'Art à Bordeaux, art contemporain dans les anciens Vivres de la Marine

En bref
- Le lieu mêle patrimoine néoclassique du XVIIIe siècle, ateliers d’artistes, galerie et sculptures monumentales dans les anciens Vivres de la Marine.
- Le site fut construit à partir de 1786 pour l’approvisionnement de la Marine royale et conserve encore l’inscription Vivres de la Marine sur son attique.
- Expositions, résidences, performances, concerts, DJ sets, théâtre, danse et marchés de créateurs renouvellent régulièrement la programmation.
- Les sculptures métalliques de Jean-François Buisson dialoguent avec les murs anciens et les installations accueillies en résidence.
- Un bunker allemand subsiste sous le jardin et n’ouvre qu’occasionnellement lors de visites patrimoniales spécifiques.
Un lieu d’art contemporain dans un monument de Bacalan
Les Vivres de l’Art occupent une partie des anciens Vivres de la Marine, dans le quartier bordelais des Bassins à flot. Le lieu associe patrimoine du XVIIIe siècle, ateliers d’artistes, galerie, sculptures monumentales et événements culturels. Cette rencontre entre architecture néoclassique et création contemporaine en fait une halte singulière, à proximité de la Cité du Vin et des quais de Garonne.
Le projet, également appelé « Le Domaine du Possible », s’organise autour de l’atelier du sculpteur Jean-François Buisson. Il ne fonctionne pas comme un musée doté d’une collection permanente et d’un parcours immuable : son visage évolue au rythme des résidences, expositions, installations, performances, concerts et rendez-vous associatifs.
Des Vivres de la Marine à un pôle artistique
L’ancien magasin des Vivres de la Marine fut commandé par la Marine royale en 1785 et construit à partir de 1786 sous la direction de l’architecte Joseph Teulère. Initialement implanté au bord de la Garonne, il servait à l’approvisionnement maritime. La création des quais à la fin du XIXe siècle l’a ensuite éloigné du fleuve.
Le bâtiment adopte un vocabulaire néoclassique. Sur l’attique, des attributs militaires et maritimes accompagnent encore le cartouche portant l’inscription « Vivres de la Marine ». Plusieurs destructions se sont succédé à partir du milieu du XIXe siècle, notamment lors du creusement des Bassins à flot et des transformations urbaines. La majeure partie de l’ensemble a finalement disparu en décembre 1980.
Les façades et toitures du grand bâtiment ainsi que celles des pavillons dits Garage de la Marine et Abattoir de la Marine sont classées au titre des Monuments historiques depuis le 22 mars 1991. C’est dans les anciens abattoirs que s’est développé le projet culturel actuel.
La renaissance des Vivres de l’Art
En 2003, Jean-François Buisson obtient une convention précaire lui permettant d’installer son atelier dans l’un des pavillons. Le second bâtiment se trouve alors dans un état très dégradé, avec une toiture effondrée et des dépôts sauvages. L’idée des Vivres de l’Art se structure en 2008, avant la signature en 2009 d’un bail emphytéotique avec la Ville de Bordeaux.
La réhabilitation ne cherche pas à effacer toutes les traces du passé. Elle transforme les pavillons historiques et leurs abords en espace de création ouvert sur la ville. Le site réunit aujourd’hui des ateliers, une galerie, un jardin partagé et la place Victor-Raulin, réaménagée sous le nom d’Open B’Art.
Que voir aux Vivres de l’Art ?
La visite commence souvent à l’extérieur. La place arborée accueille des sculptures, du mobilier détourné et des installations qui donnent immédiatement le ton. Les créations métalliques de Jean-François Buisson dialoguent avec les murs anciens, tandis que les œuvres accueillies en résidence renouvellent régulièrement le paysage.
La galerie présente des expositions individuelles ou collectives, parfois accompagnées de performances, de visites commentées ou de rencontres avec les artistes. L’association soutient des créateurs aux pratiques variées : sculpture, vidéo, photographie, arts plastiques, design issu du réemploi, art culinaire ou formes performatives.
Selon les dates, la programmation peut comprendre :
- des expositions et sorties de résidence ;
- des concerts, DJ sets et soirées en plein air ;
- du théâtre, de la danse et des performances ;
- des marchés de créateurs et banquets urbains ;
- des visites patrimoniales ponctuelles ;
- des événements mêlant plusieurs disciplines artistiques.
Certains rendez-vous sont gratuits, tandis que les concerts, spectacles et soirées peuvent nécessiter un billet payant ou une réservation. Un bar et une offre de restauration légère sont régulièrement proposés lors des événements, mais leur présence dépend de la programmation.
Un bunker sous le jardin
Le site conserve également un vestige de la Seconde Guerre mondiale : un bunker allemand longtemps enfoui. Son ouverture reste exceptionnelle, notamment lors de rendez-vous patrimoniaux. Les visites annoncées imposent un itinéraire balisé, des chaussures fermées et une lampe individuelle ; elles ne doivent donc pas être confondues avec une visite libre quotidienne.
Ce bunker ajoute une nouvelle strate à l’histoire du lieu. En quelques mètres, le visiteur passe ainsi du patrimoine logistique de la Marine royale aux traces de l’occupation allemande, puis à la création artistique du XXIe siècle.
Horaires, tarifs et conditions de visite
La place Open B’Art est annoncée comme ouverte à tous chaque jour, sans plage horaire fixe publiée. La galerie ouvre en fonction des expositions et adopte les horaires propres à chacune d’elles. Il est donc indispensable de consulter l’agenda avant de venir spécialement pour une exposition.
Les groupes sont accueillis sur rendez-vous. Les horaires parfois publiés par des annuaires généralistes ne doivent pas être considérés comme ceux de l’ensemble du site : les informations officielles récentes confirment un fonctionnement dépendant de la programmation.
Les conditions tarifaires sont elles aussi variables. L’accès à la place ou à certaines expositions peut être gratuit, alors que les concerts, spectacles et soirées disposent de leur propre billetterie. Les événements les plus demandés peuvent afficher une jauge limitée et recommander l’achat d’une prévente.
Accessibilité et conseils pratiques
L’accessibilité dépend des espaces et du format de visite. Pour une visite patrimoniale récente du bunker, l’accès des personnes à mobilité réduite était limité au parc extérieur. Le souterrain n’était donc pas accessible dans les mêmes conditions. Avant une exposition ou un spectacle, il est prudent de vérifier directement les aménagements prévus dans la galerie et les espaces utilisés.
- Consulter l’agenda officiel le jour même, car une exposition peut se terminer ou laisser place à un montage.
- Prévoir du temps pour observer les sculptures et les détails architecturaux de la place.
- Réserver lorsqu’une prévente ou une jauge limitée est annoncée.
- Pour le bunker, respecter les consignes particulières indiquées par l’organisateur.
- Lors des soirées, vérifier les heures d’ouverture des portes et de fin d’événement, qui peuvent être très différentes de celles d’une exposition.
Venir dans le quartier des Bassins à flot
Le tram B dessert le secteur par les arrêts Rue Achard et La Cité du Vin. Des stations de vélos en libre-service sont également disponibles à proximité. Pour une venue en voiture, le parking payant de la Cité du Vin constitue une solution signalée par les organisateurs de plusieurs événements.
La situation du lieu permet de poursuivre facilement la promenade vers la Cité du Vin, le pont Chaban-Delmas, les Bassins à flot ou les quais. Pour organiser une journée plus complète entre patrimoine, jardins, culture du vin et expériences contemporaines, le guide consacré aux activités, visites et sorties à Bordeaux propose plusieurs prolongements.
D’autres expériences culturelles à Bordeaux
Après l’ambiance alternative des Vivres de l’Art, la sortie peut se poursuivre autour d’un repas animé par des numéros d’artistes avec l’expérience culturelle D’ n S. Pour changer totalement d’univers, l’expédition immersive Mondes disparus invite quant à elle à explorer en réalité virtuelle les grandes étapes de l’évolution du vivant.
Infos pratiques

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Fiche créée le 02/04/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.

