Château des Anglais et maisons troglodytes de Cabrerets, une forteresse dans la falaise
Cabrerets - Lot
À Cabrerets, une forteresse médiévale semble se confondre avec la falaise dominant le Célé. Ruines suspendues, maisons semi-troglodytiques et légende de la chèvre blanche composent une promenade singulière entre histoire et paysage.
Un château accroché à la falaise au-dessus du Célé
À Cabrerets, le patrimoine semble sortir directement de la roche. Le Château des Anglais, également appelé Château du Diable, occupe une plateforme naturelle sous le surplomb de la falaise de Rochecourbe. Il domine la vallée du Célé et la route de Sauliac, formant avec les maisons semi-troglodytiques du Bout-du-Lieu l’un des paysages bâtis les plus singuliers du Quercy.
Il ne s’agit pas d’un château ouvert à la visite intérieure. La découverte est extérieure, libre et gratuite : les ruines s’observent notamment depuis le pont et différents points du village, tandis qu’une promenade permet de rejoindre les maisons adossées à la falaise. Celles-ci sont des propriétés privées et ne se visitent pas.
La plus imposante roque troglodytique du Quercy
Les fortifications aménagées sur les corniches calcaires sont appelées des « roques » dans le Lot. Elles utilisaient les cavités, surplombs et plateformes naturelles de la falaise pour surveiller la vallée, abriter un pouvoir seigneurial ou offrir un refuge à la population. Celle de Cabrerets est considérée par l’Inventaire général du patrimoine comme la plus imposante roque troglodytique du Quercy.
Ses vestiges s’étendent sur environ 90 mètres. Des soubassements maçonnés et de nombreux trous d’encastrement montrent que des planchers et bâtiments de bois complétaient autrefois les parties en pierre, sur deux niveaux. L’ensemble comprenait un corps de logis, une tour ronde abritant un escalier et une chapelle à nef unique terminée par une abside semi-circulaire. Une fenêtre à croisée, de petites baies et une ouverture de tir cruciforme restent parmi les détails architecturaux repérables.
Le château est inscrit en totalité au titre des Monuments historiques depuis 2024. Cette protection reconnaît autant sa valeur architecturale que son intérêt archéologique et son intégration spectaculaire au relief.
Des Barasc à la guerre de Cent Ans
La première mention connue du château remonte à 1259, lorsque le chevalier Déodat de Barasc rend hommage à Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse. La seigneurie passe ensuite aux Cardaillac dans la première moitié du XIVe siècle, puis aux Gontaud au XVe siècle.
Le surnom de « Château des Anglais » ne signifie pas nécessairement que la forteresse fut construite par des Anglais. Dans le Lot, cette appellation populaire a été donnée à plusieurs refuges de falaise associés, dans la mémoire locale, aux compagnies armées et aux pillards de la guerre de Cent Ans. Le site de Cabrerets aurait servi de repaire à de grandes compagnies et aurait été partiellement détruit en 1390 afin d’empêcher sa réutilisation.
Après la guerre de Cent Ans, cette position défensive difficile d’accès est progressivement délaissée. Une demeure plus confortable est construite en aval : l’actuel château de Cabrerets, reconnaissable à ses deux puissantes tours rondes. Le vieux fort conserve alors son caractère de ruine suspendue, presque confondue avec la paroi.
La légende de Mariette et de la chèvre blanche
Le nom de Château du Diable est aussi nourri par la légende de la chèvre blanche. Le récit raconte qu’au XIVe siècle, un soir de Noël, la jeune bergère Mariette monta au château pour demander au seigneur d’épargner les dettes de sa grand-mère malade. Menacée par celui-ci, elle aurait préféré se jeter vers le Célé. Deux anges auraient alors sauvé son âme et l’auraient réincarnée en chèvre blanche.
Selon la tradition, cette « cabra blanca » apparaît sur la falaise à la nuit de Noël. La mémoire de Mariette a longtemps été célébrée pendant la fête du village au moyen d’une grande chèvre blanche portée en procession. La légende fait écho au nom même de Cabrerets, rapproché de l’occitan « cabra », la chèvre, et à l’ancienne désignation médiévale du lieu comme place forte des chevriers.
Les maisons semi-troglodytiques du Bout-du-Lieu
Depuis le village, la route qui remonte vers le hameau du Bout-du-Lieu longe plusieurs maisons construites directement contre la falaise. Leur façade et leurs murs maçonnés complètent le relief naturel, utilisé comme fond ou partie intégrante de l’habitation. Elles témoignent de l’adaptation des habitants à un fond de vallée étroit, où chaque espace disponible entre rivière, route et paroi devait être exploité.
Ces maisons sont encore privées : il convient de les admirer depuis l’espace public, sans franchir les accès ni gêner les résidents. La lumière rasante du matin ou de la fin de journée souligne particulièrement bien le contraste entre la pierre bâtie et le calcaire de la falaise.
Comment organiser la promenade dans Cabrerets ?
Le pont de Cabrerets offre un premier point de vue dégagé sur les ruines. Il est ensuite possible de poursuivre à pied vers le quartier du Bout-du-Lieu pour observer les habitations semi-troglodytiques. En montant jusqu’en haut du hameau, on découvre un panorama plus large sur le village, la vallée et le château.
- Prévoyez de bonnes chaussures pour les ruelles montantes et les abords parfois irréguliers.
- Emportez de l’eau par temps chaud : la falaise et les secteurs découverts peuvent accentuer la chaleur.
- Surveillez les jeunes enfants à proximité de la route, des pentes et des berges.
- Respectez les propriétés privées et observez les maisons uniquement depuis les voies publiques.
- Les animaux sont admis sur ce parcours extérieur ; ils doivent rester sous la surveillance de leur accompagnant.
Aucune réservation n’est nécessaire pour cette découverte en accès libre. Le plan officiel du village indique des espaces de stationnement et des toilettes publiques dans le centre. Le château lui-même étant fermé à la visite intérieure, aucun horaire d’entrée ne s’applique.
Prolonger la sortie entre patrimoine et rivière
Cabrerets se situe au cœur du Parc naturel régional des Causses du Quercy, à la confluence du Célé et de la Sagne. Le village constitue une bonne base pour associer patrimoine médiéval, paysages calcaires et activités de pleine nature. Après la promenade, la baignade dans le Célé à Sauliac-sur-Célé permet de rester dans la même vallée.
En poursuivant vers la vallée du Lot, on peut également rejoindre la plage de Saint-Cirq-Lapopie au bord du Lot. Pour élargir le séjour aux grands monuments, vignobles et panoramas du territoire, les activités et visites à découvrir autour de Cahors complètent naturellement cette escapade entre falaises, rivières et histoire médiévale.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans

Animaux
- Oui
Où se trouve Château des Anglais et maisons troglodytes de Cabrerets ?
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Fiche créée le 18/05/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.






