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Eglise collégiale de Saint-Emilion, cloître médiéval et Apocalypse monumentale

Eglise collégiale de Saint-Emilion

En bref

  • La construction de la collégiale commence en 1110 pour accueillir une communauté de chanoines de saint Augustin liée à l’archevêque de Bordeaux.
  • Le cloître conserve des sépultures richement décorées des XIIIe et XIVe siècles ainsi que les traces de l’ancienne salle capitulaire.
  • L’Apocalypse de François Peltier forme une œuvre continue monumentale de 38,5 mètres de long sur 5 mètres de haut.
  • L’œuvre contemporaine interprète l’Apocalypse comme une révélation et un combat conduisant vers un message d’espérance plutôt que comme une simple succession de catastrophes.
  • La peinture est réalisée en glacis sur cinq essences de bois choisies pour leur portée symbolique : cèdre, chêne, châtaignier, tilleul et peuplier.
  • Le monument mêle origines romanes et transformations gothiques réalisées notamment dans le transept et le chœur entre les XIIIe et XVe siècles.

L’église collégiale de Saint-Émilion et son cloître

Dans la ville haute de Saint-Émilion, l’église collégiale est l’un des monuments majeurs de la cité médiévale. Plus imposante que beaucoup d’édifices environnants, elle témoigne de l’importance religieuse et politique qu’occupait autrefois la communauté de chanoines installée ici. La visite permet de découvrir à la fois l’église, son cloître médiéval et une œuvre contemporaine spectaculaire consacrée à l’Apocalypse de saint Jean.

Pour replacer le monument dans l’ensemble de la cité, la sélection des activités et visites à Saint-Émilion permet de poursuivre la découverte entre patrimoine médiéval, vignobles, châteaux et monuments souterrains.

Une histoire commencée au XIIe siècle

La première pierre de la collégiale est posée en 1110, à la demande de l’archevêque Arnaud Géraud de Cabanac. Une communauté de chanoines suivant la règle de saint Augustin s’installe alors sur le site. Ces religieux représentent l’institution ecclésiastique officielle et agissent comme délégués de l’archevêque de Bordeaux pour veiller au fonctionnement de la vie religieuse locale.

Leur influence dépasse toutefois le seul domaine spirituel. Les chanoines jouent également un rôle dans la vie politique et économique de Saint-Émilion, notamment en percevant certains impôts. L’ampleur de la collégiale et des bâtiments conventuels traduit cette position dominante au sein de la cité.

L’architecture a évolué au fil des siècles. Le transept et le chœur sont notamment transformés entre les XIIIe et XVe siècles, faisant progressivement entrer le style gothique dans un ensemble dont les origines remontent à la période romane. La communauté religieuse occupe le monastère jusqu’à la Révolution française. Aujourd’hui, la collégiale demeure l’église paroissiale de Saint-Émilion.

Le cloître, cœur de l’ancien monastère

Le cloître est l’un des espaces les plus intéressants du site. Organisé autour d’un jardin central, il constituait à la fois un lieu de circulation, de méditation et de prière. Dans la symbolique monastique, ce jardin fermé évoquait le jardin d’Éden tandis que son ouverture vers le ciel participait à la dimension spirituelle du lieu.

Depuis les galeries, les chanoines rejoignaient les différents bâtiments conventuels. Sur le mur oriental, trois grandes arches aujourd’hui murées correspondent à l’ancienne entrée de la salle capitulaire, bâtiment désormais disparu. Autre détail révélateur de l’évolution du site : l’actuel Office de Tourisme occupe une partie de l’ancien réfectoire de la communauté religieuse.

En parcourant les galeries, prenez également le temps d’observer les murs sud et est. Ils conservent des sépultures richement décorées des XIIIe et XIVe siècles. Religieux et notables pouvaient être enterrés au cœur du monastère, une proximité avec la communauté canoniale qui témoignait autant du statut social des défunts que du prestige de l’institution.

L’Apocalypse de François Peltier, une œuvre monumentale

Le cloître réserve un contraste saisissant entre architecture médiévale et création contemporaine avec L’Apocalypse de Saint-Émilion, réalisée par l’artiste-peintre François Peltier à la demande de la paroisse, des Amis de la Collégiale et du curé de Saint-Émilion.

L’œuvre impressionne d’abord par ses dimensions : 38,5 mètres de long pour 5 mètres de haut. Elle a été pensée comme une composition unique et continue plutôt que comme une succession de tableaux indépendants. François Peltier y interprète le livre de l’Apocalypse selon saint Jean, dernier livre de la Bible.

L’artiste rappelle le sens originel du mot grec « apocalypse », qui signifie révélation. L’œuvre ne se réduit donc pas à une représentation de catastrophes : elle met en scène le combat entre le Bien et le Mal et conduit vers un message d’espérance et de victoire du Bien.

Cinq essences de bois et une peinture en glacis

La réalisation se distingue également par ses matériaux. L’ensemble est peint sur cinq essences de bois choisies pour leur portée symbolique : cèdre du Liban, chêne, châtaignier, tilleul et peuplier. La technique employée est celle de la peinture à l’huile en glacis, qui permet de superposer des couches fines et transparentes pour travailler la profondeur et la lumière.

Des visites particulières de l’œuvre peuvent être organisées, notamment sous forme de visite-conférence ou de visite théâtralisée. Ces expériences spécifiques nécessitent de se renseigner et de réserver auprès de l’organisateur.

Que regarder pendant la visite ?

La collégiale mérite de ne pas être parcourue trop rapidement. Plusieurs éléments permettent de comprendre l’histoire du monument et de l’ancien monastère :

  • les volumes de l’église, qui traduisent l’importance de l’ancienne communauté canoniale ;
  • les transformations gothiques du transept et du chœur ;
  • le jardin central et l’organisation des galeries du cloître ;
  • les vestiges de l’entrée de l’ancienne salle capitulaire ;
  • les sépultures médiévales intégrées aux galeries ;
  • l’œuvre monumentale de François Peltier et les détails de ses différents panneaux.

Le lieu reste également un édifice religieux en activité. Une visite discrète et respectueuse est donc de mise, particulièrement lorsqu’un office ou un temps de prière se déroule dans l’église.

Accessibilité et conseils pratiques

Le cloître dispose d’un accès adapté aux personnes à mobilité réduite depuis les locaux voisins de l’Office de Tourisme, avec un ascenseur permettant de rejoindre cet espace. Une place de stationnement PMR réservée se trouve également à proximité de la place Pierre Meyrat. L’accessibilité de l’ensemble de l’église n’étant pas décrite avec le même niveau de précision, il est prudent de se renseigner avant la visite en cas de besoins spécifiques.

Saint-Émilion est une cité aux rues pavées et parfois fortement pentues. Des chaussures confortables sont recommandées pour poursuivre la découverte du village après la collégiale.

Prolonger la découverte autour de Saint-Émilion

Après le patrimoine religieux de la cité, les environs permettent de changer complètement d’ambiance. Le Domaine nature et loisirs de Blasimon constitue une option pour poursuivre la journée autour d’une activité davantage tournée vers la nature et les loisirs.

Pour rester dans l’univers emblématique du territoire, le Château Fleur de Roques à Puisseguin propose une expérience viticole et gastronomique associant découverte du domaine, cave monolithe, dégustation et table bistronomique.

Infos pratiques

Adresse : Place Pierre Meyrat, 33330 Saint-Émilion
Téléphone : +33 5 57 55 28 28

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Fiche créée le 26/04/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.

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