Musée d’Aquitaine à Bordeaux : collections et visite
Bordeaux - Gironde
Le Musée d’Aquitaine retrace 400 000 ans d’histoire, de la Préhistoire au monde contemporain. Plus d’un million d’objets éclairent Bordeaux, l’Aquitaine et leurs relations avec le reste du monde.
Un grand voyage dans l’histoire de Bordeaux et de l’Aquitaine
Installé au cœur de Bordeaux, le musée d’Aquitaine est l’un des principaux musées français d’histoire et de société. Son parcours permanent raconte environ 400 000 ans d’histoire, des premières populations préhistoriques au début du XXIe siècle, tout en expliquant les relations de Bordeaux et de la Nouvelle-Aquitaine avec l’Atlantique et le reste du monde.
Labellisé « musée de France », l’établissement conserve plus de 1,3 million de pièces relevant notamment de l’archéologie, de l’histoire, de l’ethnographie, de la photographie et des arts graphiques. Seule une sélection peut être présentée dans les salles : chaque visite associe ainsi objets remarquables, ensembles monumentaux, maquettes, documents, œuvres d’art et dispositifs numériques.
Un bâtiment lié à Michel de Montaigne
Le musée occupe l’emplacement de l’ancien couvent des Feuillants, où le philosophe et ancien maire de Bordeaux Michel de Montaigne fut inhumé en 1593. Le Palais des Facultés fut construit sur le site à la fin du XIXe siècle. Son hall monumental et son décor rappellent encore l’époque où étudiants et professeurs fréquentaient ce temple bordelais du savoir.
Après le départ des facultés à la fin des années 1960, le musée d’Aquitaine s’installa dans le bâtiment et ouvrit sous sa forme actuelle en 1987. Le cénotaphe de Montaigne constitue aujourd’hui l’une de ses œuvres emblématiques et introduit les salles consacrées à la Renaissance, à l’humanisme, aux guerres de Religion et aux rapports parfois conflictuels entre Bordeaux et le pouvoir royal.
Le parcours permanent, de la Préhistoire à nos jours
Préhistoire et premiers peuplements
La visite commence par les premières traces humaines découvertes en Aquitaine. Silex, os travaillés, armes, parures et reproductions d’art pariétal évoquent les populations du Paléolithique, les transformations du Néolithique puis les sociétés de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer.
Parmi les œuvres les plus célèbres figure la Vénus de Laussel, dite aussi Vénus à la corne, découverte en Dordogne. Le parcours replace cette sculpture préhistorique dans l’environnement culturel des grands sites et grottes ornées de la région.
Burdigala et l’Aquitaine gallo-romaine
Les collections antiques montrent comment la romanisation transforma l’urbanisme, les croyances, les échanges et la vie quotidienne. Sculptures, inscriptions, vestiges architecturaux, mosaïques et objets domestiques permettent d’imaginer Burdigala, cité prospère et ouverte sur de vastes réseaux commerciaux.
Le trésor de Tayac, composé notamment d’un torque et de monnaies d’or, compte parmi les ensembles archéologiques les plus spectaculaires. Les salles ne se limitent pas aux objets prestigieux : elles éclairent aussi l’habitat, l’artisanat, les rites et l’organisation de la société.
Aliénor d’Aquitaine et trois siècles de présence anglaise
Le parcours médiéval suit la région de la fin de l’Antiquité à la bataille de Castillon. Le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt rattache le duché à un vaste ensemble gouverné par les rois d’Angleterre. Bordeaux connaît alors une forte prospérité, favorisée par le commerce du vin et ses échanges privilégiés avec l’Angleterre.
Un fac-similé du gisant d’Aliénor, des chapiteaux romans, des vitraux armoriés et des sculptures donnent corps à cette période. Une salle entière accueille la monumentale rosace gothique de l’ancienne église des Grands Carmes, présentée verticalement dans le musée.
Le port, le commerce atlantique et l’esclavage
Les salles des XVIIIe et XIXe siècles examinent sans éluder ses violences l’essor du port de Bordeaux. L’enrichissement lié aux denrées coloniales, à la traite humaine et à la mise en esclavage de populations africaines y est replacé dans ses dimensions économiques, sociales et politiques. Une présentation aborde également l’indépendance d’Haïti et le mécanisme de la double dette imposée au pays.
Le XIXe siècle poursuit le récit avec l’expansion coloniale, les lignes maritimes, les mutations industrielles et les grandes expositions utilisées comme instruments de propagande. Ces espaces confrontent les objets historiques aux questions de mémoire, de domination et de transmission qui traversent toujours la société contemporaine.
Les identités régionales aux XXe et XXIe siècles
La fin du parcours explore les paysages, métiers et cultures de Nouvelle-Aquitaine : vignoble, forêt landaise, agriculture, pêche, industrie, aéronautique, langues et fêtes régionales. Maquettes, films, objets ethnographiques et écrans interactifs montrent la diversité du territoire.
Les grandes toiles décoratives de l’Athénée, consacrées notamment à la vigne, à la forêt et à l’agriculture, intéressent particulièrement les amateurs d’Art déco. Une motocyclette bordelaise Faret de 1927 et les photographies de Félix Arnaudin témoignent de productions locales et de modes de vie aujourd’hui transformés.
Bordeaux Patrimoine Mondial et les expositions temporaires
Le bâtiment accueille également le centre d’interprétation Bordeaux Patrimoine Mondial. Accessible gratuitement, cet espace retrace l’évolution urbaine de Bordeaux sur près de 2 500 ans à l’aide de maquettes, de bornes tactiles, de dispositifs sonores et olfactifs. Il aide à mieux comprendre les monuments et quartiers observés ensuite dans la ville.
Des expositions temporaires, œuvres contemporaines, conférences, projections, visites théâtralisées et balades urbaines renouvellent régulièrement l’expérience. Le musée joue également un rôle important dans la politique mémorielle bordelaise autour de l’esclavage, de la colonisation, de l’immigration, de la Seconde Guerre mondiale, de la Shoah et des génocides.
Comment visiter le musée d’Aquitaine ?
Le parcours chronologique occupe deux niveaux. Pour une première découverte, il est conseillé de suivre l’ordre des salles depuis la Préhistoire : les objets prennent davantage de sens lorsque l’on voit progressivement évoluer la ville, ses habitants et ses relations avec le monde.
Les collections étant très vastes, une visite exhaustive demande plusieurs heures. Les visiteurs disposant de moins de temps peuvent suivre le circuit gratuit consacré à 20 œuvres incontournables, conçu pour une découverte d’environ une heure. L’application mobile gratuite propose aussi un parcours général à lire ou écouter, ainsi que des versions adaptées aux enfants et en langue des signes française.
Une visite individuelle, autonome ou commentée, ne nécessite normalement pas de réservation. Celle-ci devient nécessaire pour certaines animations, certains ateliers et l’accueil des groupes. Les visites commentées entraînent généralement un supplément au prix d’entrée.
Un musée pensé pour les familles
Les enfants peuvent utiliser gratuitement une chasse au trésor à partir de 6 ans, un carnet de bord à partir de 7 ans et un parcours numérique consacré aux œuvres phares. Les stations tactiles et olfactives rendent la visite plus concrète, à condition de rappeler que seules les reproductions signalées peuvent être touchées.
Des activités sont aussi proposées aux tout-petits, tandis que les ateliers associent généralement une courte visite à une création manuelle. Les poussettes sont admises, des tables à langer sont installées dans plusieurs sanitaires et des coins lecture avec coussins permettent de faire une pause au cours du parcours.
Accessibilité et visite sensorielle
Les collections permanentes, les salles temporaires, l’auditorium et la bibliothèque sont desservis par des ascenseurs. Des toilettes adaptées sont disponibles sur les deux niveaux. Un fauteuil roulant ou un siège pliant peut être prêté gratuitement à l’accueil sur demande.
L’entrée accessible se situe à quelques mètres de l’escalier principal et nécessite l’intervention d’un agent. Le dispositif d’accès PMR étant annoncé comme momentanément indisponible par le musée, il est prudent de vérifier la situation avant le déplacement.
Le parcours sensoriel comprend 29 stations proposant des fac-similés à toucher ou sentir. Les explications utilisent un français simplifié et peuvent être consultées en braille, écoutées ou transcrites en langue des signes grâce à un visioguide. Des livrets en Facile à lire et à comprendre sont également disponibles. Des temps calmes sont organisés régulièrement dans les expositions temporaires, avec un volume sonore réduit.
Tarifs et services pratiques
Le plein tarif varie généralement entre 6 € et 8 € selon la présence d’une grande exposition temporaire. Des tarifs réduits et de nombreuses gratuités sont prévus, notamment pour les moins de 18 ans, les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur, certains détenteurs de pass et plusieurs publics sociaux. L’accès est aussi gratuit le premier dimanche du mois, sauf pendant la période estivale exclue du dispositif.
- boutique de livres, cartes, créations et souvenirs inspirés des collections ;
- vestiaire à proximité de l’accueil ;
- toilettes sur les deux niveaux, dont des sanitaires adaptés ;
- fauteuil roulant et sièges pliants disponibles sur demande ;
- application de visite et supports familiaux gratuits ;
- café accessible librement dans la cour intérieure une partie de la semaine, avec boissons, viennoiseries et pâtisseries ;
- distributeurs et petit espace de pause au rez-de-chaussée.
La nourriture et les boissons restent interdites dans les salles d’exposition. Les chiens guides et d’assistance sont explicitement admis ; aucune politique suffisamment claire n’est publiée pour les autres animaux.
Accès et prolongement de la découverte
Le musée est directement desservi par le tramway et par une ligne de bus portant le nom de l’établissement. Depuis la gare Saint-Jean, le tram permet de rejoindre le secteur de l’Hôtel de Ville. Les parkings Victor-Hugo, Pey-Berland et République sont recommandés aux automobilistes, mais les transports collectifs restent généralement plus pratiques dans le centre bordelais.
La visite trouve naturellement sa place dans une journée consacrée aux activités, visites et idées de sorties à Bordeaux, entre patrimoine historique, quais de Garonne, jardins et lieux culturels. Le billet du musée permet par ailleurs de bénéficier d’un tarif réduit pour découvrir la Porte Cailhau et son panorama sur le Bordeaux médiéval. En soirée, Le Thelonious offre une manière musicale de prolonger la sortie culturelle.
Enfants & famille
- Animations enfants
- Ateliers famille
- Convient aux ados 13-17 ans
- Convient aux enfants 0-3 ans
- Convient aux enfants 4-6 ans
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Poussette OK

Modes de paiement
- Espèces
- Carte bancaire
- Chèque
- Paiement sur place
Huit œuvres contemporaines sont intégrées aux espaces des XVIIIe et XIXe siècles pour interroger les survivances de l’esclavage et les mémoires coloniales.
Du 12 juin 2026 au 28 mars 2027
Une exposition Arts et Sciences consacrée aux globes virtuels, aux choix politiques et culturels qui orientent leur conception et aux représentations alternatives de la planète.
Du 19 juin 2026 au 13 décembre 2026
Week-end gratuit consacré notamment à la Gascogne, aux mousquetaires, aux collections du Centre national Jean Moulin et à différentes visites et activités patrimoniales.
Du 19 au 20 septembre 2026
Exposition d’intérêt national retraçant la construction historique et artistique de la figure de la sorcière, des procès de l’époque moderne à ses réappropriations contemporaines et féministes.
Du 16 octobre 2026 au 23 mai 2027
Où se trouve Musée d'Aquitaine ?
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Fiche créée le 19/05/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.






