Meymac, cité de granit entre patrimoine et nature du plateau de Millevaches
Meymac - Corrèze
Aux portes du plateau de Millevaches, Meymac associe cité de granit, abbaye, musées et grands espaces naturels. Du centre ancien au mont Bessou et au lac de Sèchemailles, la destination mêle patrimoine, art contemporain et paysages de Haute-Corrèze.
Meymac, cité de caractère aux portes du plateau de Millevaches
Entre centre médiéval, patrimoine monastique, art contemporain et grands paysages, Meymac constitue une étape particulièrement complète en Haute-Corrèze. Membre du réseau des Plus Beaux Détours de France, la cité s’est développée au pied du mont Bessou, dans un territoire où l’altitude, les forêts, les prairies humides et les sources façonnent une atmosphère de moyenne montagne.
La découverte peut facilement occuper une journée : promenade dans les rues anciennes le matin, visite d’un musée ou d’une exposition dans l’ancienne abbaye, puis escapade vers le lac de Sèchemailles, le mont Bessou ou la tourbière du Longeyroux. Le centre historique se parcourt à pied et son accès est libre.
Un bourg médiéval né autour de l’abbaye Saint-André
L’histoire urbaine de Meymac est indissociable de son monastère. Fondé en 1085 par Archambaud III, vicomte de Comborn, le prieuré dépendait initialement de l’abbaye d’Uzerche. Une querelle menée au XIIe siècle par le prieur Hugues de Besse conduisit finalement à sa transformation en abbaye en 1146. Menacé de disparition après la Révolution, l’ensemble fut sauvé grâce à son classement parmi les monuments historiques en 1840 et aux campagnes de restauration entreprises dans la foulée.
À l’intérieur de l’abbatiale Saint-André-Saint-Léger, le regard se porte notamment sur le clocher-porche roman limousin, les chapiteaux sculptés, l’orgue baroque et une remarquable Vierge noire du XIIe siècle, la seule œuvre de ce type conservée en Corrèze. Les anciennes ailes monastiques accueillent aujourd’hui le musée d’archéologie et du patrimoine Marius-Vazeilles ainsi que le centre d’art contemporain.
Les repères à observer dans les vieilles rues
- Le beffroi : cette ancienne porte défensive du XIIIe siècle fut transformée en tour de l’horloge au XIXe siècle.
- La halle : édifiée à la fin du XVIe siècle puis déplacée et restaurée, elle conserve une imposante charpente et perpétue la vocation commerçante du bourg.
- L’ancien Hôtel-Dieu : ce bâtiment du XVIIe siècle abrite désormais un pôle culturel, la médiathèque, la Micro-Folie et une exposition consacrée aux négociants en vin.
- Les maisons des Ventadour : pans de bois, échauguette, fenêtres à meneaux et passages étroits rappellent la ville protégée par ses remparts.
- La fontaine des marchands de vin : inaugurée en 1907, elle rend hommage à une aventure commerciale inattendue qui transforma la commune.
Un plan patrimonial permet de suivre librement ces différents points depuis le bureau d’information touristique. Il révèle aussi des détails plus discrets, comme une bretèche autrefois défensive, une croix ajourée de la fin du XVe siècle, les anciens jardins de l’abbaye et la rue des Moulins, établie le long d’un canal aujourd’hui disparu.
L’étonnante histoire de « Meymac-près-Bordeaux »
L’une des meilleures anecdotes locales remonte au XIXe siècle. Né dans un hameau voisin, Jean Gaye-Bordas commença comme colporteur et marchand de parapluies avant de vendre du vin de Bordeaux dans le nord de la France et en Belgique. Son démarchage à domicile, fondé sur la fidélisation des clients et le paiement différé, inspira de nombreux habitants de Haute-Corrèze.
Meymac devint ainsi un important foyer de négociants bordelais, au point d’être surnommée « Meymac-près-Bordeaux ». Les fortunes issues de ce commerce se lisent encore dans les demeures bourgeoises construites autour du centre ancien. L’Espace Gaye-Bordas, un chai reconstitué et un parcours reliant les maisons de négociants racontent cette migration économique singulière, qui conduisit ensuite plusieurs familles corréziennes vers le Médoc et le Libournais.
Musées et création contemporaine dans l’ancienne abbaye
Le musée Marius-Vazeilles retrace l’occupation humaine du plateau de Millevaches à travers des collections archéologiques et patrimoniales. Son installation dans les anciennes salles monastiques donne une profondeur supplémentaire à la visite. Le billet adulte est proposé à partir d’environ 5 €, tandis que les conditions d’ouverture varient selon la période.
Dans l’autre aile, le centre d’art contemporain développe depuis 1979 une programmation d’expositions. Cette présence de la création actuelle au sein d’un monument ancien constitue l’une des signatures culturelles de Meymac. À l’extérieur, une œuvre monumentale de l’artiste danois Robert Jacobsen, installée en 1992 après une résidence, prolonge le dialogue entre histoire et art contemporain. La Micro-Folie complète l’offre avec son musée numérique.
Du lac de Sèchemailles au sommet du mont Bessou
À quelques kilomètres du bourg, le lac de Sèchemailles occupe 43 hectares au sein d’un complexe touristique de plus de 100 hectares. Il rassemble plage, base nautique, pêche, parcours de santé, jeux pour enfants et itinéraires pédestres ou équestres. Selon la saison, il est possible d’y pratiquer notamment le canoë, le kayak, l’aviron, le pédalo ou le VTT. La baignade surveillée est limitée à la période estivale.
Le mont Bessou offre un autre visage de la commune. Son sommet, point culminant de la Corrèze à environ 977 mètres, est accessible par un sentier forestier aménagé. Une tour panoramique haute de 26 mètres porte le visiteur au-dessus du seuil symbolique des 1 000 mètres après l’ascension de 136 marches. Par temps clair, la vue à 360 degrés embrasse le Sancy, les monts du Cantal, l’Auvergne et jusqu’au puy de Dôme. Des sentiers d’interprétation, circuits de randonnée et équipements familiaux permettent de prolonger la sortie.
La tourbière du Longeyroux, aux sources de la Vézère
La commune ouvre également sur la tourbière du Longeyroux, vaste milieu humide d’intérêt européen formé il y a plusieurs millénaires. Ses quelque 250 hectares recueillent une multitude de ruisselets qui donnent naissance à la Vézère. Linaigrettes, bruyères, libellules, papillons et droseras, petites plantes carnivores adaptées aux sols pauvres, composent un paysage fragile très différent des forêts voisines.
Deux parcours d’interprétation permettent de l’approcher : une boucle familiale d’environ un kilomètre et une randonnée plus longue à travers landes et reliefs du plateau. Il est indispensable de rester sur les cheminements balisés et de respecter les restrictions propres à cet espace protégé. Une légende locale évoque par ailleurs les « Cent Pierres », un troupeau de moutons qui aurait été pétrifié par une malédiction.
Conseils pour organiser une visite de Meymac
- Prévoir une journée complète : le matin convient au circuit médiéval, tandis que l’après-midi peut être consacré aux musées, au lac ou au mont Bessou.
- Vérifier les ouvertures culturelles : musées, expositions et visites guidées suivent des calendriers variables, contrairement aux rues du centre accessibles librement.
- Porter de bonnes chaussures : pavés, dénivelé urbain, chemins forestiers et sols humides demandent un équipement adapté.
- Choisir une journée dégagée pour le mont Bessou : la visibilité conditionne fortement l’intérêt du panorama.
- Respecter les règles concernant les animaux : elles diffèrent selon les sites ; ils sont notamment interdits à la tourbière du Longeyroux et au lac de Sèchemailles, mais admis au mont Bessou.
- Goûter la Haute-Corrèze : mounassou aux pommes de terre, tourtous de blé noir, champignons, myrtilles et flognarde figurent parmi les spécialités à rechercher.
Venir et prolonger la découverte en Corrèze
Meymac possède une gare desservie par le réseau régional. Depuis celle-ci, il faut compter approximativement dix à vingt minutes de marche pour rejoindre l’abbaye et le cœur ancien. La voiture reste cependant pratique pour combiner le bourg avec Sèchemailles, le mont Bessou et la tourbière, répartis sur un territoire communal particulièrement étendu.
Pour poursuivre l’exploration du département vers un autre visage de la Corrèze, le guide consacré aux activités et idées de sorties à Tulle réunit patrimoine, culture de l’accordéon, cascades, spectacles et loisirs familiaux.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 4-6 ans
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans

Où se trouve Meymac ?
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Fiche créée le 15/10/2025, dernière mise à jour le 15/10/2025.






