Village de Fanlac, sur les traces de Jacquou le Croquant

En bref
- Maisons à pignons, lauzes et petit patrimoine rural forment un ensemble harmonieux inscrit comme site pittoresque.
- L’édifice fortifié conserve bas-relief légendaire, cadran solaire et traces des conflits médiévaux.
- Le tournage de Jacquou le Croquant en 1968 a mobilisé habitants et animaux du village.
- Croix hosannière, puits marqué par les cordes et ancien presbytère récompensent une exploration attentive.
- Céramistes et maroquinier travaillant notamment le cuir de poisson prolongent les savoir-faire du bourg.
Fanlac, un village de pierre au pays de Jacquou le Croquant
Accroché à un coteau aux confins de la forêt Barade, Fanlac offre une halte pleine de caractère dans le Périgord Noir. Le bourg séduit par ses ruelles paisibles, ses maisons de pierre blonde aux pignons aigus et ses toits de lauze. Son patrimoine forme un ensemble particulièrement harmonieux, inscrit comme site pittoresque depuis 1971.
La visite se prête à une découverte lente, attentive aux détails d’architecture et aux perspectives sur les collines boisées. Elle peut se faire librement, sans réservation. Des visites commentées sont également proposées ponctuellement ou sur rendez-vous.
Une église fortifiée au cœur du patrimoine de Fanlac
La place du village rassemble plusieurs des éléments emblématiques de Fanlac. L’église de la Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste, édifiée à partir du XIIe siècle, conserve l’allure défensive héritée de son histoire mouvementée. Construite comme une forteresse, elle a été affectée par la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion, avant le réaménagement de son chœur et l’élévation de son clocher-mur en 1704.
Sur le mur nord, un bas-relief représente un personnage privé de son bras droit. La tradition l’identifie à Jean de La Jalage, seigneur qui aurait défendu l’église contre les Anglais pendant la guerre de Cent Ans. À l’extérieur, observez aussi le cadran solaire, les traces des différentes campagnes de construction et le clocher arrondi percé de deux baies. L’édifice est inscrit au titre des Monuments historiques depuis 1970.
À proximité se trouvent une ancienne croix hosannière très sculptée, elle-même protégée au titre des Monuments historiques, ainsi qu’un vieux puits rond. Sa margelle porte encore les marques laissées par les cordes des seaux. Un petit toit de tuiles plates protège son treuil de bois et sa manivelle.
Maisons périgourdines et petit patrimoine rural
La promenade dans le bourg révèle un patrimoine plus discret, mais essentiel à son atmosphère : ancien presbytère, pigeonnier, croix de chemin, autel des Rogations et gentilhommière conservant des parties des XIVe et XVe siècles. Certaines façades anciennes ont servi de décor naturel aux aventures de Jacquou, au point que réalité locale et fiction littéraire semblent parfois se confondre.
- Le presbytère, associé dans l’imaginaire local à la maison du curé Bonal ;
- la croix sculptée, autrefois installée dans le cimetière près de l’église ;
- le vieux puits, témoin de l’approvisionnement en eau avant l’arrivée du réseau public ;
- les maisons à pignons et couvertures de lauze, caractéristiques du bâti traditionnel du Périgord Noir ;
- les ateliers d’artisans, parmi lesquels figurent des céramistes et un maroquinier travaillant notamment le cuir de poisson.
De Fallacum au village rendu célèbre par la télévision
Fanlac apparaît dans les textes au XIIIe siècle sous le nom de Fallacum. La paroisse dépendit notamment de la maison d’Albret avant de devenir, au XVIe siècle, une possession de la famille Chapt de Rastignac. Agriculture, élevage, forêt et artisanat ont longtemps structuré la vie de cette petite communauté rurale.
La notoriété du village change profondément avec le tournage, en 1968, du feuilleton télévisé Jacquou le Croquant réalisé par Stellio Lorenzi d’après le roman d’Eugène Le Roy. Une partie des habitants participe comme figurants, tandis que chevaux, vaches et ânes du voisinage apparaissent eux aussi devant la caméra. Diffusée à la fin des années 1960, la série attire ensuite de nombreux visiteurs sur les traces du jeune paysan révolté.
Le tournage a laissé un héritage étonnamment concret : la commune rapporte que les retombées liées au feuilleton contribuèrent à l’installation du réseau d’eau potable et à la restauration de bâtiments. Le restaurant Le Croquant fut également créé par des agriculteurs du village dans le sillage de cette nouvelle renommée. Il perpétue une cuisine de terroir autour de recettes périgourdines ; mieux vaut vérifier son ouverture et réserver avant de s’y rendre.
Mémoire de la Seconde Guerre mondiale
L’histoire de Fanlac comporte aussi un chapitre plus sombre. À quelques kilomètres du bourg, le château du Sablou fut transformé en centre de séjour surveillé en 1940. Entre 300 et 400 personnes considérées comme indésirables par les autorités y furent internées, notamment des militants communistes, des ressortissants de pays ennemis et des autonomistes alsaciens, lorrains ou luxembourgeois.
Une stèle élevée près du pont de Fanlac et des panneaux d’interprétation rappellent cet épisode. Le château demeure un domaine privé : la découverte historique doit donc se limiter aux espaces signalés et accessibles au public.
Randonnées autour de la forêt Barade
Deux boucles balisées permettent de prolonger la visite à pied. La boucle du Bourg privilégie les ruelles, les maisons périgourdines et le patrimoine associé à Jacquou le Croquant. La boucle de l’Orsinie propose un parcours de 5 km, annoncé de difficulté moyenne, à travers prairies, ruisseaux et sous-bois.
Cette dernière commence par une descente avec point de vue avant une remontée assez soutenue et ombragée. Une partie emprunte le GR 36 en direction de Montignac. Comptez environ 1 h 45 et prévoyez des chaussures adaptées, de l’eau ainsi qu’une protection contre le soleil ou la pluie. En période sèche, consultez les éventuelles restrictions liées au risque d’incendie avant de pénétrer dans les secteurs forestiers.
Conseils pratiques pour découvrir le bourg
Des stationnements sont signalés à l’entrée du village, du côté de la rue des Écoles, ainsi qu’à proximité de la mairie. Utiliser ces emplacements permet de parcourir plus agréablement le centre ancien à pied. Un point d’information touristique fonctionne au cœur du bourg pendant la période estivale.
Fanlac ne possède pas de commerces généralistes ni de marché hebdomadaire. Il est donc préférable d’emporter de l’eau et le nécessaire pour la promenade. Les principaux services et commerces se trouvent à Montignac-Lascaux, à une dizaine de minutes en voiture.
Pour préparer une journée plus complète, le guide consacré aux activités et visites autour de Montignac-Lascaux réunit art préhistorique, villages, jardins et saveurs du Périgord. Les familles peuvent compléter la sortie par le parcours 18 trous du Mini golf Saint-Pierre Loisirs, installé dans un parc fleuri avec snack, ou choisir une escapade sur la Vézère avec Canoë Tursacois.
Infos pratiques

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Fiche créée le 29/01/2025, dernière mise à jour le 19/07/2026.

