Sainte-Livrade-sur-Lot, bastide, rivière et mémoire du CAFI
Sainte-Livrade-sur-Lot - Lot-et-Garonne
Découvrez Sainte-Livrade-sur-Lot entre bastide médiévale, mémoire du CAFI, patrimoine multiculturel, marché vivant et promenades au bord du Lot.
Sainte-Livrade-sur-Lot, une bastide entre patrimoine, rivière et mémoire
Installée dans la large vallée du Lot, à une dizaine de kilomètres de Villeneuve-sur-Lot, Sainte-Livrade-sur-Lot réunit un centre ancien d’origine médiévale, des paysages fluviaux et une histoire humaine singulière. La découverte se fait facilement à pied entre l’église, la Tour du Roy, les vestiges de l’enceinte, les maisons à colombages, la halle et les places de la ville. Elle peut ensuite se prolonger au bord de l’eau, dans le parc Saint-Martin ou sur la voie verte.
La visite libre du bourg est gratuite et sans réservation. En revanche, l’accès intérieur à plusieurs monuments et les visites commentées du patrimoine mémoriel doivent être organisés à l’avance. Une demi-journée permet de parcourir les principaux sites du centre ; une journée est préférable pour ajouter le marché, une balade à vélo ou une activité nautique.
Des origines antiques à la bastide médiévale
Le territoire est occupé depuis l’Antiquité et le village s’est développé dans une vallée fertile, sur le tracé d’une ancienne voie romaine. Connu autrefois sous le nom occitan de Santa Liorada d’Olt, il devient une bastide en 1289. La commune adopte officiellement le nom de Sainte-Livrade-sur-Lot en 1919 afin de se distinguer d’autres localités portant le même nom.
Son plan urbain diffère du quadrillage très régulier de certaines bastides : les îlots présentent ici des formes variées et les deux places principales sont légèrement excentrées. En se promenant, on repère encore des traces des fortifications, des maisons à pans de bois et plusieurs bâtiments évoquant le rôle commercial et religieux de la cité.
La Tour du Roy et le cœur historique
Édifiée à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle sur le rempart, la Tour du Roy est l’un des repères majeurs de Sainte-Livrade-sur-Lot. Malgré son nom, il ne s’agissait pas d’un palais royal, mais d’une maison forte seigneuriale chargée de protéger la ville. Devenue propriété communale à la Révolution, elle a ensuite servi de prison. Une tradition locale la rattache à un château de Richard Cœur de Lion, mais cette attribution relève de la légende.
La tour est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1925. Son premier étage abrite une salle voûtée et une maquette permettant de comprendre l’organisation de la cité médiévale. Les niveaux supérieurs offrent un point de vue sur la commune. L’intérieur n’étant pas accessible en visite libre permanente, il faut réserver ou profiter des ouvertures patrimoniales organisées ponctuellement.
L’église Sainte-Livrade et l’ancien prieuré
L’église était rattachée à un prieuré bénédictin fondé au XIIe siècle et lié à l’abbaye de La Chaise-Dieu. Partiellement détruite pendant les guerres de Religion, elle a connu d’importants remaniements au XIXe siècle. Son architecture raconte ces différentes époques : chevet roman en pierre au décor sculpté, chapelle de la Vierge du XIVe siècle, longue nef en brique et façade néogothique.
À l’intérieur, le chœur conserve un décor peint néoroman. Dans la chapelle, les chapiteaux peuplés d’animaux fantastiques constituent un détail à observer attentivement. L’ancien cloître gothique, autrefois attenant à l’église, appartenait à un ensemble monastique important dont les religieux percevaient des dîmes et possédaient un droit de bac sur le Lot. L’accès commenté à l’église et aux espaces patrimoniaux se fait généralement sur rendez-vous ou lors d’ouvertures spéciales.
Le CAFI, un lieu de mémoire unique
Le Centre d’accueil des Français d’Indochine, généralement appelé CAFI, constitue la dimension historique la plus singulière de la commune. Le site du Moulin du Lot avait d’abord été aménagé pour loger les ouvriers employés à la construction d’une poudrerie nationale. Le projet industriel fut interrompu en 1940, puis les bâtiments accueillirent un centre d’instruction de l’Armée de l’air après la Seconde Guerre mondiale.
En 1956, le camp reçut des Français rapatriés d’Indochine après les accords de Genève et la fin de la guerre. Trente-six baraquements formaient alors un ensemble clos, soumis à une administration particulière. Pendant plusieurs décennies, des familles y vécurent dans des conditions difficiles tout en participant à la vie agricole et économique locale. Cette présence a profondément contribué à l’identité multiculturelle de Sainte-Livrade-sur-Lot, également façonnée par l’arrivée de familles italiennes, espagnoles, portugaises, nord-africaines et rapatriées d’Algérie.
Après la rénovation du quartier, une partie du camp a été préservée : quatre anciennes barres, la pagode et les espaces cultuels témoignent encore de cette histoire. Le secteur sauvegardé est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2012. Sa découverte mérite du temps et une approche respectueuse, car il s’agit à la fois d’un patrimoine architectural du XXe siècle et d’un lieu de mémoire toujours lié aux habitants et à leurs descendants. Les visites accompagnées se font sur réservation.
La poudrerie, une histoire à parcourir à pied ou à vélo
Les vestiges et paysages associés à l’ancienne poudrerie nationale s’étendent entre Sainte-Livrade-sur-Lot et Casseneuil. Des sorties commentées permettent d’en comprendre l’ampleur, le projet industriel, l’installation des ouvriers espagnols et les réutilisations militaires du site. Ces parcours sont proposés à pied ou à bicyclette durant une partie de l’année, ainsi que sur demande.
Cette visite complète utilement celle du CAFI : les deux sites racontent des chapitres différents d’un même territoire marqué par les déplacements de population, la guerre et les transformations industrielles. Une réservation préalable est nécessaire pour s’assurer du départ d’une sortie.
Le parc Saint-Martin et la Déesse de la Prune
Au-dessus de la rive du Lot, le parc Saint-Martin constitue une halte agréable pour se reposer et observer la rivière. Selon l’histoire locale, le promontoire aurait d’abord accueilli un temple romain consacré à Mars, puis un édifice chrétien. Il est longtemps resté un terrain de jeux apprécié des générations de Livradais.
À son entrée se trouve une œuvre de Paul Belmondo réalisée vers 1950. Son titre d’origine, La Femme à l’oiseau, s’est effacé dans l’usage local au profit du surnom de « Déesse de la Prune ». Cette appellation rappelle le lien étroit de la ville avec la prune d’ente et le pruneau d’Agen, dont Sainte-Livrade se présente comme l’un des berceaux historiques.
Marché, produits locaux et art de vivre
Le marché hebdomadaire est l’un des temps forts de la vie locale. Il rassemble producteurs, artisans et commerçants dans les rues du centre, avec des fruits et légumes de la vallée, des spécialités régionales, des fleurs et divers produits du quotidien. Très fréquenté pendant la belle saison, il offre une excellente occasion de ressentir l’atmosphère de la ville et de découvrir son identité agricole.
La prune et le pruneau occupent naturellement une place importante, mais les étals reflètent plus largement la richesse maraîchère et fruitière de la vallée du Lot. Des restaurants, cafés et commerces permettent de prolonger la promenade dans le centre.
Profiter du Lot et de la voie verte
Au pied du village, la halte nautique dispose d’un ponton flottant ainsi que d’un parc équipé de tables de pique-nique et de jeux pour les enfants. Une offre de petite restauration est également signalée à proximité. C’est un point de départ pratique pour associer découverte culturelle et pause au bord de l’eau.
La base d’aviron propose, selon les conditions et la période, de l’aviron, du canoë, du paddle et du pédalo. Des randonnées en canoë de 6, 9 ou 17 kilomètres permettent d’explorer le Lot sur des formats allant de la courte sortie à la journée. Ces activités sont payantes et certaines formules, notamment les descentes avec organisation logistique, nécessitent une réservation.
Les cyclistes peuvent emprunter la véloroute de la vallée du Lot et la voie verte reliant le secteur de Villeneuve-sur-Lot, Sainte-Livrade et Le Temple-sur-Lot. La base propose aussi la location de vélos et de carrioles pour enfants sur réservation. Le faible relief de la vallée rend cette option intéressante pour les familles et les visiteurs qui souhaitent découvrir les vergers sans reprendre la voiture.
Conseils pratiques pour organiser la visite
- Pour une première découverte : commencez par le centre ancien, l’église et la Tour du Roy, puis rejoignez le parc Saint-Martin et les berges du Lot.
- Pour entrer dans les monuments : renseignez-vous avant le déplacement, car la Tour du Roy, l’église et le CAFI se visitent principalement sur rendez-vous ou lors d’ouvertures ponctuelles.
- Avec des enfants : privilégiez la promenade urbaine courte, l’aire de jeux du parc, le pique-nique et une activité nautique adaptée à leur âge.
- À vélo : combinez la voie verte, les rives du Lot et les chemins de la vallée ; la location de vélos est disponible sur réservation à la base de loisirs.
- En transports en commun : la ligne 6 du réseau gratuit Élios relie Sainte-Livrade-sur-Lot à Villeneuve-sur-Lot et Casseneuil. Il reste conseillé de vérifier les passages avant le départ.
- En voiture : la commune est située à environ dix kilomètres à l’ouest de Villeneuve-sur-Lot. Des possibilités de stationnement existent notamment près des espaces de loisirs, mais la circulation peut être plus dense les jours de marché.
Pour prolonger l’escapade avec une bastide plus importante, des musées, des loisirs nautiques et d’autres sorties familiales, consultez le guide consacré aux activités et visites à Villeneuve-sur-Lot.
Enfants & famille
- Convient aux enfants 4-6 ans
- Convient aux enfants 7-12 ans
- Convient aux ados 13-17 ans
- Animations enfants

Où se trouve Sainte-Livrade-sur-Lot ?
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Fiche créée le 18/10/2025, dernière mise à jour le 18/10/2025.






