Les Jardins de Cadiot à Carlux, dix univers entre botanique et sculpture

En bref
- Une dizaine de jardins aux atmosphères distinctes se succèdent sur deux hectares de terrasses.
- La pivoineraie en forme de théâtre rassemble environ cent variétés arbustives et herbacées.
- Des sculptures du Zimbabwe en serpentine émergent parmi les palmiers et les érables du sous-bois exotique.
- Un labyrinthe de charmes conduit vers la roseraie sauvage et son association graphique de roses anciennes et de graminées.
- La chambre du sphinx réunit une figure mi-femme mi-animale et une composition de buis appelée tombe philosophale.
- Un parcours pédagogique explique le rôle des pollinisateurs dans des jardins cultivés sans produits chimiques.
Les Jardins de Cadiot, une promenade botanique et artistique en Périgord Noir
Sur les hauteurs de Carlux, Les Jardins de Cadiot déploient une succession de paysages végétaux au cœur d’une forêt de chênes verts. Le site couvre environ deux hectares aménagés en terrasses et réunit une dizaine de jardins aux atmosphères très différentes : potager coloré, verger-cloître, pivoineraie, labyrinthe, roseraie sauvage, jardin anglais, sous-bois exotique et patios d’inspiration méditerranéenne.
Classé Jardin remarquable, Cadiot ne cherche pas à figer la nature dans une composition trop stricte. Les végétaux sont cultivés selon les principes de la permaculture, sans produits chimiques, et choisis autant pour leur esthétique que pour leur rôle dans l’écosystème. Fleurs, feuillages, insectes pollinisateurs et sculptures contemporaines composent ainsi un paysage vivant qui évolue au fil des semaines.
L’histoire d’une création familiale commencée dans les années 1980
L’aventure débute en 1983, lorsque Anne-Marie et Bernard Decottignies s’installent dans une modeste maison périgourdine entourée de broussailles. Après avoir restauré eux-mêmes l’habitation, ils tirent parti des terrasses naturelles du terrain pour créer les premiers espaces plantés.
Leurs compétences se complètent. Anne-Marie, peintre passionnée de botanique, imagine les massifs selon des harmonies de couleurs. Bernard, sculpteur et artiste polyvalent, dessine l’architecture générale et construit les bâtiments. Le jardin anglais, le sous-bois exotique et le jardin toscan sont les premiers tableaux à émerger de la forêt.
Dans les années 1990 apparaissent le verger, le labyrinthe, les patios et la pivoineraie. Le domaine ouvre au public en 1996 sur les conseils de spécialistes de l’art des jardins. Son nom rend hommage aux ruines d’un ancien village autrefois installé sur la colline. La création s’est ensuite transmise à leur fils Benjamin et à sa compagne Manon, tandis qu’Anne-Marie continue de participer aux choix botaniques.
Dix tableaux végétaux à explorer librement
Le potager et le verger-cloître
Contrairement aux potagers traditionnellement dissimulés au fond des propriétés, celui de Cadiot sert d’introduction à la visite. Fleurs, légumes anciens, tomates méconnues et cucurbitacées exubérantes se partagent des terrasses en pierre. Ses couleurs changent d’une année à l’autre.
Le verger-cloître adopte une composition plus géométrique. Des bordures de vivaces argentées, roses ou mauves accompagnent une longue pergola couverte de rosiers anciens grimpants. Les structures en châtaignier et les pierres sèches atténuent la rigueur du tracé.
La pivoineraie et le labyrinthe
Disposée en éventail dans un théâtre fermé de treillages, la pivoineraie rassemble environ cent variétés. Les pivoines arbustives jaunes ouvrent le spectacle printanier, avant les variétés herbacées aux teintes blanches, roses et rouges.
Le labyrinthe de charmes forme un espace de transition. En son centre pousse un févier d’Amérique doré, ou Gleditsia. Le cheminement ménage volontairement un effet de surprise avant l’arrivée dans la roseraie.
La roseraie sauvage et le jardin de poésie
Les roses anciennes sont installées dans un vallon, associées à des graminées qui donnent à l’ensemble une apparence plus libre et graphique qu’une roseraie classique. À proximité, le jardin de poésie privilégie une ambiance sauvage et surréaliste propice à la contemplation.
Du jardin anglais au sous-bois exotique
Le jardin anglais reprend le principe des mixed borders, avec des massifs mêlant de nombreuses espèces dans des tonalités dorées. Il atteint son apogée en plein été. Le contraste est immédiat avec le jardin sauvage voisin, plus sombre, où les palmiers et les érables japonais créent une atmosphère presque exotique.
Cette partie accueille une galerie de plein air consacrée à des sculptures du Zimbabwe. Taillés notamment dans la serpentine, oiseaux, figures abstraites et bustes féminins semblent émerger sous les frondaisons. L’art ne se présente donc pas dans une salle séparée : il accompagne directement les plantes et change d’apparence avec la lumière.
La chambre du sphinx, le jardin toscan et les patios
La chambre du sphinx doit son atmosphère mystérieuse à une figure sculptée mi-femme, mi-animale. Une composition de buis taillé, appelée tombe philosophale, renforce le caractère énigmatique du lieu.
Après cette séquence sauvage, le jardin toscan renoue avec la géométrie. Ses buis dessinés en losanges encadrent des plantations blanches et bleues. Les patios marquent enfin la fin du parcours et évoquent successivement l’Italie, la France et le Portugal.
Choisir sa période selon les floraisons
Chaque mois propose un visage différent. Au printemps, les pivoines, glycines, iris, alliums et premières roses dominent. Le début de l’été met en valeur les roses anciennes, hémérocalles, nénuphars, lys et hortensias. Plus tard apparaissent les agapanthes, échinacées, dahlias, anémones du Japon et nombreuses variétés de sauges.
En fin de saison, les asters, hortensias, dahlias, crinums et sauges d’Amérique du Sud prolongent les couleurs. Il n’existe donc pas une unique période idéale : le printemps convient particulièrement aux amateurs de pivoines et de roses, tandis que l’été et le début de l’automne offrent des massifs plus opulents de vivaces et de graminées.
Un parcours pédagogique consacré aux pollinisateurs
Les Jardins de Cadiot accordent une place importante aux insectes pollinisateurs sauvages. Un parcours pédagogique explique leur rôle dans la reproduction des plantes et dans le maintien de la biodiversité. Cette approche donne des clés pour observer autrement les massifs : certaines fleurs sont présentes non seulement pour leur couleur, mais aussi parce qu’elles offrent nectar, pollen ou abri à différentes espèces.
Un jardin-prairie associe également graminées et plantes vivaces dans une composition dense inspirée des milieux naturels. L’entretien sans produits chimiques permet à la végétation spontanée et à la faune auxiliaire de participer à l’équilibre général du site.
Préparer sa visite des Jardins de Cadiot
La visite est libre et dure en moyenne une heure. Les passionnés de botanique, de photographie ou de sculpture peuvent facilement prévoir davantage de temps. Le site est ouvert pendant la belle saison et ne demande pas de réservation aux visiteurs individuels. Les groupes, accueillis à partir de dix personnes, doivent en revanche prendre rendez-vous.
Le plein tarif est d’environ 8 €. L’entrée est gratuite pour les enfants de moins de 14 ans et un tarif réduit est proposé aux étudiants et demandeurs d’emploi. Une boutique complète la visite. Les paiements par carte bancaire, chèque, Chèques-Vacances et espèces sont acceptés.
Une aire de pique-nique est disponible après demande à l’accueil. Le parking pour les voitures et les autocars est gratuit. Les chiens sont admis à condition de rester tenus en laisse. L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite est annoncée comme seulement partielle : il est recommandé de se renseigner avant la venue afin d’identifier les secteurs praticables.
Le domaine se trouve en pleine campagne et la voiture constitue le moyen d’accès le plus simple. Pour une promenade agréable, prévoir des chaussures confortables, de l’eau et une protection solaire. Après la pluie, la prudence reste de mise sur les cheminements extérieurs.
Prolonger la découverte autour de Carlux et Sarlat
La sortie peut se poursuivre par une rencontre avec le monde agricole à la Ferme de la Garrigue Haute ou par une visite patrimoniale au Château de Lacypierre. Pour composer un séjour plus complet entre cité médiévale, jardins, châteaux, canoë et saveurs locales, le guide consacré aux activités et visites à Sarlat-la-Canéda rassemble d’autres idées à proximité.
Infos pratiques

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Fiche créée le 19/07/2026, dernière mise à jour le 19/07/2026.

