Phare de Richard à Jau-Dignac-et-Loirac, panorama et mémoire de l’estuaire
Jau-Dignac-et-Loirac - Gironde
Face à l’estuaire de la Gironde, le Phare de Richard associe panorama, histoire maritime, musée et pêche traditionnelle au carrelet. Après 63 marches, sa tour dévoile une vue à 360° sur les marais, les côtes charentaises et les paysages médocains.
Un balcon sur l’estuaire de la Gironde
Installé sur la rive médocaine de l’estuaire, le Phare de Richard réunit un monument du XIXe siècle, un musée consacré à la vie estuarienne, un carrelet pédagogique et un vaste panorama sur les mattes du Médoc. Cette ancienne maison-phare de 18 mètres domine un paysage de digues, de prairies humides, de chenaux et de cabanes de pêche sur pilotis dont l’apparence évolue avec les marées et la lumière.
La visite associe patrimoine maritime, histoire locale et découverte de l’environnement. Elle convient aux familles comme aux amateurs de phares, de photographie ou d’ornithologie. L’ascension de la tour demande de gravir 63 marches, mais elle récompense l’effort par une vue à 360 degrés sur l’un des plus vastes estuaires d’Europe.
D’un arbre familier des marins à une tour de pierre
Avant la construction du monument, les navigateurs utilisaient un arbre remarquable comme amer, c’est-à-dire comme repère fixe visible depuis le fleuve. Appelé « arbre de Richard », ce peuplier ou cet orme signalait les abords du Platin de Richard, un vaste banc sur lequel les bateaux risquaient de s’échouer.
L’origine du nom serait liée à Pierre Richard, pêcheur à gord mentionné dans des procès-verbaux de 1727. Cette ancienne méthode de pêche utilisait deux palissades convergeant vers un panier où les poissons étaient capturés. L’arbre poussant près de son installation aurait progressivement pris le nom du pêcheur.
Après la disparition de cet amer naturel, une bouée est installée en 1831. Jugée insuffisante, elle conduit les ports des deux rives à réclamer un balisage plus efficace. Leur pétition aboutit à la construction, en 1843, de la tour maçonnée encore visible aujourd’hui. Posée sur d’épaisses fondations en pierre, elle comprend un fût légèrement tronconique et une base autrefois destinée au logement du gardien.
Deux phares pour guider la navigation
Le premier feu entre en service en 1845. Initialement blanc, il devient rouge quelques années plus tard. La tour se révèle cependant trop basse pour être distinguée suffisamment tôt par les navigateurs. Un second édifice est donc construit à proximité à partir d’un projet de l’ingénieur Louis Édouard Lecointre.
Contrairement à une attribution parfois répétée, cette seconde tour n’était pas une œuvre de Gustave Eiffel. Il s’agissait d’une structure métallique tripode de 31 mètres, contemporaine de ses réalisations, mais construite par la Société nouvelle des Forges et Chantiers de la Méditerranée. Son feu pouvait porter à environ 26 kilomètres. Autre particularité : les deux phares de Richard n’ont jamais été électrifiés, leur éclairage ayant notamment fonctionné au pétrole.
Les bouées lumineuses finissent par remplacer les gardiens pour le balisage du chenal. Le feu est éteint en 1953 et la grande tour métallique est dynamitée en 1956 afin d’en récupérer les matériaux. Les fondations encore visibles permettent aujourd’hui de comprendre l’emplacement et l’ampleur de ce second phare disparu.
Un monument sauvé par les jeunes du village
Après sa vente, la maison-phare connaît plusieurs décennies d’abandon. Bâtiments vandalisés, végétation envahissante et éléments intérieurs arrachés menacent alors la disparition du site. Sa renaissance commence durant l’été 1984, lorsqu’un groupe d’adolescents de Jau-Dignac-et-Loirac entreprend de défricher les lieux pour pouvoir s’y retrouver.
Cette initiative encourage la municipalité à rechercher le propriétaire puis à racheter le domaine en 1988. Une restauration d’envergure est menée au début des années 1990. L’Association communale du Phare de Richard, créée en 1992, assure depuis l’animation du monument et la transmission de son histoire. Cette mobilisation locale constitue l’une des anecdotes les plus attachantes de la visite.
Un musée de la pêche et de la vie estuarienne
Aménagé dans une partie de l’ancien logement des gardiens, le musée rassemble des objets et des documents relatifs à la pêche, à l’ostréiculture et au balisage maritime. Il replace ces activités dans l’histoire économique et quotidienne du Nord-Médoc.
Le parcours aborde également la faune et la flore de l’estuaire, les transformations des terres gagnées sur les eaux et l’opération Frankton, raid mené pendant la Seconde Guerre mondiale contre des navires allemands dans le port de Bordeaux. Des travaux réalisés par des classes locales témoignent par ailleurs de la vocation pédagogique du musée.
- histoire des deux tours et de leurs dispositifs d’éclairage ;
- objets liés à la pêche et à l’ostréiculture médocaines ;
- explications sur les marées, les chenaux et la signalisation ;
- présentation de la biodiversité estuarienne ;
- boutique proposant cartes postales, petits souvenirs, jeux et ouvrages sur les phares, les huîtres ou la pêche.
Monter au sommet pour lire le paysage
L’escalier à vis en pierre mène à la plateforme sommitale. Par temps clair, le regard porte vers Royan, Meschers-sur-Gironde, les falaises de Talmont et l’église Sainte-Radegonde. Du côté médocain s’étendent les polders de Hollande, aussi appelés mattes, aménagés et drainés derrière les digues. Prés, pâturages, fossés et haies de tamaris composent un paysage horizontal très différent de la côte océane.
Le panorama varie fortement avec la météo et les marées. À marée basse, les vasières et les chenaux se dévoilent davantage ; sous une lumière orageuse, l’estuaire peut prendre des teintes ocres et dorées. Une paire de jumelles est utile pour observer les oiseaux et détailler les carrelets alignés sur les deux rives.
Découvrir un authentique carrelet de pêche
Construit en 2008 avec l’aide de bénévoles et de scouts, le carrelet pédagogique permet d’entrer dans l’une de ces cabanes emblématiques de l’estuaire. Sa passerelle conduit à une plateforme équipée d’un grand filet carré, monté et descendu au moyen d’un treuil.
L’accès des visiteurs est compris dans la découverte du site lorsqu’un membre habilité peut les accompagner et que les conditions météorologiques ne présentent aucun danger. La capacité de l’installation est limitée pour des raisons de sécurité. Une démonstration peut parfois être proposée selon l’horaire de la marée et la présence de l’équipe.
Le carrelet peut également être mis à disposition pour une partie de pêche, mais cette expérience distincte nécessite une adhésion à l’association, une réservation et le règlement d’une indemnité d’usage. La pêche se pratique principalement autour de la pleine mer, lorsque le niveau d’eau permet de manœuvrer efficacement le filet.
Une halte paisible dans le Médoc estuarien
Les abords du monument restent accessibles pour la promenade et offrent des espaces ombragés équipés de tables de pique-nique. C’est un lieu agréable pour observer les marais, suivre la digue ou simplement regarder passer les bateaux. Des toilettes sont présentes sur le site, ainsi qu’un parking gratuit d’une vingtaine de places.
Les chiens sont admis. Il reste préférable de les garder sous contrôle, en particulier à proximité des oiseaux, du carrelet et des autres visiteurs. Pour poursuivre une journée culturelle en Gironde, le guide des visites et sorties à Bordeaux permet de retrouver les quais de Garonne, le patrimoine historique, les jardins, l’art immersif et la culture du vin.
Préparer la visite du Phare de Richard
Le monument accueille les visiteurs de façon saisonnière, généralement du printemps jusqu’à la fin des vacances de la Toussaint. L’ouverture est plus large au cœur de l’été. Les groupes peuvent être reçus toute l’année sur rendez-vous. Comme le calendrier varie selon la période, il est prudent de vérifier les informations en vigueur avant de parcourir la route estuarienne.
Le billet individuel coûte environ 3 €, avec une réduction pour les groupes et la gratuité pour les enfants de moins de 10 ans accompagnés de leurs parents. La réservation n’est pas nécessaire pour une visite individuelle pendant les périodes normales d’ouverture ; elle est en revanche indispensable pour les groupes et pour la mise à disposition du carrelet.
L’accès le plus simple se fait par la route départementale longeant l’estuaire. Le phare peut également constituer une étape d’une balade à vélo ou à pied entre les petits ports médocains. Prévoyez des chaussures adaptées, une protection contre le vent et, en été, de l’eau ainsi qu’une protection solaire : le paysage est largement ouvert en dehors des espaces de pique-nique ombragés.
L’accessibilité est partielle. Le musée de plain-pied est desservi par un plan incliné et peut accueillir les fauteuils roulants manuels ou électriques. Le carrelet pédagogique est également annoncé accessible en fauteuil, sous réserve des conditions de sécurité. Une place de stationnement réservée et des toilettes adaptées sont disponibles. En revanche, la tour ne possède ni ascenseur ni élévateur : son sommet est uniquement accessible par l’escalier de 63 marches.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans

Modes de paiement
- Carte bancaire
- Chèque
- Espèces
- Paiement sur place
Animaux
- Oui
Visite du phare, du musée et du carrelet pédagogique, avec présentation de l’environnement estuarien, de la pêche, de l’ostréiculture et de la signalisation maritime.
Du 19 au 20 septembre 2026
Où se trouve Phare de Richard ?
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Fiche créée le 01/04/2025, dernière mise à jour le 01/05/2026.






