Site préhistorique de Castel-Merle à Sergeac

En bref
- Dix abris sous roche concentrent des occupations allant de Néandertal aux chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur.
- La frise animale de l’abri Reverdit demeure visible dans son emplacement d’origine, situation rare pour une sculpture paléolithique accessible.
- Castanet, Blanchard et Labattut ont livré parures, gravures et peintures remontant aux premiers Cro-Magnons de la région.
- Tir au propulseur, peinture aux pigments, parure, silex, feu et modelage rendent les gestes anciens concrets.
- La famille Castanet entretient et raconte depuis plusieurs générations ce site marqué par plus d’un siècle de fouilles.
Castel-Merle, un vallon préhistorique authentique en Périgord Noir
À Sergeac, entre Montignac-Lascaux et Les Eyzies, Castel-Merle invite à remonter le temps au milieu des falaises de la vallée de la Vézère. Ce site archéologique familial et classé réunit dix abris sous roche dans un petit vallon parcouru par un ruisseau. Cette concentration exceptionnelle de gisements permet de lire une très longue histoire humaine, des occupations néandertaliennes remontant à environ 85 000 ans aux chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur.
Contrairement à un centre d’interprétation fondé sur des reproductions, la visite se déroule sur les lieux mêmes où les groupes préhistoriques ont habité, travaillé la pierre et l’os, fabriqué leurs parures et réalisé des œuvres gravées, peintes ou sculptées. Castel-Merle constitue ainsi une étape particulièrement parlante pour compléter un séjour consacré aux sites préhistoriques et activités autour des Eyzies.
Dix abris témoins de milliers d’années d’occupation
Le vallon rassemble notamment les abris Reverdit, Castanet, Blanchard, Labattut, Roc d’Acier, La Souquette et l’abri des Merveilles. Les occupations identifiées couvrent plusieurs cultures du Paléolithique, dont le Moustérien, l’Aurignacien, le Gravettien, le Solutréen et le Magdalénien. Des sondages réalisés au début du XXe siècle ont même révélé des couches d’habitat sur plus de cent mètres entre certains abris.
Les découvertes racontent bien davantage que la seule chasse. Des milliers d’objets de parure en ivoire de mammouth, coquillages marins et dents animales percées montrent le soin accordé à l’apparence et aux symboles. La présence de coquillages venus du littoral témoigne aussi de déplacements ou de réseaux d’échanges étendus. Les fouilles ont livré une industrie abondante en silex et en os, des foyers, des restes de faune et de nombreux supports ornés.
Plusieurs collections issues du vallon sont aujourd’hui conservées dans de grands musées, notamment au Musée national de Préhistoire des Eyzies, au Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord, au British Museum, au Smithsonian et dans des institutions new-yorkaises. Le petit musée privé de Castel-Merle permet néanmoins d’observer sur place une sélection de pièces et de comprendre le contexte dans lequel elles furent découvertes.
L’abri Reverdit et sa frise sculptée
L’un des temps forts de la visite est l’abri Reverdit, découvert par Alain Reverdit en 1878. Franck Delage y mena ensuite des fouilles au début du XXe siècle et mit au jour dix-neuf blocs ornés. La frise du fond de l’abri, probablement dissimulée jusque-là par la végétation, ne fut repérée qu’en 1923 par Marcel Castanet.
Très altéré par le temps, cet ensemble magdalénien conserve quatre sculptures animales identifiées avec certitude. La lecture historique évoque notamment un cheval, des bisons et une tête d’ours. L’intérêt majeur tient au fait que ces reliefs sont encore visibles dans leur abri d’origine, une situation devenue rare pour l’art sculpté paléolithique accessible au public. Les études récentes attribuent les principales occupations de Reverdit au Badegoulien et au Magdalénien, notamment entre environ 15 000 et 13 000 ans avant notre époque.
Castanet, Blanchard et Labattut : aux origines de l’art
Les abris Castanet et Blanchard comptent parmi les grands gisements aurignaciens européens. Ils ont livré des éléments de parure, de l’industrie osseuse et des fragments de paroi gravés ou peints remontant aux premiers temps de la présence de Cro-Magnon dans la région. Une lourde plaque ornée provenant de l’abri Castanet a été datée d’environ 37 000 ans, ce qui la place parmi les témoignages d’art pariétal les plus anciens connus en Europe. La prudence scientifique reste toutefois de mise pour comparer aussi précisément des œuvres aussi anciennes.
À l’abri Labattut, les fouilles ont révélé des chevaux gravés sur blocs et galets, ainsi que des représentations peintes de cerf, mammouth et bison et une main en négatif. Un squelette d’enfant accompagné de perles et de coquillages y fut également découvert, donnant un aperçu émouvant des pratiques funéraires et symboliques de ces populations.
Une histoire de fouilles et de transmission familiale
Les recherches commencées en 1878 se sont poursuivies pendant plus d’un siècle. Marcel Castanet participa activement aux fouilles de plusieurs abris entre 1911 et 1914. En 1923, il identifia la frise de Reverdit et découvrit dans le vallon les premières « perles panier », de petites parures en ivoire de mammouth dont la fabrication exigeait une chaîne opératoire élaborée. Des campagnes scientifiques plus récentes se sont prolongées jusqu’en 2012.
Castel-Merle est indissociable de la famille Castanet, qui conserve, entretient et transmet le site depuis plusieurs générations. Le musée retrace cette aventure familiale autant que scientifique : photographies anciennes, objets et récits replacent les archéologues, propriétaires et habitants locaux au cœur de la redécouverte du vallon. Cette continuité donne à la visite un ton personnel, loin d’une présentation purement académique.
Déroulement de la visite
La découverte associe généralement une présentation du vallon, l’exploration d’un abri orné authentique et un passage par le musée. La médiation explique comment les archéologues interprètent les couches d’habitat, les outils, les restes animaux et les objets symboliques pour restituer la vie des chasseurs-cueilleurs. Il faut prévoir environ une heure pour la visite individuelle annoncée, davantage lorsqu’elle est complétée par une animation.
La visite guidée est particulièrement utile : les reliefs anciens ne se lisent pas toujours au premier regard, et les explications permettent de distinguer une gravure, une sculpture, un fragment de paroi effondrée ou une reconstitution. Elles déconstruisent aussi l’image d’un homme préhistorique fruste en montrant la maîtrise technique, les échanges à longue distance et la richesse symbolique révélés par les découvertes.
Des animations pour expérimenter la Préhistoire
Castel-Merle privilégie l’archéologie expérimentale afin de rendre les gestes anciens compréhensibles aux enfants comme aux adultes. Selon la période, le programme choisi et la réservation, plusieurs expériences sont proposées :
- tir au propulseur : cette initiation comprise dans l’entrée permet d’essayer une arme de chasse copiée sur les modèles préhistoriques, face à des cibles animales ;
- peinture sur paroi : les participants utilisent des pigments naturels, des ocres et des tampons en peau, tout en tenant compte du relief de la roche ;
- fabrication d’une parure : un bâtonnet de talc ou un coquillage est travaillé avec des outils en silex pour créer une perle ou une pendeloque à emporter ;
- taille du silex et allumage du feu : la démonstration montre les connaissances techniques nécessaires pour produire un outil et obtenir une flamme ;
- modelage en argile : pensé notamment pour les enfants dès la maternelle, cet atelier consiste à sculpter un animal préhistorique avec un bâtonnet et un outil préparé.
Les ateliers peinture et parure demandent un petit supplément, tandis que le tir au propulseur est inclus. Les animations guidées doivent être réservées, particulièrement durant les vacances scolaires.
Familles, scolaires et groupes
Le site convient bien aux familles grâce à la combinaison d’un véritable gisement et de manipulations concrètes. Les enfants ne se contentent pas d’observer : ils expérimentent la chasse, les pigments, la parure ou le modelage. La présence d’un guide aide néanmoins les plus jeunes à relier le geste ludique aux découvertes archéologiques.
Pour les groupes d’au moins vingt personnes, Castel-Merle accueille des visites toute l’année sur réservation. Les organisateurs peuvent composer une demi-journée ou une journée complète associant présentation du site, visite d’un abri, tir au propulseur, démonstration de taille et de feu et ateliers pratiques. Certaines activités peuvent également être organisées dans les écoles, centres d’hébergement ou foyers.
Tarifs, réservation et services sur place
Le plein tarif individuel est d’environ 9 €, avec des tarifs réduits pour les enfants et adolescents. Les programmes de groupe varient selon le nombre d’ateliers et la durée choisie. La réservation est indispensable pour les visites et animations guidées, et doit être particulièrement anticipée pendant les vacances. Les visites en anglais ou en néerlandais sont également proposées uniquement sur réservation.
Le site possède un parking, une aire de pique-nique et une boutique. Une terrasse avec buvette et glaces permet de faire une pause. En revanche, il n’y a pas de toilettes sur le site : mieux vaut utiliser celles du bourg de Sergeac avant l’arrivée. Les animaux sont acceptés. Le règlement peut être effectué par carte, chèque, Chèques-Vacances ou espèces.
Accès et conseils pour préparer la découverte
Castel-Merle se trouve en pleine campagne, dans la vallée de la Vézère, à courte distance de Sergeac. En voiture, l’accès depuis Montignac s’effectue par Thonac, puis par le village de Sergeac en suivant la direction de Castel-Merle. La visite peut facilement prendre place entre Lascaux et Les Eyzies, au sein d’une journée consacrée aux grands sites paléolithiques du Périgord Noir.
- Arriver suffisamment tôt : le dernier départ de visite intervient avant la fermeture quotidienne.
- Réserver les ateliers : les places et les horaires d’animation peuvent être limités, surtout durant les vacances.
- Prévoir des chaussures adaptées : il s’agit d’un vallon naturel et d’un véritable ensemble d’abris, non d’un musée urbain entièrement aménagé.
- Anticiper la météo : une partie de l’expérience se déroule dehors, même si les abris procurent naturellement de l’ombre.
- Apporter de l’eau et profiter de l’aire de pique-nique : cette organisation permet de prolonger tranquillement la découverte du vallon.
Pour varier les expériences autour de Sergeac, une sortie à la Ferme Équestre Les Eymaries permet de retrouver les paysages du Périgord par une approche de plein air. Les passionnés d’art pariétal peuvent aussi poursuivre leur parcours à la grotte préhistorique de Bernifal.
Infos pratiques

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Fiche créée le 19/05/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.

