Musée des Beaux Arts à Agen, de la Vénus antique aux cinq Goya
Agen - Lot-et-Garonne
Dans quatre hôtels particuliers Renaissance, traversez l’histoire des arts de la Préhistoire au XXIe siècle et découvrez une collection surprenante où brillent notamment cinq Goya.
Le Musée des Beaux-Arts d’Agen, un musée dans quatre hôtels particuliers
Au cœur historique d’Agen, le Musée des Beaux-Arts est bien plus qu’un simple lieu d’exposition. Fondé en 1876 et labellisé « musée de France », il occupe un ensemble remarquable de quatre hôtels particuliers construits entre la fin du Moyen Âge, la Renaissance et le XVIIe siècle. Cette architecture donne au parcours l’atmosphère d’une demeure de collectionneur, avec cours intérieures, escaliers anciens, façades sculptées et salles aux volumes très différents.
Le bâtiment principal est actuellement fermé pour d’importants travaux, comprenant notamment la restauration des toitures et le déménagement des œuvres. Pendant cette période, le musée prévoit de présenter une partie de ses collections à l’église des Jacobins afin de maintenir une offre culturelle à Agen. Les conditions de visite et les tarifs devront donc être vérifiés au moment de la reprise des présentations au public.
Une histoire liée aux érudits et collectionneurs agenais
Les origines du musée remontent aux collections réunies par la Société des Sciences, Belles-Lettres et Arts d’Agen. Au XIXe siècle, érudits locaux, scientifiques et collectionneurs enrichissent progressivement ce fonds. Antoine Bartayrès, professeur de mathématiques, rassemble notamment une importante collection minéralogique consacrée à l’Agenais.
Face au besoin d’un lieu adapté à la conservation de ces ensembles, le maire Joseph Meynot décide en 1875 de créer un musée municipal dans d’anciens bâtiments de l’hôtel de ville et des prisons alors menacés de démolition. Dès l’année suivante, les hôtels particuliers d’Estrades et de Vaurs sont réaménagés pour accueillir les collections.
L’histoire du musée s’est ensuite construite grâce à plusieurs donations et legs majeurs. Après l’incendie de la préfecture en 1904, la collection des ducs d’Aiguillon rejoint notamment le musée. Au XXe siècle, les dons des docteurs Louis Brocq et Pierre Esquirol, puis ceux de François-Xavier Lalanne, Camille Aboussouan et Pierre Lèbe ont considérablement élargi les domaines représentés.
Une collection qui traverse les siècles
Le Musée des Beaux-Arts d’Agen présente habituellement un parcours particulièrement éclectique, allant de la Préhistoire au XXIe siècle. Sa vocation encyclopédique mêle archéologie, peintures, sculptures, arts décoratifs, mobilier, minéraux et objets issus de civilisations extra-européennes.
Parmi les ensembles les plus importants figurent :
- les antiquités celtiques et gallo-romaines du Lot-et-Garonne ;
- la donation Camille Aboussouan consacrée aux civilisations du Proche-Orient ;
- les peintures flamandes et hollandaises des XVIe et XVIIe siècles ;
- les écoles française et italienne avec notamment Champaigne et Tintoret ;
- les portraits provenant de la collection des ducs d’Aiguillon ;
- les paysages du XIXe siècle et des œuvres associées à Corot, Boudin, Sisley, Lebourg ou Monet ;
- les fonds modernes consacrés notamment à Roger Bissière, Claude et François-Xavier Lalanne et Pierre Lèbe.
La Vénus du Mas d’Agenais, trésor archéologique local
L’une des pièces emblématiques du musée est la Vénus du Mas d’Agenais, une sculpture en marbre datant de l’époque gallo-romaine. Elle fut découverte au XIXe siècle par un cultivateur alors qu’il creusait son champ au Mas-d’Agenais. Des vestiges de murs, tuiles et mosaïques retrouvés dans le même secteur laissent penser qu’elle ornait autrefois une riche villa.
Cette œuvre symbolise particulièrement bien la dimension régionale du musée : les collections ne racontent pas seulement l’histoire générale de l’art, elles permettent aussi de comprendre l’ancienneté de l’occupation humaine et la richesse archéologique de la vallée de la Garonne.
Une remarquable collection d’antiquités orientales
Le musée conserve également une importante collection d’archéologie proche-orientale offerte par le diplomate libanais Camille Aboussouan. Près de 1 400 pièces provenant notamment du Liban, de Syrie et de l’ancienne Mésopotamie retracent plusieurs millénaires d’histoire, depuis l’âge du Bronze jusqu’à l’époque de l’Islam et des Croisades.
Objets en bronze, terre cuite, verre ou pierre témoignent de la vie quotidienne, des croyances et des échanges dans les grandes civilisations de la Méditerranée orientale. Cette donation est d’autant plus singulière qu’elle fut faite en souvenir de la mère de Camille Aboussouan, originaire du Gers, illustrant une fois encore le rôle des liens personnels et régionaux dans la constitution des collections agenaises.
Goya, l’un des grands noms du musée d’Agen
Le nom de Francisco de Goya est indissociable du Musée des Beaux-Arts d’Agen. Plusieurs tableaux liés au maître espagnol sont entrés dans les collections au début du XXe siècle grâce au legs du comte Damaze de Chaudordy, ancien ambassadeur à Madrid.
Parmi les œuvres les plus célèbres de cet ensemble figurent notamment Le Ballon, un Autoportrait, une esquisse du Portrait équestre de Ferdinand VII, La Messe de relevailles et Le Caprice. Leur attribution et leur histoire ont fait l’objet de recherches et de restaurations, notamment en collaboration avec de grandes institutions nationales.
Cette présence de Goya donne au musée agenais une place particulière parmi les collections publiques françaises et constitue depuis longtemps l’un de ses principaux attraits.
Une architecture qui fait partie de la visite
Les quatre hôtels particuliers forment eux-mêmes un ensemble patrimonial remarquable. Le quartier de Bézat, où ils furent construits, était à la Renaissance un secteur habité par les familles aisées de la société agenaise.
L'hôtel de Vaurs conserve notamment une façade en pierre richement décorée, un portail en plein cintre et un remarquable escalier en vis. Son décor associe vocabulaire gothique et références à l’Antiquité caractéristiques de la Renaissance. Les demeures ont été adaptées et transformées au cours des siècles avant d’être progressivement réunies pour constituer le musée actuel.
Cette configuration explique le charme très particulier du lieu, mais aussi certaines contraintes : niveaux multiples, escaliers et marches rendent aujourd’hui la circulation en fauteuil roulant impossible dans le bâtiment principal.
Accessibilité et services
Le bâtiment historique du musée n’est pas accessible aux personnes en fauteuil roulant. Des places de stationnement réservées aux personnes à mobilité réduite sont néanmoins recensées à proximité immédiate, notamment autour de la place du Docteur Esquirol.
Le musée a développé d’autres dispositifs d’accessibilité : accueil avec accompagnement pour certains handicaps, boucle à induction magnétique pour les personnes sourdes ou malentendantes, visites de groupe en langue des signes française sur demande et propositions sensorielles. L’église des Jacobins, annexe culturelle appelée à jouer un rôle important pendant la fermeture du musée, est quant à elle annoncée comme entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite.
En fonctionnement normal, le musée dispose de sanitaires et d’une boutique. Les paiements recensés comprennent la carte bancaire, les espèces et le chèque. Les animaux de compagnie ne sont pas admis ; les chiens guides font naturellement l’objet des dispositions d’accessibilité prévues par l’établissement.
Visites autonomes, familles et médiation culturelle
Avant sa fermeture pour travaux, le musée proposait plusieurs manières de parcourir ses collections. Les visiteurs pouvaient déambuler librement dans les salles ou utiliser des tablettes numériques proposant des parcours thématiques, un jeu destiné aux adolescents et des contenus conçus pour les enfants.
Des visites guidées permettaient également de se concentrer sur les chefs-d’œuvre, l’histoire de l’art ou l’architecture des hôtels particuliers. Le musée accueille habituellement familles, groupes scolaires, étudiants et chercheurs, avec une programmation régulière d’ateliers, conférences et événements culturels.
Prolonger une journée culturelle à Agen
Le musée se trouve au cœur d’Agen, ce qui permet de poursuivre facilement la découverte de la ville à pied. La sélection que faire à Agen : activités et sorties en famille rassemble patrimoine, parcs, promenades au bord de la Garonne et autres loisirs pour compléter la visite.
Pour découvrir le territoire par ses produits et son savoir-faire, une excursion vers Les Vignerons du Brulhois permet d’explorer une autre facette du Lot-et-Garonne autour du vignoble. Les amateurs de productions agricoles locales peuvent également compléter leur séjour avec la Ferme Roques.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 4-6 ans
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans
- Animations enfants
- Ateliers famille

Modes de paiement
- Espèces
- Carte bancaire
- Chèque
Animaux
- Non
Infos pratiques
Voir sur la carteOù se trouve Musée des Beaux Arts ?
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Fiche créée le 24/06/2025, dernière mise à jour le 21/07/2026.






