Eglise Saint Louis à Bordeaux, flèches néogothiques et grand orgue des Chartrons

En bref
- Les deux hautes flèches néogothiques dominent la rue Notre-Dame et constituent l’un des principaux repères des Chartrons.
- Les vitraux ont notamment été réalisés par Henri Feur et Nicolas Lorin, deux ateliers importants du XIXe siècle.
- Le grand orgue de Georges Wenner est présenté comme l’un des plus importants orgues symphoniques d’Aquitaine.
- Des fonts baptismaux en marbre de Carrare du XVIIIe siècle proviennent de l’ancien ensemble des Carmes.
- La sacristie conserve de remarquables boiseries en acajou du XVIIIe siècle issues de l’ancienne église des Carmes.
Un repère néogothique au cœur des Chartrons
Avec ses deux flèches élancées dominant la rue Notre-Dame, l’église Saint-Louis-des-Chartrons constitue l’un des principaux repères du nord du centre historique de Bordeaux. Cette église catholique du XIXe siècle mérite une halte pour son architecture néogothique, ses vitraux, son grand orgue symphonique et plusieurs œuvres provenant de l’ancien couvent des Carmes.
L’édifice reste un lieu de culte vivant. La découverte doit donc se faire dans le calme, en respectant les offices, les cérémonies et les temps de prière. Une équipe d’accueil reçoit habituellement les visiteurs tous les jours de 10 h à 17 h.
De la chapelle des Carmes à l’église actuelle
Saint-Louis s’élève à l’emplacement d’une chapelle construite au XVIIe siècle pour le couvent des Carmes déchaussés. Un premier projet de remplacement apparaît au XVIIIe siècle, mais ne se concrétise pas. Il faut attendre le développement considérable du quartier des Chartrons au XIXe siècle pour qu’une église plus vaste soit mise en chantier.
La première pierre est posée en 1874 sous l’impulsion du cardinal Donnet. L’architecte bordelais Charles-Louis Brun, également cité sous le nom de Pierre-Charles Brun, conçoit un édifice inspiré des principes néogothiques alors associés à Eugène Viollet-le-Duc. Les travaux principaux s’achèvent à la fin des années 1870, tandis que la consécration intervient en 1895.
Le choix de saint Louis, roi de France, comme patron de l’église se retrouve dans plusieurs statues et verrières. Sa présence donne une cohérence au programme décoratif, au-delà de la seule architecture.
Une façade verticale entre rosace et flèches
Depuis la rue Notre-Dame, la façade se distingue par son fort élan vertical. Le portail, la grande rosace, le pignon central et les deux tours composent une silhouette caractéristique du renouveau gothique du XIXe siècle. Les hautes flèches sont visibles depuis de nombreux points des Chartrons et contrastent avec les façades plus basses des anciennes maisons de négociants.
À l’intérieur, le plan en croix latine dirige le regard vers le chœur. Les arcs brisés, les colonnes et la lumière colorée des verrières créent une atmosphère plus proche d’une église médiévale réinterprétée que du classicisme bordelais dominant dans le centre-ville.
Les vitraux à observer dans la nef et les chapelles
L’église possède une collection remarquable de vitraux réalisée par deux ateliers importants du XIXe siècle. Henri Feur intervient notamment dans la nef et le transept, tandis que Nicolas Lorin signe des verrières de l’abside ainsi que des chapelles Saint-Joseph et Saint-Jean-Baptiste.
Prenez le temps d’observer les scènes figuratives, les personnages de saints et la manière dont les couleurs changent avec la lumière extérieure. Saint Louis apparaît à plusieurs reprises, ce qui permet de suivre son iconographie à travers l’édifice. Une petite exposition consacrée à l’histoire de l’église est également installée sur un mur du bas-côté gauche, près de l’entrée.
Sculptures, autels et fonts baptismaux
Les chapelles et le transept réunissent plusieurs œuvres d’art sacré bordelaises. Bernard Jabouin a réalisé les bas-reliefs des chapelles Saint-Joseph et Saint-Jean-Baptiste, ainsi que différents éléments ornementaux. Victor Lambinet est l’auteur des figures de saints associées aux autels de la Vierge et du Sacré-Cœur.
Parmi les pièces anciennes figurent des fonts baptismaux en marbre de Carrare du XVIIIe siècle. Leur présence rappelle que tout le mobilier n’a pas été créé pour la nouvelle église : plusieurs éléments ont été conservés ou réemployés après la disparition de la chapelle des Carmes.
Le grand orgue symphonique de Saint-Louis
Installé vers 1880, le grand orgue est l’une des réalisations majeures du facteur bordelais Georges Wenner. La paroisse le présente comme l’un des plus importants orgues symphoniques d’Aquitaine et comme un instrument particulièrement représentatif de la facture de Wenner.
Restauré en 1985, il accompagne la liturgie et sert également lors de concerts organisés au cours de l’année. Même lorsqu’il ne joue pas, son buffet monumental constitue un point d’intérêt essentiel de la visite. Pour entendre l’instrument, il faut consulter la programmation culturelle ou les horaires des célébrations plutôt que compter sur une audition quotidienne.
La sacristie en acajou, un patrimoine rarement visible
La sacristie conserve de remarquables boiseries en acajou du XVIIIe siècle provenant de l’ancienne église des Carmes. L’abat-voix de la chaire et les confessionnaux du transept appartiennent au même héritage. Cet ensemble crée un contraste intéressant avec le décor néogothique construit un siècle plus tard.
La sacristie n’est pas comprise dans la visite libre habituelle. Elle ouvre exceptionnellement, notamment lors des Journées européennes du patrimoine ou de visites commentées. Si sa découverte constitue l’objectif principal de votre passage, il faut vérifier qu’une ouverture spéciale est bien programmée.
Visite libre ou découverte commentée
La nef peut être découverte pendant les heures d’accueil, sous réserve des nécessités du culte. Une visite attentive permet d’examiner la façade, les verrières, les autels, les fonts baptismaux, le mobilier ancien et le grand orgue.
L’équipe patrimoniale Ars et Fides propose également des visites guidées sur demande. Elles durent environ une heure, concernent des groupes de 3 à 12 personnes et peuvent être organisées entre 9 h et 12 h ou entre 14 h et 17 h. Cette formule nécessite une demande préalable et permet d’approfondir le programme iconographique ainsi que l’histoire de l’ancienne chapelle des Carmes.
Conseils pour préparer la visite
- Privilégiez la fin de matinée ou le début d’après-midi pour profiter de l’accueil patrimonial.
- Évitez de circuler ou de photographier pendant un office, des funérailles ou une autre cérémonie.
- Une lumière ensoleillée permet de mieux apprécier les couleurs des vitraux, mais l’ambiance change selon l’heure et la saison.
- Prévoyez entre 20 et 40 minutes pour une visite libre, davantage si vous souhaitez examiner chaque chapelle et lire l’exposition historique.
- Pour voir la sacristie ou participer à une visite commentée, renseignez-vous avant le déplacement.
Accès et promenade dans le quartier
L’église se rejoint notamment depuis l’arrêt CAPC Musée d’Art contemporain de la ligne B du tramway ou depuis l’arrêt Paul Doumer de la ligne C. Les lignes de bus desservant Paul Doumer permettent également d’approcher le quartier. La rue Notre-Dame se parcourt facilement à pied entre antiquaires, commerces, façades anciennes et place des Chartrons.
Pour organiser une découverte plus large, le guide des activités, visites et idées de sorties à Bordeaux permet de relier les Chartrons aux quais de Garonne, aux jardins, aux lieux d’art et au patrimoine viticole. Une visite guidée de Bordeaux à vélo avec Bordeaux Bike Tour offre une autre manière de parcourir les différents quartiers, tandis que l’activité D’ n S constitue une option proche pour varier le programme.
Infos pratiques

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Fiche créée le 22/06/2025, dernière mise à jour le 21/07/2026.

